Réussir Aviculture 08 septembre 2008 à 11h00 | Par A. Puybasset

Poulets et dindes - Pour Phillippe Anger, investir régulièrement est source de motivation

Philippe Anger est toujours à l’affût de nouvelles techniques de production. Il veille à investir régulièrement dans de nouveaux équipements pour méliorer ses marges. Derniers en date : les pipettes Easy de Plasson et une chaudière à bois.

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Philippe Anger, éleveur en Ille-et-Vilaine. "Investir est pour moi facteur de réussite et de motivation car cela permet d'améliorer les performances techniques de l'élevage."
Philippe Anger, éleveur en Ille-et-Vilaine. "Investir est pour moi facteur de réussite et de motivation car cela permet d'améliorer les performances techniques de l'élevage." - © A.P.

Âgé de 46 ans, Philippe Anger est un éleveur de volailles de chair plutôt optimiste, qui aime aller de l’avant. « Je crois en l’avenir de la volaille française. Nous aurons toujours besoin de viande fraîche et donc de sites de production à proximité des consommateurs », assure-t-il. Installé depuis 25 ans à Ossé en Ille-et- Vilaine, il exploite 2800 m2 de poulaillers polyvalents avec son partenaire Sanders Ouest, un atelier de veaux de boucherie de 224 places et 28 hectares de cultures. Seul sur l’exploitation, il a choisi d’associer ces deux productions animales car elles se concilient bien en termes d’organisation du travail. Philippe Anger a commencé à élever des volailles en 1989 en rachetant un poulailler d’occasion de 600 m2 (démonté et remonté sur l’exploitation), puis un second de 1000 m2 en 1991. En 1999, il a investi dans un bâtiment neuf de 1200 m2. Ce dernier est plutôt spécialisé en poulet standard, tandis que les deux autres sont davantage destinés à la dinde.

PRIORITÉ À LA TENUE DE LA LITIÈRE

Philippe Anger porte autant d’intérêt à l’élevage de dindes que de poulets et s’y investit de la même manière. « En outre, maintenir ces deux productions permet de lisser les pointes de travail puisque les vides sanitaires sont généralement décalés. » Philippe Anger a toujours veillé à investir régulièrement mais raisonnablement dans ses bâtiments, qu’il s’agisse de frais d’entretien, de rénovation ou d’achats plus conséquents,maintenant que ses poulaillers sont pratiquement amortis. Jusqu’ici les investissements ont plutôt concerné les deux bâtiments les plus anciens : installation de trappes Kan’air de Tuffigo pour optimiser la ventilation, remplacement des ampoules à incandescence par des néons pour améliorer l’éclairage… En dindes, la priorité est donnée à la tenue de la litière. Philippe Anger utilise uniquement du copeau comme litière de démarrage. Il pratique le démarrage à double densité dans son bâtiment de 1000 m2 avec un détassage vers 4 à 5 semaines dans celui de 600 m2. L’éleveur étale une couche épaisse de copeaux soit 100 m3 avec une densité de 12 dindonneaux par mètre carré. Sur la ligne centrale du bâtiment, il forme une sorte de dôme. Elle lui sert de réserve de copeaux pour assécher les zones d’humidité au fur et à mesure du lot. À partir du détassage, il aère quotidiennement les zones plus compactes à l’aide d’une fourche. Pour améliorer ses performances d’élevage, Philippe Anger vient de s’équiper de deux lignes de pipettes Easy commercialisées par Plasson. Le premier lot de dindes est en cours mais les effets sont déjà visibles : meilleur démarrage et litière plus sèche (voir encadré). Pour traiter l’eau de boisson provenant d’un puits, l’éleveur s’est équipé d’un générateur de dioxyde de chlore commercialisé par Ocene. « Ici, la chloration n’est pas recommandée car l’eau est chargée en manganèse. Jusqu’ici, j’utilisais du peroxyde d’hydrogène mais la qualité bactériologique n’était pas satisfaisante. Avec le dioxyde de chlore, l’eau est désinfectée jusqu’au bout des rampes. L’effet est net sur la litière, en poulet comme en dinde. » Dans une optique de réduction des charges, Philippe Anger a investi dans une chaudière à bois en mars dernier.

