Réussir Aviculture 29 novembre 2007 à 15h46 | Par Armelle Puybasset

Valorisation du fumier - La plate-forme de compostage Fertil´Eveil traite sans odeur

Née de l´union de Cavac et Coop l´Eveil, la station de compostage Fertil´Eveil traite les effluents de 150 élevages. Elle répond au manque de terres épandables et valorise un sous-produit.

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Voilà maintenant près d´un an que fonctionne la plate-forme de compostage Fertil´Eveil, basée à Saint-Pierre du Chemin, dans le bocage vendéen et à la limite des Deux-Sèvres, dans une zone de forte concentration d´élevages avicoles. Guy Raymond, l´un des porteurs du projet, aujourd´hui directeur de la station, n´a pas caché sa satisfaction lors de son inauguration, fin septembre. « C´est un succès à la fois en matière d´intégration de la plate-forme dans son environnement (pas de nuisances d´odeurs) et en termes de débouchés puisque la demande d´engrais organiques est de plus en plus forte. » En témoigne, le bâtiment de maturation du compost pratiquement vide lors de la visite. La plate-forme, créée par l´Union Fertil´Eveil, qui regroupe les coopératives Cavac et Coop Eveil, a pour objet de pallier à un manque de surfaces épandables et de proposer une solution pérenne à de nombreux exploitants, notamment avicoles. Fondée en 1995 par sept éleveurs des communes voisines dont Guy Raymond, alors aviculteur, la Coop Eveil était chargée de commercialiser leur fumier brut dans des régions céréalières.
« Elle a transporté jusqu´à 20 000 tonnes de fumier par an, » rappelle Patrick Boisseau, président de Coop Eveil. En 2001, la réglementation a évolué, interdisant la vente de fumier frais en l´état. « La construction d´une station de compostage s´est imposée comme la seule solution alternative. » Lancé en mars 2002 en collaboration avec la coopérative Cavac, le dossier a été accepté fin 2005. et après bien des déboires : difficulté à trouver un site, opposition des riverains.
La conception de la plate-forme répond aux engagements pris auprès de la population locale en matière de maîtrise des nuisances olfactives. ©DR

30 000 tonnes de fumiers
La station a une capacité de traitement d´environ 40 000 tonnes d´effluents par an, dont 35 000 tonnes de fumiers (majoritairement de volailles) et de 5000 tonnes de coproduits de lisier issu des élevages de canards. La station a également reçu l´autorisation de composter 10 000 tonnes de déchets verts tracés, ce qui permettra de répondre aux besoins des collectivités et des paysagistes (compostage séparé des effluents sur une plate-forme extérieure).
Moins d´un an après sa mise en route, la station traite environ 30 000 tonnes de fumiers et 2 500 tonnes de co-produits. Près de 150 éleveurs, adhérents à la Coop l´Eveil, utilisent la station de compostage. Les aviculteurs doivent pour cela respecter un cahier des charges spécifique (utilisation de copeau issu d´une filière tracée, absence de cadavres ou de corps étrangers,.). « Le coût pour l´éleveur est de deux euros par tonne de fumier livrée soit en moyenne 0,35 euro/m2 de bâtiment, » précise Philippe Albert, de la Cavac.

Au plan technique, la conception et les équipements de la plate-forme répondent aux engagements pris auprès de la population locale notamment en matière de maîtrise des nuisances et de respect de l´environnement : bâtiments en dépression, lavage et filtration d´air (voir ci-contre).
Après seulement huit jours de compostage et une phase de maturation, le compost obtenu est conforme à la norme d´engrais organique. Il est utilisé pour la fertilisation des cultures céréalières d´une large zone géographique, allant de la Vendée jusqu´au département des Landes, incluant les régions Centre et Poitou-Charentes.

30 000 t d´engrais valorisées
Le compostage permet également de fabriquer des produits différents qui intéressent des cultures spécialisées telles que le maraîchage, l´arboriculture ou la vigne (amendements organiques ayant davantage un rôle de structurant). Au final, 30 000 tonnes d´engrais et d´amendements organiques sont valorisées. « On assiste à un engouement pour la fertilisation organique, constate Guy Raymond. Il démontre une évolution vers des pratiques clairement agro-environnementales. »
La station de compostage a nécessité un investissement de 1,8 million d´euros et a bénéficié de deux subventions de l´Ademe et du Feoga. Elle emploie une quinzaine de salariés (services administratifs, techniques et transporteurs).
« La station de compostage ne permet pas uniquement de régler les excédents de fumier et d´assurer la pérennité des élevages. Elle a également permis de valoriser un produit qui jusqu´alors était considéré comme un « déchet ». Cela contribue à améliorer l´image de l´agriculture, » conclut son directeur.

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