Réussir Aviculture 09 septembre 2008 à 11h15 | Par A. Puybasset

Pulvérisation de bactéries sur la litière - Avec Bactivor, le fumier est plus équilibré en azote

En orientant la fermentation des litières, Bactivor diminue les pertes d’azote par volatilisation. L’air est moins chargé en ammoniac et le rapport azote sur phosphore optimisé.

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En pulvérisant le Bactivor sur les zones humides du bâtiment (lignes de mangeoires et d’abreuvoir), la litière est plus sèche et moins compacte.
En pulvérisant le Bactivor sur les zones humides du bâtiment (lignes de mangeoires et d’abreuvoir), la litière est plus sèche et moins compacte. - © D.R.

Selon l’Itavi, près d’un tiers de l’azote excrété par les animaux dans un bâtiment en claustration est volatilisé sous forme d’ammoniac. Lors du stockage, le niveau de perte atteint 15 % à 20 % de la quantité d’azote sortie du bâtiment. En y ajoutant, les pertes lors de l’épandage, on considère au final que seuls 54 % de l’azote excrété dans le bâtiment sont utilisables par les plantes (références Corpen 2006). L’un des enjeux de la problématique phosphore est de parvenir à conserver le plus possible l’azote excrété dans les litières.Cela permet d’améliorer le rapport azote sur phosphore, d’augmenter l’intérêt d’utiliser le fumier de volailles comme fertilisant et de limiter le recours à l’azote minéral dans le cas d’un calage du plan d’épandage sur la contrainte phosphore. Le recours à des additifs bactériens — en cours d’élevage ou pour le compostage (lire pages 46-47) — pour aider à fixer l’azote dans la litière donne des résultats très prometteurs. C’est le cas de l’additif bactérien Bactivor, développé par la société GBP Environnement. L’analyse chimique d’un fumier pailleux de dindes traité montre que la teneur en azote total est supérieure de l’ordre de 66 % par rapport à un fumier non traité (en pourcentage de fumier sec). « L’azote est fixé dans la litière traitée avec Bactivor, et pour la plus grande partie sous forme organique », indique Yannick Berraute, le gérant. L’additif microbien va transformer les composés organiques présents dans la litière en molécules chimiques stables et neutres. Ces transformations vont s’accompagner de la production de calories qui vont favoriser l’augmentation de la matière sèche par évaporation d’eau. « Par ailleurs, des contrôles d’émission d’ammoniac dans des bâtiments de dindes sur paille ont montré que les litières traitées avec Bactivor émettaient deux fois moins d’ammoniac : 11 à 15 ppm pour le bâtiment traité contre 25 à 28 ppm pour le témoin (femelles de 45 jours avec litière paille). » Sur le copeau, les résultats sont proportionnellement semblables.

Analyse chimique d'une litière traitée avec Bactivor
Analyse chimique d'une litière traitée avec Bactivor - © D.R.

