Réussir Aviculture 13 avril 2007 à 16h45 | Par Pascal Le Douarin

Réforme de la PAC - Les aviculteurs non spécialisés attendent pour agir

Au printemps 2006, l´Itavi a interrogé 60 aviculteurs non spécialisés de volailles de chair sur les changements engendrés par la nouvelle PAC.

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L´aviculture conduite à titre complémentaire, avec un revenu avicole représentant moins de 75 % du revenu agricole, touche 70 % des 20 000 exploitants recensés. Ceux-ci sont concernés par la nouvelle donne de la réforme de la PAC (plafonnement du budget, découplage des aides, éco conditionnalité.).
L´étude de l´Itavi menée en 2006 montre que la moitié des éleveurs n´ont rien changé dans leur gestion des ateliers non avicoles. Dans ces exploitations, la réforme a encore peu de répercussions, limitées et « à la marge ». Ce qui est observé, c´est pour 25 % une baisse limitée des surfaces en maïs (maïsiculteurs du Sud-Ouest et zones de sécheresse), pour 10 % une intensification bovine, voire une réorientation vers le système allaitant. Une minorité (4 sur 60) a entamé une réflexion globale sur son exploitation.

Inertie liée à l´endettement
Pascale Magdelaine, économiste à l´Itavi, explique cette prudence par le fait que l´équilibre financier n´a pas été modifié par la manière dont les aides sont distribuées, d´autant plus que les cours des céréales, du lait et des bovins sont à un niveau jugé acceptable. Les agriculteurs attendent plus de changements lors de la réforme de 2013, et réagiront à ce moment. De plus, beaucoup estiment avoir un système de production cohérent, difficile à modifier.
Le frein principal à l´évolution est l´investissement en cours. Ils remarquent que la réorientation des ateliers avicoles est largement freinée par le poids des annuités en cours.
L´endettement est souvent élevé (un tiers sont au-delà de 50 % du passif). Le changement devient possible avec une meilleure capacité d´autofinancement, donc un amortissement total des prêts avicoles. Enfin, l´économiste de l´Itavi remarque aussi que la notion de découplage des aides est encore floue. Beaucoup associent encore soutien découplé et maintien de la production.

Inquiétudes mitigées pour 2013
Pour l´avenir, les deux tiers des interrogés estiment que l´aviculture française va regarder passer le train de la croissance mondiale, et qu´ils n´en bénéficieront pas. Tout comme la moitié s´inquiète des impacts négatifs des importations.
Cependant, même si les trois quarts ne croient pas au maintien de restitutions européennes à l´exportation, les deux tiers estiment que l´impact sera faible ou moyen sur leur propre exploitation. Par contre, ils sont plus inquiets par la baisse de 50 % des aides agricoles qui cette fois-ci serait critique pour leur cas personnel. Seule une minorité réfléchit à de nouvelles orientations qui leur permettraient de passer ce nouveau cap autrement plus risqué.
Enfin, si la vision de l´avenir avicole français est sombre, 87 % pensent que le site qu´ils approvisionnent résistera, tout comme leur partenaire industriel. Une opinion à relier au profil des enquêtés : gros bassins de productions, productions pour le marché national, plutôt bien formés et informés, avec des responsabilités professionnelles pour 70 % d´entre eux.

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