Réussir Aviculture 26 octobre 2006 à 16h30 | Par Propos recueillis par Pascal Le Douarin

Sélection de dindes - « Nous revenons en Europe avec enthousiasme » annonce Ronald P. Slavnik, Président d´Hybrid Turkeys

Le président du sélectionneur canadien de dindes Hybrid Turkeys - filiale du groupe néerlandais Nutréco - a profité du Space pour venir y annoncer son retour sur le marché européen, après une longue absence. C´est François Dehapiot qui sera à la tête de l´antenne européenne.

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Pourquoi ce retour sur ce marché européen de la dinde, à un moment qui paraît si défavorable ?
Ronald P. Slavnik - La grande nouveauté en matière de génétique de la dinde, c´est que l´année 2005 a connu une évolution majeure qui a conduit à la création d´un duopole mondial. D´un côté, la société canadienne Hybrid Turkeys que je préside a acquis Orlopp, une firme californienne. Cette société familiale est présente sur le marché américain et mexicain. Depuis soixante ans, elle a réalisé un important travail sur la conformation. Ces lignées possèdent des rendements en filet exceptionnels, dont nous saurons tirer parti après avoir fait un à trois ans de remise à niveau sanitaire. De l´autre, BUT a été vendue à Aviagen déjà détenteur de Nicholas. Le pool génétique mondial de la dinde se retrouve désormais entre deux mains. Et chacun des compétiteurs a l´ambition d´être le meilleur partout où s´élèvent des dindes. Actuellement, nous représentons moins de 10 % du marché européen. Le quasi monopole européen d´Aviagen (souches Nicholas et BUT) est la source potentielle d´un manque de concurrence qui peut être préoccupant pour les filières dindes d´Europe. D´où notre engagement à y revenir pour équilibrer ce marché.
« Chaque compagnie qui essaie la génétique Hybrid en redemande. C´est un signe fort, » estime Ronald P. Slavnik, Président d´Hybrid Turkeys. ©P. Le Douarin

Quels sont les points forts des produits Hybrid Turkeys ?
R. P. S. - Ses points faibles sont devenus ses points forts. Jusqu´au début des années quatre vingt dix Hybrid Turkeys était présent en Europe. Nous en fûmes sortis pour deux raisons : problèmes de tenue de pattes et manque d´écoute des changements du marché. Les leçons ont été tirées. En matière de reproduction, en termes de nombre d´oeufs et d´éclosabilité, nous estimons faire de 1 à 3 % de mieux que nos concurrents. Pour ce qui concerne nos dindes commerciales, elles se caractérisent par une bonne rusticité, une uniformité des individus, un bon comportement et un coût de production très bien positionné. Les souches lourdes présentent aussi de meilleurs rendements filet que la concurrence. Enfin détail important auquel nous n´avons pas trouvé d´explication, nos dindes produisent des litières plus sèches.
Comment les sélectionneurs se partagent-ils le marché mondial ?
R. P. S. - Au niveau mondial les produits Hybrid Turkeys couvrent 36 % du marché, tous segments confondus. Sur l´Amérique du Nord, premier marché de la dinde, nous sommes les leaders avec 50 % des parts du marché, devant les souches Nicholas, BUT n´étant pas présent. Nous avons peu prospecté l´Europe depuis vingt ans d´où notre faible présence actuelle. Pourtant l´Europe est pour nous un marché significatif où il faut être présent. Et même si l´effectif en parentaux européens a tendance à diminuer, nous estimons que ce marché peut nous offrir de bonnes perspectives de développement. Nous sommes vraiment très enthousiasmés d´y venir sachant que quelques pays nous connaissent déjà bien. Nous sommes majoritaires en Hongrie et en Autriche et présents en Pologne, Italie et même en France. Plusieurs accouveurs ont déjà des troupeaux Hybrid. Chaque compagnie qui a testé nos produits en redemande. C´est un signe fort.
Quelle organisation mettez-vous en place sur la France ?
R. P. S. - Notre force repose sur trois piliers : les ressources génétiques de nos dindes, leur qualité sanitaire et nos ressources humaines. Nous ne pouvons pas correctement appréhender le marché européen sans avoir le contact étroit avec le terrain. C´est la raison pour laquelle nous avons engagé depuis quelques semaines François Dehapiot qui possède une expérience de trente ans dans le secteur de l´accouvage. Il est notre « business manager » pour l´Europe. Il est chargé de susciter une demande de nos souches et à terme de conduire une équipe. Dans l´immédiat, François Dehapiot sera appuyé directement par nos vétérinaires, nutritionnistes et techniciens canadiens. Les parentales européennes sont importées du Canada, mais nous prévoyons d´en implanter en Europe. Reste à définir le moment et le lieu opportuns.
Sur quelle gamme vous appuierez-vous en Europe ?
R. P. S. - Notre catalogue comprend trois produits : « Grade maker » un produit médium (13,9 kg pour les mâles de 16 semaines), « Converter » un produit lourd (18-20 kg de poids objectif d´abattage pour les mâles) et « XL » un modèle encore plus lourd (19 à 22 kg pour les mâles). « Converter » est le produit numéro un dans le monde. Quelques lots sont déjà en place en France.

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