Réussir Aviculture 27 avril 2016 à 08h00 | Par Pascal Le Douarin

Poursuivre la réduction des apports d’oligoéléments alimentaires

Le forum Novus a montré qu’en donnant la juste dose de minéraux dans les aliments des volailles, il est encore possible de diminuer les rejets de métaux dans les effluents.

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Réduire les apports et utiliser des formes plus biodisponibles d'oligoéléments réduit nettement le risque d'intoxication des sols sur le long terme
Réduire les apports et utiliser des formes plus biodisponibles d'oligoéléments réduit nettement le risque d'intoxication des sols sur le long terme - © MAC

Répertoriés sous le vocable « oligoéléments », le cuivre, le zinc, le manganèse et autres métaux (cobalt, cadmium…) sont des éléments chimiques indispensables aux volailles. Ils interviennent dans toutes les fonctions biologiques au travers de nombreuses réactions biochimiques. Leur teneur mesurée dans les tissus est faible au regard des quantités nécessaires ingérées. En effet, une fois assimilés, ils sont rapidement évacués par l’organisme après avoir été impliqués dans les processus biologiques. Pierre Buttin de la société Novus, fournisseur d’oligoéléments aux fabricants d’aliments du bétail, a calculé qu’environ 85% du zinc, 93 % du cuivre et 97 % du manganèse ingérés par des poulets standard sont rejetés dans les déjections.

Difficultés à définir la « juste » dose

Pour les formulateurs, calculer la dose juste qui génèrera le moins de gaspillage est complexe. « On peut voir les carences d’oligoéléments, même si elles sont difficiles à discerner, souligne Gaétan Rocaboy de la firme service CCPA. Mais on voit rarement leurs excès.»

Du côté des besoins, il existe d’importantes variations des quantités nécessaires liées au poids des volailles, au sexe, au stade physiologique, à la flore intestinale, aux conditions d’élevage (stress thermique et zinc par exemple). Concernant les apports réellement disponibles, on constate des variations d’ingestion liées notamment aux matières premières et aux sources d’oligoéléments, organiques ou inorganiques (oxydes et sulfates) plus ou moins biodisponibles. Le besoin de « sécuriser » la formule alimentaire pousse donc à adopter des niveaux d’incorporation « hauts ». Ils restent toutefois bien inférieurs à ceux de la réglementation de 2003, qui pourraient être révisés à la baisse.

- © Infographie Réussir

Adopter des sources mieux disponibles

Les excès d’oligoéléments finissent tôt ou tard dans les sols. Pour Christian Walter, enseignant-chercheur en sciences du sol, ils peuvent être responsables de toxicité pour les plantes (voir aussi ci-contre). Pour réduire les rejets, deux voies sont exploitables : celle qui consiste à mieux cerner les besoins et celle qui passe par des sources d’oligoéléments plus disponibles pour l’organisme. Comme peu de travaux scientifiques sont réalisés pour affiner les besoins, c’est la seconde qui est privilégiée. C’est aussi celle défendue par Novus, à travers ses oligoéléments organiques chélatés. Les chélates sont des molécules  qui fixent l’oligoélément par au moins deux liaisons chimiques (l’hydroxy analogue de méthionine pour Novus). Cette structure moléculaire en pince protége l’ion métallique dans l’intestin et améliore sa biodisponibilité. Ce qui se concrétise par une quantité moindre à ajouter dans la ration.

Réduire à performance égale

Selon Novus, le Mintrex formulé en 32-8-32 (32 ppm de zinc, 8 ppm de cuivre et 32 ppm de manganèse) permet d’assimiler deux fois et demie plus d’oligoéléments qu'avec un apport sous forme de sulfate inorganique, tout en sécurisant les performances animales. D’après Pierre Buttin, Mintrex 32-8-32 permet de réduire les rejets du poulet de 34% en cuivre, de 43% en zinc et de 48% en manganèse. Gaétan Rocaboy remarque que l’emploi des chélates ne se traduit pas toujours par une baisse des niveaux d’incorporation dans les formulations. C’est surtout vrai en volailles reproductrices pour lesquelles les accouveurs demandent une sécurité renforcée. L’inconvénient des chélates réside dans leur surcoût, sans autre retour sur investissement que la réduction des rejets. Pour Mintrex, ceci est en partie compensé par une valeur nutritionnelle attribuable à ce dérivé de la méthionine, un acide aminé pris en compte dans la formulation. En incorporation 32-8-32, le Mintrex ajoute 343 g de méthionine par tonne d’aliment. Cela permettrait de limiter son coût d’utilisation à 0,1% du coût du poulet abattu.

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