Réussir Aviculture 20 avril 2018 à 08h00 | Par Pascal Le Douarin

Vaste fraude à la salmonelle au Brésil

Le groupe brésilien BRF est accusé de trafiquer ses résultats d’analyses microbiologiques pour exporter ses poulets dans une douzaine de pays.

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- © Perdigão

Le plus grand exportateur mondial de volailles est à nouveau la cible de la police fédérale brésilienne, un an après le début de l’opération « carna fraca » (viande faible). Cette fois-ci, il s’agit d’une fraude à grande échelle portant sur les résultats d’analyses de salmonelles sur de la volaille et des aliments pour volailles. Selon une ancienne responsable d’un laboratoire BRF, qui a dénoncé ces pratiques, 40 à 70 % des analyses mensuelles de l’abattoir de Rio Verde étaient positives. Le Brésil tolère que 20 % des échantillons en contiennent et il ne fait pas de différence entre « préparation » et « viande fraîche ». Pour l’UE, les préparations ne doivent contenir aucune salmonelle (Salmonella spp.), tandis qu’en viande fraîche l’interdiction concerne S. enteritidis et S. typhymurium.

Dans le collimateur européen depuis un an

Ces révélations confirment les doutes européens et justifient le renforcement des contrôles depuis un an. Pour 2017, le système européen d’alerte sanitaire (Rasff) fait état de 186 rejets de volaille brésilienne pour cause de présence de salmonelles, et de 26 rejets jusqu’à fin mars 2018. Malgré les tests préalables à l’exportation en place depuis avril 2017, la prévalence de Salmonella spp est proche de 8 %, ce qui est jugé préoccupant, d’autant que tous les lots ne sont pas contrôlés (100 % de physique et 20 % de microbiologique). L’association des abatteurs européens de volailles (Avec) demande que tout soit vérifié, à l’entrée et non au départ. Après l’annonce du scandale, dix abattoirs de BRF ont été interdits d’exportation par les autorités brésiliennes. Les abattoirs mis en cause ont été délistés par l’UE et fin mars un projet de radiation était en cours pour d’autres établissements. Alors que les prévisions d’exportations brésiliennes étaient de +3 à 4 % pour 2018, elles risquent de reculer de 5 %. Aux règles sanitaires européennes s’ajoutent les exigences religieuses de l’Arabie Saoudite. Ce pays, qui pèse 14 % des volumes brésiliens exportés (590 000 t et un milliard de dollars), demande de modifier les méthodes d’abattage hallal, toutes espèces confondues.

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