Réussir Aviculture 20 juin 2018 à 11h00 | Par Pascal Le Douarin

Remodelage du parc volailles standard dans le grand ouest

Ce sont les impacts de l’après-Doux. Avec une activité « poulet export » divisée par deux, c’est l’ensemble de la filière chair du grand ouest qui se réorganise pour absorber et moderniser plus de 400 000 m2.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
- © Pascal Le Douarin

Sans surprise, le tribunal de commerce de Rennes s’est prononcé le 18 mai pour la reprise partielle du groupe Doux par le consortium franco-saoudien. Et ce pour la somme de 19,8 millions d’euros. Les offres de l’ukrainien MHP et de l’anglais Chesterfield n’étaient pas assez consistantes en termes de « business plan » et d’emplois préservés. Cette solution permet de maintenir directement 811 emplois sur les 1 165 CDI et de proposer 401 offres de reclassement. Mais le consortium laisse sur la touche l’abattoir vendéen de Chantonnay, qui a fermé ses portes début juin, et le couvoir Ballis de L’Oie. Créée transitoirement, la société « Les fermes de Vendée » est chargée de trouver des solutions de reclassement pour les fermes de multiplication et les salariés du couvoir.

La région Bretagne, partenaire financier

À Châteaulin, 347 salariés sont repris par Al Munajem sous l’entité « France Poultry ». En récupérant l’abattoir et la marque Doux, le Saoudien congèlera 1,4 million de poulets par semaine. De plus, dans moins de deux ans, un nouvel abattoir construit à côté par LDC abattra 400 000 poulets lourds par semaine. France Poultry se fournira auprès de Yer Breizh, la nouvelle société mixte chargée de gérer la production. La région Bretagne va engager 20,9 millions d’euros pour accompagner la réorientation de la production bretonne vers de nouveaux marchés. Elle détiendra un tiers du capital de Yer Breizh (6 M€) dans trois ans, capital qui est actuellement réparti entre LDC (33,5 %), Al Munajem (33,5 %), Triskalia (14 %) Terrena (14 %) et la Région (5 %). Par ailleurs, cette dernière investira 12,7 M€ dans l’usine LDC, 1,2 M€ dans France Poultry et 5 M€ dans d’autres investissements.

Accueillir et accompagner tous les éleveurs

Pour l’ex-maillon élevage de Doux, le plus dur commence, à savoir transformer les bâtiments pour élever d’autres types de poulet, voire de la dinde. Ce sont environ 100 000 m2 en Bretagne (sur 350 000 m2) et 170 000 m2 dans le bassin Vendée (64 éleveurs) qui seront concernés. C’est à peu près l’équivalent d’une production hebdomadaire de 700 000 poulets de 35 jours. Évoquée un temps, l’idée d’un plan de cessation a été abandonnée alors qu’il est nécessaire de maintenir les surfaces pour produire plus de poulets dans deux ans. Aider à une reconversion progressive des élevages, notamment via le PCAE, est préférable à un arrêt subventionné. « Les possibilités seront examinées au cas par cas, affirme Gilles Huttepain, le patron de LDC Amont, avec une transition qui se fera progressivement. » Les syndicats insistent pour qu’aucun éleveur - sous-entendu le « dernier tiers » - ne soit laissé sur le bord de la route. Mais il est aussi probable qu’un certain nombre de sites s’arrêteront (éleveur proche de la retraite, bâtiments trop anciens).

D’autre part, le transfert des contrats des éleveurs vers Yer Breizh ou vers les OP de LDC (Alimab, Bellavol) ou de Terrena (Valiance) ne sera pas automatique. Gilles Huttepain préfère employer le terme « accueil », « par respect pour les éleveurs qui doivent pouvoir faire leur choix, en toute liberté. »

S’ajoute leur intégration dans les plannings de production. Plus ou moins progressive pour les ex-éleveurs Doux, elle devrait aussi se traduire par des allongements des vides sanitaires pour les éleveurs des OP desservant LDC et Galliance.

Si, dans l’immédiat, des éleveurs bretons continuent la monoproduction pour France Poultry, il est aussi probable qu’il leur sera demandé de fournir différents poulets (poulet export en desserrage, poulet lourd). À terme, l’ensemble du parc, export compris, devra être compétitif et répondre aux nouvelles attentes sociétales.

Le devenir des outils industriels et du parc des éleveurs Doux.
Le devenir des outils industriels et du parc des éleveurs Doux. - © Infographie Réussir

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir Aviculture se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Question du mois

Pourrait-on ouvrir le capital des élevages pour permettre d’investir ?

Répondez à la question

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 22 unes régionales aujourd'hui