Réussir Aviculture 19 mai 2008 à 10h42 | Par A. Puybasset

Troubles respiratoires - CHANTAL ET JACQUES GROLEAU CAPITALISENT SUR LA VACCINATION CONTRE LE PNEUMOVIRUS

Depuis le printemps 2006, Chantal et Jacques Groleau vaccinent leurs lots de poulets contre le pneumovirus aviaire. Un investissement payant, qui a réduit la pression microbienne et amélioré les performances technico-économiques.

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Chantal Groleau, Tony Aubineau, technicien Bellavol, et Jocelyn Marguerie, vétérinaire à Labo 79. Une forte collaboration au sein du trio a aidé à enrayer les troubles respiratoires.
Chantal Groleau, Tony Aubineau, technicien Bellavol, et Jocelyn Marguerie, vétérinaire à Labo 79. Une forte collaboration au sein du trio a aidé à enrayer les troubles respiratoires. - © Armelle Puybasset
A l’origine éleveurs de lapins en plein air, Chantal et Jacques Groleau ont troqué cette production, jugée pas assez rentable, contre un premier bâtiment de canards de Barbarie de 700 m2 à la fin des années 1980. Leur exploitation, située à Brétignolles dans les Deux-Sèvres, s’est agrandie au fil des ans. En plus des 28 hectares de terres cultivables et d’un atelier d’une douzaine de vaches Charolaises — « maintenu plus par passion que par nécessité économique », avoue l’éleveur en souriant —, l’exploitation totalise aujourd’hui 4700 m2 de poulaillers, répartis sur deux sites. L’un comprend deux bâtiments de canards de chair de 700 m2. Le second, situé à Mauléon et racheté en 2000, est multi-espèces et compte trois poulaillers : l’un en canards de chair de 700 m2, un second polyvalent dinde/poulet de 1350 m2 et un troisième, spécialisé en poulets, de 700 m2. C’est dans ce dernier qu’en début d’année 2006 Chantal Groleau a constaté une recrudescence, insidieuse mais bien réelle, de troubles respiratoires et digestifs: toux, grosses têtes, colibacilloses et une augmentation des traitements vétérinaires. Après un bilan sanitaire complet réalisé avec le technicien du groupement Bellavol, Tony Aubineau, et avec Jocelyn Marguerie, vétérinaire à Labo 79 (Mauléon), la présence du pneumovirus a été suspectée. « L’élevage cumule plusieurs facteurs de risque favorisant la circulation du virus, expliquent-ils. Le site est important et réunit plusieurs espèces dont les canards. De plus, il est implanté dans une zone à forte densité d’élevages avicoles et notamment de prêts à gaver. Et pour finir, il se situe près d’une importante route de passage de camions d’aliment (NDLR : usine à moins d’un kilomètre) et de fumiers de volailles (NDLR : station de compostage à proximité). »

DEUX EFFETS CONJUGUÉS

Le passage du virus a été rapidement confirmé par une analyse PCR.Après concertation, il a été décidé de renforcer le protocole vaccinal, qui comprenait déjà les vaccinations contre la maladie de Gumboro et la bronchite infectieuse. La vaccination contre le pneumovirus avec le vaccin homologue Nemovac du laboratoire Merial est réalisée à sept jours par voie aérienne avec l’appareil Ulvavac. Parallèlement, la méthode de désinfection du bâtiment a été retravaillée. « Nous avons constaté une nette évolution sur les lots suivants », indique Chantal Groleau. « Elle s’est concrétisée par une meilleure croissance des poulets, une chute de la mortalité et une réduction des coûts de traitement. Cette amélioration est aussi due à une meilleure maîtrise de l’ambiance du bâtiment », concède-t-elle. En effet à la même époque, le système de ventilation du bâtiment (entrée de l’air par les côtés et extraction haute) a été modifié et est désormais de type Colorado (ventilation latérale et entrée de l’air par les trappes Kan’air de Tuffigo).

Résultats technico-économiques de l'élevage de poulets
Résultats technico-économiques de l'élevage de poulets - © D.R.

HAUSSE DE LA MARGE

Après deux années de recul, Chantal et Jacques Groleau ne comptent surtout pas remettre en cause cette vaccination supplémentaire. « Le coût du programme de vaccination n’est pas anodin : 600 euros pour un lot de 15300 poulets (700 m2) intégrant les vaccins contre le pneumovirus, la maladie de Gumboro et la bronchite infectieuse (dont 260 euros pour le Nemovac), a calculé Chantal. Mais le retour sur investissement est indéniable. L’effet conjugué du protocole de vaccination renforcé et de la rénovation du bâtiment a permis d’augmenter les performances technico-économiques de l’élevage. » La marge poussin aliment est passée de 6 €/m2/lot en 2005 à 7,51 €/m2/lot en 2007. Cette amélioration se poursuit en 2008 puisque le dernier lot de poulets, abattu en mars, a dégagé une MPA de 9,21 ! avec un poids moyen des poulets de 2,109 kg et un IC de 1,768.

Le gonflement de la tête est l’un des signes cliniques de la pneumovirose aviaire.
Le gonflement de la tête est l’un des signes cliniques de la pneumovirose aviaire. - © LDA 22

Pneumovirus ou "grosse tête"

Le virus "fait le lit" de pathologies secondaires 

 Plus connue sous le terme « grosse tête », la pneumovirose est un syndrome multifactoriel. En créant des microlésions au niveau des sinus et de la trachée, le pneumovirus diminue l’immunité de l’appareil respiratoire et prédispose les oiseaux aux autres infections virales (bronchite infectieuse…) et bactériennes (Escherichia coli, Ornithobacterium rhinotracheale…). « Le pneumovirus n’est pas très résistantmais il est très infectieux. Il fait le lit de pathologies secondaires », explique Jean-Bernard Hérin, de Merial. Les symptômes classiques observés chez le poulet sont l’abattement, un écoulement nasal, une toux et un gonflement de la tête. La surdensité, le stress, la présence d’ammoniac ou une ventilation insuffisante sont des facteurs aggravants. Les signes cliniques liés à la présence du virus sont certes moins visibles en poulets qu’en dindes, mais l’incidence négative du virus sur les résultats technico-économiques de l’élevage ne doit pas être négligée pour autant.

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