Réussir Aviculture 26 avril 2018 à 08h00 | Par Pascal Le Douarin

Smart Dosing, la pompe doseuse connectée du futur

La société Dosatron propose une pompe (doseuse) communicante, qui sécurise le fonctionnement du matériel et améliore la traçabilité des traitements.

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Le boitier de monitoring, "cerveau" de la pompe Smart Dosing.
Le boitier de monitoring, "cerveau" de la pompe Smart Dosing. - © P. Le Douarin

La pompe doseuse hydraulique proportionnelle capable de communiquer avec l'utilisateur via son smartphone, qui lui dirait quelle quantité de produit diluer dans le bac mélangeur, à quel pourcentage d'incorporation régler l'appareil et à quelle heure programmer le début de la distribution n'existe pas encore, mais c'est pour bientôt estime Xavier Chehri, responsable du marché santé animale du fabricant français Dosatron International. « C'est réalisable dans les prochaines années, étant donné que les équipements requis existent déjà. Il nous faut les connecter pour partager et utiliser les mêmes données », précise ce dernier. L'équipe Recherche & Développement de Dosatron a créé Smart Dosing, le premier élément de ce puzzle. Smart Dosing est une pompe équipée de capteurs de fonctionnement et d'un boîtier communicant avec un ordinateur. Un modèle préindustriel avait été montré au salon allemand EuroTier en 2014, et son concept innovant confirmé en 2015 par un Innov'Space obtenu à Rennes. Il a fallu attendre 2 017 pour que la commercialisation démarre. Le distributeur exclusif Ocène annonce une cinquantaine de machines installées, essentiellement en élevage de volailles et de porcs. Il s'agit du modèle SD25AL5, dérivé des modèles D25RE5 ou Dosagreen 5 qui dosent entre 1 % et 5 % pour un débit d'eau variant de 10 l/h à 2500 l/h.

Surveiller pour améliorer l'efficacité des traitements

Au dosage proportionnel des traitements (vaccins, médicaments, désinfectants, acides, suppléments nutritionnels...), Dosatron a ajouté de nouvelles fonctions. Cinq capteurs électriques enregistrent en continu le débit d'eau, la température de l'air, le dosage et la quantité réellement incorporée, le type de traitement réalisé (présélectionné par l'utilisateur), le début et la fin de l'opération. Ils détectent aussi les événements ou incidents de fonctionnement : la fin du bac de traitement, le refoulement dans le bac, l'arrêt du moteur hydraulique, l'arrêt d'aspiration du mélange, l'absence d'arrivée et de consommation d'eau ou le sur débit du réseau (plus de 2.5 m3/heure), les joints à changer (après 1 million de cycles du moteur), la batterie faible (utilisée en secours par les capteurs). Le microprocesseur intégré avertit aussi l'éleveur sur son téléphone (via un boîtier relais ou le boîtier de régulation). Celui-ci peut réagir et intervenir vite, alors qu'avant il constatait après coup qu'il avait raté son traitement, sans vraiment savoir pourquoi. Ces informations sont transférées par voie filaire à l'ordinateur de l'élevage ou au boîtier de régulation Tuffigo Rapidex (1) pourvu d'une interface de visualisation. Dosatron collabore avec Tuffigo Rapidex pour réaliser la sauvegarde des données via le cloud My Tuffigo, de manière à les sauvegarder et permettre l'accès par tablette ou smartphone. Les données peuvent aussi être récupérées sur le module de la pompe via une clé USB.

Deux calendriers de visualisation des événements

Sur l'ordinateur, les données sont traitées et présentées par le logiciel Smart Link, sous la forme de deux agendas : celui des traitements et celui du fonctionnement (récapitulatif des alarmes et événements d'entretien). Un clic sur l'événement du calendrier de traitement fait apparaître les heures de début et de fin, le volume d'eau consommée, le volume de mélange injecté, le dosage, la température de l'air, les motifs d'arrêt (fin de bac la plupart du temps ou arrêt volontaire). La courbe des consommations d'eau s'affiche également. S'il le désire, l'éleveur peut envoyer un fichier pdf à son groupement, son vétérinaire ou tout autre intervenant autorisé, sachant qu'il en reste propriétaire. « L'objectif n'est pas d'espionner l'éleveur, insiste Xavier Chehri, mais bien d'avoir tous les éléments pour analyser ce qui peut être amélioré, si nécessaire. C'est un outil d'autoformation permanente. » Ce dernier ajoute que cette transparence sera un argument à faire valoir face aux futures exigences des cahiers des charges de clients ou de la réglementation. Il sera de plus en plus demandé aux éleveurs le respect des bonnes pratiques des produits sensibles (antibiotiques et vaccins).

(1) modèles Avitouch, Avibox ou LabelBox

" Se connecter pour partager et utiliser les mêmes données ".
" Se connecter pour partager et utiliser les mêmes données ". - © Infographie Réussir

Gagner du temps sans perdre en qualité

À l'avenir, l'utilisateur continuera à préparer la quantité de produit à ajouter dans le bac de mélange et à régler le taux d'incorporation. Mais pour éviter une erreur de calcul, il s'aidera du calculateur intégré, pour l'instant téléchargeable séparément. « Les éleveurs équipés de Smart Dosing nous demandent d'ajouter cette fonction dans le Smartlink », souligne Xavier Chehri, estimant qu'il est possible d'aller plus loin avec un « module santé » à créer dans le boîtier de régulation. En plus de la traçabilité des traitements, ce module calculera les préparations, suivra le traitement en incluant l'amorçage et le rinçage des lignes, transférera des rapports sur un registre d'élevage informatisé. Tout cela fera gagner du temps sans perdre en qualité de travail, bien au contraire. À l'image du GPS devenu incontournable, la pompe doseuse connectée pourrait devenir indispensable à la conduite des traitements par l'eau de boisson.

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