Réussir Aviculture 21 décembre 2006 à 18h02 | Par Pascal Le Douarin

Remplacement de l´outil industriel - Boscher Volailles investit 27 millions d´euros

Filiale du groupe Glon, l´entreprise d´abattage-découpe Boscher Volailles des Côtes-d´Armor, investit 27 millions d´euros dans une nouvelle usine. Elle sera opérationnelle en 2008.

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La nouvelle a été annoncée avec un brin de fierté par le directeur général de Boscher Volailles, Paul Lopez. Alors que l´aviculture française souffre de l´après-grippe aviaire, la seule entreprise française spécialisée à 100 % dans la fourniture de viande de poulet, fraîche et désossée, aux industriels de l´agroalimentaire, va complètement changer son équipement industriel d´abattage et de découpe. Et cela en une seule fois. L´investissement total est fixé à 27 millions ?. « L´industrie de la volaille est, comme les autres secteurs économiques, soumise à l´obligation de progrès permanents », argumente Paul Lopez. La recherche de compétitivité passe par des investissements dans de nouveaux procédés technologiques. Or, l´abattoir Boscher Volailles construit en 1991 à Mûr-de-Bretagne (22) est arrivé à saturation, en dépit de continuels investissements. Bâti pour 15 000 t de produits finis, il en fournit aujourd´hui 38 000 t*
Le nouvel outil qui aura sensiblement la même capacité en volume sera construit à côté du site actuel, avec une surface utile de 13 000 m2 contre 9500 m2. Il comptera aussi le même nombre de salariés en CDI, de l´ordre de 200.

L´outil actuel sera « désarmé » et cédé pour une autre activité, sans doute non agroalimentaire, la station d´épuration actuelle étant réutilisée. Sans doute échaudé par l´expérience de la (trop) longue rénovation de l´abattoir Keranna de Guiscriff (56), repris par le groupe Glon après le dépôt de bilan de Bourgoin, Paul Lopez et son équipe ont préféré construire plutôt que transformer. Cette solution leur permettra aussi de disposer d´un outil de secours durant la phase de transfert, qui devrait se produire courant 2008. Les travaux vont démarrer début 2007. Cette annonce en période de décroissance avicole peut en surprendre plus d´un. C´est ce qui fait dire à Paul Lopez que « le groupe Glon risque encore d´apparaître en décalage ». En effet, le marché européen du « minerai viande de poulet », sur lequel se positionne uniquement Boscher Volailles, est de plus en plus approvisionné par les pays tiers. De plus, la France n´est plus le premier pays producteur de poulets en Europe. « Nous avions le choix de poursuivre comme avant et d´accepter d´être sur un marché en régression, ou bien de renforcer notre compétitivité », a expliqué le directeur général.
Le site de Boscher Volailles à Mûr-de-Bretagne ©22 a été construit il y a quinze ans. ©P. Le Douarin

Une compétitivité accrue qui commence en amont
Ce choix peut paraître osé. En 18 mois, Glon va investir chez Boscher autant qu´en 10 ans, tout en travaillant les mêmes volumes avec le même personnel, employé pour moitié à rechercher sur chaque filet désossé les minuscules débris indésirables (cartilage, os, peau).
La compétitivité viendra donc des gains permis par les process industriels et aussi par l´évolution en amont. Le poids des poulets mâles lourds Princior va devoir augmenter de 20 % (2,9 kg à 3,5 kg), une condition indispensable pour améliorer les rendements technologiques et diminuer le coût du tri (filets plus gros). La mise au point avec Sanders Bretagne démarre à peine (souches, conduite, programme alimentaire, durée d´élevage.), mais « ce n´est pas une révolution », souligne le directeur commercial Jean-Paul Quéré. « Les 150 éleveurs du groupement Gaévol ont déjà l´habitude de produire des poulets de 3 kg. »

* 400 000 poulets par semaine et 70 millions ? de chiffre d´affaires.

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