Réussir Aviculture 12 mai 2006 à 17h03 | Par Armelle Puybasset

Poules pondeuses - Une poussinière en cages de 55 000 places

Avec la coopérative Le Gouessant, un agriculteur breton a entrepris de répondre à la demande de grands élevages de poules pondeuses souhaitant minimiser le nombre de sites de fourniture de poulettes. Il vient d´investir dans une poussinière en cages de 55 000 places.

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Dans les Côtes-d´Armor, Sébastien Courcoux vient d´investir dans un bâtiment de 55 000 futures poules pondeuses élevées en cage. Installé depuis 1998, ce jeune éleveur a repris l´exploitation de son oncle, qui comptait quatre bâtiments de poulettes élevées au sol. Bricoleur et entreprenant, il a rénové trois d´entre eux au fil des ans. Le quatrième, trop vétuste, devait être démoli. Le nouveau bâtiment, construit à la place, vient compléter les trois poussinières au sol de 1050 m2 et 14 500 places chacune pour atteindre une capacité totale de 102 000 places sur un même site. « En doublant ainsi ma capacité de production, explique Sébastien Courcoux, je passe à une taille d´élevage conséquente qui, je l´espère, permettra d´assurer l´avenir de mon exploitation. » L´élevage de poulettes auquel il faut ajouter un atelier de vaches allaitantes (23 mères) l´occuperont largement à plein temps.
D´un jour jusqu´à dix-huit semaines, les poulettes sont logées dans des cages sur fond grillagé ©marque Meller. La hauteur des mangeoires est réglable. ©A. Puybasset

Cet investissement répond également à une évolution de la demande du marché. « La capacité des bâtiments de poules pondeuses a tendance à s´accroître. Nous pouvons ainsi répondre à la demande de nos producteurs d´oeufs souhaitant minimiser le nombre de sites de fourniture de poulettes », ajoute Joël Rouault, responsable commercial aliment poulettes et pondeuses de la coopérative Le Gouessant.
L´accès à la cage se fait par deux portes grillagées. Pour faciliter le détassage, Sébastien Courcoux a confectionné un « tube de transfert ». ©A. Puybasset

22 poulettes par cage de 0,66 m2
D´une longueur de 72,2 mètres et d´une largeur de 16,3 mètres, le bâtiment de type Colorado avec ventilation dynamique latérale a été conçu par l´entreprise Serupa (Côtes-d´Armor). Il est composé de cinq rangées de doubles cages sur quatre étages de marque Meller. L´éleveur a prévu des couloirs larges (1,20 m) et un espace suffisant à chaque extrémité de la batterie pour faciliter les déplacements à l´arrivée et au départ des poulettes. Chaque cage de 22 places (de 1 m de façade par 0,66 m de profondeur) est équipée d´une pipette de démarrage amovible avec niveau constant et de deux pipettes multidirectionnelles avec godet récupérateur d´eau. L´aliment est distribué par un chariot. La hauteur des gouttières de distribution d´aliment est réglée en continu en fonction de l´âge des volailles.
« Les parois de séparation sont pleines afin de limiter le stress des poussins et de faciliter le démarrage. Le fond de cage est suspendu, ce qui limite l´accumulation de saletés dans les coins », précise Yohan Le Lannic, de la société Meller. Autre détail d´importance aux yeux de l´éleveur : l´accès à la cage par deux portes grillagées. « On peut maintenir une des portes en position fermée, ce qui facilite les manipulations des poulettes, notamment au moment de la vaccination par injection réalisée vers quatre mois », explique-t-il. Les fientes tombent sur un tapis et sont évacuées vers un tunnel de séchage acheté d´occasion. Les fientes sèches sont ensuite reprises par la filiale Agronor de la coopérative Le Gouessant. Par ailleurs, le bâtiment de Sébastien Courcoux a été spécialement équipé pour servir de station d´essais en alimentation pour la coopérative. Les cinq batteries sont alimentées par trois silos de marque Valorex (un silo pour les deux batteries de droite, un silo pour les deux batteries de gauche et un silo pour la batterie centrale). Equipés d´une jauge sur contrainte, ils permettront de mesurer la consommation d´aliment de chaque groupe de batteries.
« L´objectif est de comparer l´effet de différents aliments au sein d´un même bâtiment de taille conséquente, avec une seule origine de poussins, une seule génétique et dans une même ambiance », explique Cécile Hareau, chef produit de la coopérative Le Gouessant. En contrepartie du temps passé au suivi des essais, Sébastien Courcoux recevra une contribution financière qui permettra d´amortir une partie de l´investissement du bâtiment qui s´élève autour de 8,50 euros par place.
Comme souvent en volailles, la réussite du lot se joue dans les dix premiers jours du démarrage. Dans ce cas de figure, toute la difficulté consiste à maintenir une température suffisante au niveau des poussins logés sur du grillage sans pouvoir compter sur le confort d´une litière. Pour cela, quatre générateurs à air chaud de 54 kW/h ont été installés dans le bâtiment. Fixés par l´éleveur sur un châssis, ils sont placés par deux dans les couloirs entre deux batteries. Pour favoriser la circulation de l´air, les canons sont orientés en sens inverse.

Au moment du chargement, les poussins sont répartis uniquement dans les deux niveaux supérieurs des batteries. Ils sont ensuite détassés vers l´âge de 3 à 4 semaines (22 poulettes par cage). Sébastien Courcoux tire un premier bilan positif des dix jours de démarrage de son premier lot. « Les poussins se sont bien adaptés à la cage. Il n´a pas été difficile d´atteindre la température souhaitée (32ºC lors des sept premiers jours), la capacité des canons à air chaud semble largement suffisante. Les poussins ont consommé davantage que ceux logés dans les autres bâtiments au sol. Le taux de perte est faible (21 morts à sept jours d´âge). » Par crainte que les poussins ne coincent leurs pattes dans les maillons du grillage et pour leur confort thermique, Sébastien Courcoux avait installé du papier journal sur le fond de la cage mais cette précaution s´est finalement avérée inutile.
Les poulettes sont d´abord démarrées dans les deux niveaux supérieurs de la batterie. ©A. Puybasset

Nota : Les différents partenaires du projet sont Le Gouessant, Serupa, Meller, Matavicol, Tuffigo, Rapidex.

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