Réussir Aviculture 12 juin 2010 à 16h31 | Par A. Puybasset

Résultats 2009 en croissance - La stratégie de maîtrise des coûts est payante pour Doux

La concentration des outils industriels, l’amélioration de la productivité et le redéploiement des forces de vente à l’export ont aidé le groupe Doux à renouer avec un résultat positif.

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Le groupe Doux a maintenu ses parts de marché à l’exportation en 2009 et est parti à la conquête de nouveaux marchés, au Moyen-Orient et en Asie.
Le groupe Doux a maintenu ses parts de marché à l’exportation en 2009 et est parti à la conquête de nouveaux marchés, au Moyen-Orient et en Asie. - © A. Puybasset

Après trois années consécutives de résultats négatifs, le groupe Doux a retrouvé en 2009 le chemin de la rentabilité. Le volailler a annoncé ses résultats financiers lors d’une conférence de presse début mai : le résultat d’exploitation (Ebitda(1)) s’élève à 104,3 millions d’euros soit 7,6 % du chiffre d’affaires net contre 5,6 % en 2008. « L’Ebitda du groupe, indicateur qui montre la capacité de l’entreprise à générer du profit, a été multiplié par deux en deux ans », a indiqué Guy Odri, directeur général délégué du groupe Doux. Le résultat net pour l’exercice ressort à 12 millions d’euros contre - 45, - 35 et - 12 millions d’euros en 2006, 2007 et 2008 respectivement. Par contre, le chiffre d’affaires est descendu à 1,308 milliard d’euros en recul de 16 % en valeur et en baisse de 3 % en volume par rapport à l’exercice précédent. « Dans un contexte de crise financière mondiale et de déstockage massif de nos concurrents brésiliens, les prix de vente se sont effondrés à l’export (-48 % entre octobre 2008 et janvier 2009).Nous avons donc décidé de réduire les mises en places en début d’année 2009 pour ensuite les augmenter progressivement et nous concentrer sur les marchés les plus porteurs. » Cette baisse de production a eu un impact de - 80 millions d’euros sur le chiffre d’affaires, auquel il faut ajouter la cession de la filiale espagnole fin 2008 (- 65 M!) et l’effet baisse des prix à l’export (- 104 M!).

CONCENTRATION DE LA PRODUCTION

L’amélioration de la rentabilité s’explique principalement par l’optimisation de la productivité et la poursuite de la réorganisation industrielle. En France, la concentration de la production industrielle avec la fermeture des sites de Locminé, Le Châtelet et l’arrêt de l’activité canard en 2008 ont permis une réduction des frais fixes de 10 % et un redressement des marges sur l’activité frais. Au Brésil, l’amélioration de la rentabilité s’explique par une meilleure productivité, une réduction des coûts logistiques liés au transport, la sous-traitance de la production de viande de dinde (cession des outils de production à Marfrig mais maintien des ventes par Doux) et la saturation des sites de production à 90 %. En 2009, la dette de Doux a diminué de 93 millions d’euros et s’élève à 380 millions d’euros soit un ratio dette/Ebitda de 3,6 contre 7,1 en 2007. Les marchés intérieurs du groupe Doux (France et Brésil) ont représenté en 2009 un chiffre d’affaires de 548 millions d’euros soit 42 % des ventes. Le groupe Doux a maintenu ses positions en France avec un chiffre d’affaires de 432 millions d’euros, grâce notamment au poulet Le Choix du Chef, qui a été le moteur de la croissance sur le segment de la volaille standard. « Il est emballé d’un film protecteur selon une nouvelle technologie brevetée qui permet d’allonger la date de consommation et de limiter le taux de casse en magasin », explique Guy Odri ; 3800 tonnes ont été commercialisées en 2009.

LA STRATÉGIE « MULTI » CONTRE LES CRISES

Le marché brésilien est quant à lui en fort développement (CA de 116 M!). La marque LeBon a connu une croissance de 30 % des ventes en 2009 grâce à une politique d’innovation en produits élaborés et à l’augmentation de la capacité de production. Bien implantée dans la région sud du Brésil, la marque est en expansion sur l’ensemble du territoire. Sur le marché grand export, les volumes ont repris à partir du second trimestre et le chiffre d’affaires sur l’année s’établit à 761 millions d’euros. Le groupe Doux a consolidé sa place au Moyen-Orient et s’est orienté vers de nouveaux marchés tels que l’Irak ou la Chine, « pays où nous avons été le premier pays exportateur brésilien », précise le directeur général. Les résultats du premier trimestre 2010 sont en ligne avec le budget. L’Ebitda s’établit à 25,1 millions d’euros sur cette période et le volailler prévoit pour l’année un chiffre d’affaires de près de 1 400 millions d’euros et un Ebitda de 120 millions d’euros, en croissance de 13 % par rapport à 2009. Le groupe Doux compte poursuivre sa stratégie de développement des parts de marché à l’international et de constante amélioration de la productivité. « Les restructurations sont faites. Nous avons un ou deux coups d’avance sur nos concurrents, estime Guy Odri. Notre stratégie ‘multi’ nous a permis de traverser les crises:multisourcing — production répartie sur deux pays, la France (40 %) et le Brésil (60 %) —, multiproduits et multimarchés — présence dans 130 pays. »

(1) Ebitda : terme anglais signifiant « revenu avant intérêts, impôts, dotations aux amortissements et provisions ».

 

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