Réussir Aviculture 25 janvier 2009 à 10h27 | Par A. Puybasset

Résultats de l'enquête avicole 2007-2008 - La majorité des filières redressent leurs marges

Les marges brutes ont progressé de 15 % en poulet et de 20 % en dinde sous l’effet d’une hausse de la rotation, des performances techniques et d’une revalorisation des contrats.

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POUR LA PREMIÈRE FOIS, LE COÛT DES ANNUITÉS ET DE L’AUTOFINANCEMENT PROGRESSENT
POUR LA PREMIÈRE FOIS, LE COÛT DES ANNUITÉS ET DE L’AUTOFINANCEMENT PROGRESSENT - © D.R.

La tendance à l’amélioration des résultats économiques des élevages de volailles de chair annoncée l’an dernier s’est confirmée cette année. L’enquête avicole réalisée par les chambres d’agriculture du Grand Ouest auprès de 713 aviculteurs de vingtdeux départements, représentant 1,2 million de mètres carrés et 5200 lots, a dévoilé ses résultats. Elle montre un net redressement des marges, à l’exception des productions label rouge, sur les lots abattus entre le 1er juillet 2007 et le 30 juin 2008.Trois raisons principales expliquent cette amélioration.Tout d’abord, un redressement du marché qui a permis de raccourcir la durée des vides et d’améliorer la rotation. C’est particulièrement vrai pour le poulet export (en souches classiques) où le nombre de lots abattus par an est passé de 6,49 à 7,09, soit une progression de 9 % (+14 % par rapport à l’année 2005-2006 pénalisée par la crise de l’influenza aviaire).

LE GAZ PÈSE SUR LES CHARGES

En poulet standard, l’amélioration de la productivité s’explique également par une hausse de la densité de 22,5 à 23,1 oiseaux/m2. Parallèlement, les performances techniques ont sensiblement progressé. Troisième raison qui explique la hausse des marges et notamment en dinde: l’amélioration des contrats de rémunération dans la plupart des organisations de production depuis juillet 2007. Comme chaque année, l’enquête révèle des écarts importants entre éleveurs. Pour les bâtiments spécialisés en dindes (toutes catégories), par exemple, l’écart de marge brute entre le premier et le dernier quart des élevages est de 19 €/m2/an (17,03 € pour les 25 % inférieurs et 36,02 € pour les 25 % supérieurs). « L’origine des écarts s’explique à 29 % par les performances techniques, preuve qu’il reste des marges de progrès potentielles », commente Christian Delabrosse, de la chambre d’agriculture du Morbihan. Les charges variables progressent elles aussi : hausse de 8 % en poulet standard, de 9 % en dinde ou de 11 % en poulet label. Les dépenses de gaz, qui pèsent le plus dans les charges variables, ont fortement augmenté (+14 % en dinde). Le prix de la tonne de propane est passé de 652 € en moyenne sur le 2e trimestre 2007 à 755 € sur la même période de 2008. En dinde, les dépenses de santé ont également progressé et pèsent plus lourd qu’en poulet. 

DIFFICILE DE FINANCER DU NEUF

Le solde disponible, après retrait des charges fixes et des annuités, atteint 9,90 € par m2 par an en progression de 28 % par rapport à l’an passé (7,70 €). Pour la première fois depuis plusieurs années, la part des annuités et de l’autofinancement augmente, signe d’un retour des investissements qui concernent essentiellement des frais de rénovation. En effet, en 2007-2008, près d’un tiers des aviculteurs enquêtés (30,6 %) ont procédé à une rénovation de leur bâtiment. Les deux premiers postes concernés sont l’abreuvement et le chauffage. Selon les calculs des chambres d’agriculture du Grand Ouest, les marges permettent aujourd’hui de financer la reprise et la rénovation d’un bâtiment. Le solde disponible en poulet et dinde est de 4,70 €/m2/an pour la moyenne des éleveurs et de 11,90 €/m2/an pour les 50 % meilleurs (en tenant compte d’un prix d’achat de 60 €/m2 et de rénovation de 40 € HT/m2). « Par contre, estime Christian Delabrosse, l’installation avec un bâtiment neuf est beaucoup plus risquée. » Le solde disponible calculé est de 1,83 € pour la moyenne des éleveurs et de 8,30 euros pour les 50 % meilleurs (investissement de 160 € HT/m2 remboursé sur dix ans à un taux de 5 %). « Le jeune éleveur devra donc tout mettre en oeuvre pour se situer dans cette dernière catégorie. »

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