Chaudière à bois Energie Système.
Chaudière à bois Energie Système. - © A.P.

ÉCONOMIE D’ÉNERGIES D’une puissance de 200 kW, elle chauffe les trois poulaillers, l’eau chaude pour les veaux ainsi que la maison d’habitation, qui est équipée d’un chauffage au sol. Chaque poulailler est chauffé par deux aérothermes intérieurs (voir cicontre). Après trois mois de fonctionnement, Philippe Anger est plutôt satisfait des résultats, que ce soit en dinde comme en poulet. « Je redoutais le démarrage en ambiance à 34° C pour le lot de dindes avoue-t-il, mais j’ai été agréablement surpris. Les aérothermes brassent beaucoup plus d’air et cela a un effet asséchant sur la litière ». Par sécurité, l’éleveur a maintenu les équipements de chauffage au gaz en place — les radiants en dinde et les canons à air chaud en poulet — mais ils ne fonctionnent plus. Philippe Anger semble toujours avoir des projets en tête. Il s’intéresse depuis peu à l’énergie éolienne pour produire de l’électricité qui serait utilisée directement pour son exploitation. Mais l’idée toute récente doit faire encore son chemin… « Investir est un facteur de motivation, explique-t-il, et c’est surtout un facteur de réussite car cela permet d’améliorer les performances techniques de l’élevage et de réduire les charges. En ce sens, investir ‘ne coûte pas’. Il est vrai que le contexte économique de la filière ne nous encourage pas toujours à investir mais c’est justement au moment où la rentabilité de l’élevage est en baisse qu’il faut réinvestir pour gagner quelques points de productivité et retrouver des marges optimales. » !

L’eau chauffée par la chaudière circule par un réseau souterrain jusqu’aux poulaillers. L’air chauffé par échange de chaleur est diffusé par deux aérothermes.
L’eau chauffée par la chaudière circule par un réseau souterrain jusqu’aux poulaillers. L’air chauffé par échange de chaleur est diffusé par deux aérothermes. - © A.P.

LA CHAUDIÈRE À BOIS CHAUFFE LES POULAILLERS

La chaudière Énergie Système, installée par l’équipementier Adaf-Somatherm, est située dans un hangar à peu près à égale distance des poulaillers, de la maison d’habitation et du bâtiment pour les veaux. Sa puissance maximale de 200 kilowatts (kW) est suffisante pour subvenir aux besoins de chauffage lors d’un démarrage simultané des deux poulaillers de 1 000 m2 et 1 200 m2. La chaudière est alimentée automatiquement en plaquettes de bois par une vis de reprise. L’eau chauffée par la chaudière circule dans un réseau de tuyaux souterrains isolés et parvient jusqu’aux deux aérothermes de 50 kW fixés au milieu de chaque bâtiment sur les deux cloisons opposées (un aérotherme de 60 kW pour le bâtiment de 600 m2). Le transfert calorifique entre l’eau chaude et l’air se fait au niveau des ailettes de l’échangeur. Les deux aérothermes diffusent l’air chaud en sens inverse afin de créer un mouvement d’air et une répartition plus homogène de la chaleur.

5 000 EUROS D’ÉCONOMIE PAR AN

L’éleveur s’approvisionne auprès d’une scierie de Châteaubourg (35). Les fagots de bois de chêne sans écorce sont livrés par camion et sont broyés sur place par un prestataire de services. Pour l’instant, les plaquettes de bois sont stockées dans un hangar à paille mais elles seront à terme séchées dans un tunnel, actuellement en construction. Selon ses estimations, Philippe Anger consommera 150 tonnes de bois chaque année sachant que le coût de la tonne lui revient à environ 45 euros (coût matière, transport et broyage). L’investissement total (chaudière + réseaux souterrains + aérothermes) est de 115 000 euros sachant qu’il a bénéficié de 24 000 euros de subventions de l’Ademe et du conseil général.Avec un remboursement sur dix ans, l’économie sur le poste chauffage est estimée à 5000 euros pas an sachant que la consommation annuelle de gaz pour les trois poulaillers était de 24 tonnes. Dans ces conditions, l’éleveur s’attend à un retour sur investissement proche de cinq ans.

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