DES LITIÈRES PLUS SÈCHES

Le Bactivor est constitué de bactéries lactiques et de Bacillus, conditionnées séparément dans des flacons de 10 ml (bactéries vivantes conservées congelées)(1). Le produit est dilué dans l’eau (une dose pour 1000 m2 diluée dans 10 litres sans trace de désinfectant). Il est pulvérisé en présence des animaux sur les zones humides de la litière (lignes d’abreuvoirs et de mangeoires principalement). Au-delà de l’intérêt environnemental (moins de rejets de nitrates dans l’eau, baisse des rejets d’ammoniac dans l’air, rapport N/P amélioré), les éleveurs qui utilisent le produit Bactivor recherchent avant tout l’effet asséchant sur la litière, l’amélioration des conditions d’ambiance et de la qualité des pattes. Plusieurs éleveurs de dindes de la structure de production de Bellavol testent ce produit depuis le début de l’année. « On manque encore un peu de recul, admet Hervé Grosbois, mais on observe globalement une litière plus sèche, une diminution des pathologies et un meilleur confort au niveau des animaux. Les lots sont plus homogènes, les dindes ont un meilleur comportement. » À Saint- Sauveur de Landemont, dans le Maine-et- Loire, Franck Drouet utilise le produit depuis deux lots. « La première pulvérisation est réalisée dès le deuxièmejour autour des zones souillées puis une fois par semaine jusqu’à 14 semaines, explique son épouse. La litière se croûte moins, les problèmes de pattes ont diminué et il y a moins d’odeurs d’ammoniac. » MOINS D’ODEURS Même constat pour Antoine Gangneron, céréalier et producteur de dindes dans le Cher. « L’objectif de départ était de régler un problème d’odeurs, explique-til. Depuis l’arrêt des farines animales, Le compostage sa avec l’inoculum b La société GBP Environnement propose une méthode de production de compost alternative aux compostages par retournement ou par aération forcée. « Cette méthode facile à mettre en oeuvre, efficace et peu onéreuse et surtout sans odeur, consiste à introduire un inoculum bactérien lors de l’évacuation des litières. Il suffit de pulvériser le produit Bactivor sur le fumier avant de l’évacuer du bâtiment, de constituer un bel andain (2 à 2,5 mètres de haut au maximum), de le couvrir d’une bâche respirante et d’attendre 6 à 8 semaines que les bactéries fassent leur travail ! », explique Yannick Berraute. Le mode d’action est le même que pour les litières. La matière organique et l’azote vont être conservées (perte totale de 10 % à 15 % au lieu de 30 %). L’azote soluble (NH3) va être transformé en azote organique, ce qui va favoriser l’équilibre entre l’azote et le phosphore. « Cette méthode ne demande aucun retournement. Les coûts de compostage sont réduits de 5 à 10 fois », a-t-il calculé. Ce procédé de compostage est en cours de validation comme méthode alternative et bénéficie déjà d’une reconnaissance régionale sur la Bretagne. Pour que le produit soit reconnu comme compost, les caractéristiques chimiques et biologiques doivent être conformes aux normes en vigueur. « Cela sous-entend de réaliser des analyses de produit fini. Le produit sera libérable après réception des résultats. »

UNE SOLUTION À MOINDRE COÛT

Dans le Maine et Loire, Franck Drouet a testé ce procédé sur deux lots de dindes. « Nous devons nous mettre aux normes phosphore et ne disposons pas de suffisamment de terres épandables. » Le fumier de volaille est mélangé à 50 % avec du fumier de bovin pour aérer l’andain et augmenter son taux d’humidité. « C’est une solution idéale demandant peu de main-d’oeuvre et à moindre coût. » Le coût du traitement est de 500 euros pour un volume de fumier correspond à 2850 m2 de surface de bâtiment de dinde et l’équivalent en fumier de bovin, auquel il faut rajouter l’achat d’une bâche imperméable réutilisable (350 euros). Les éleveurs attendent désormais les résultats d’analyses et l’accord de leur DSV. ! Armelle Puybasset En savoir plus : www.gbpenvironnement.com les litières sont devenues plus humides et les dégagements d’odeurs plus importants. Je souhaitais depuis longtemps trouver une solution. » Depuis septembre 2007, l’éleveur a traité trois bandes de dindes avec le produit Bactivor. « L’effet sur les odeurs est indéniable. Les problèmes de gros doigts ont disparu et le taux de saisie a diminué. En revanche, l’effet sur la qualité de la litière est assez subjectif et difficilement mesurable », note l’éleveur qui regrette de ne pas disposer de davantage de résultats d’essais. « Je ne rajoute plus de copeau en cours de lot, et je passe moins souvent le motoculteur dans le bâtiment pour aérer la litière ». En appliquant une pulvérisation toutes les semaines durant le premier mois puis tous les 15 jours jusqu’au départ du lot, le coût de traitement du Bactivor est de 1 à 1,20 euro/an/m2 selon son fabricant

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