Réussir Aviculture 15 mai 2006 à 17h17 | Par Armelle Puybasset

Poules pondeuses - Un agriculteur breton satisfait de son premier lot élevé en cages aménagées Meller

L´EARL de la Vieille Villeneuve a équipéson deuxième bâtiment de cages aménagées Meller. A 49 semaines, les performances de ponte des poules en cages aménagées sont similaires à celles des cages conventionnelles, avec en prime un meilleur confort.

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L´EARL de la Vieille Villeneuve fait un bilan très satisfaisant de son premier lot de poules pondeuses logées dans des cages aménagées Meller. « Nous ne disposons que d´un recul de sept mois, relativise l´éleveur, mais le constat est net. Les poules sont mieux emplumées, leur comportement est plus calme et surtout leur productivité n´est pas détériorée. Elle est au moins équivalente à celle de mon autre lot, conduit simultanément dans un bâtiment équipé de cages conventionnelles. » Installé à Pluméliau, dans le Morbihan, l´éleveur exploite deux bâtiments de poules pondeuses. L´un, datant de 1993, compte 31 700 places de poules pondeuses en cages conventionnelles à une densité de 550 cm2. Le plus ancien (près de 30 ans) a été équipé en avril 2005 de 33 900 places en cages aménagées Meller, conformes aux normes de la directive Bien-être 1999/74/CE. Les deux lots de poulettes sont arrivés le même jour et sont entrés en production la même semaine.
A 49 semaines, les poules en cages aménagées ont gardé un bon état d´emplumement. ©A. Puybasset

Des performances de ponte équivalentes
On peut donc légitimement comparer leurs performances, d´autant plus qu´elles sont issues de la même génétique (Isabrown) et que les deux bâtiments sont conçus de façon assez similaire et sur un même site : taille équivalente, alimentation par chaîne, pré-séchage des fientes par des gaines avec échangeur d´air, rampes de brumisation, ventilation dynamique. et savoir-faire de l´éleveur.
A 49 semaines d´âge, le taux de ponte des poules en cages aménagées est proche de 93 % (contre 92 % pour le lot en cages conventionnelles). « Elles consomment davantage d´aliment (118 g/poule présente contre 116 g) mais cela est compensé par une masse d´oeufs supérieure (11 kg contre 10,82 kg à 47 semaines), explique Joël Rouault, de la coopérative Le Gouessant. Les taux de déclassés, qui comprennent les oeufs sales, fragiles, cassés ou fêlés sont très proches : 1,3 % en cages aménagées et 1,25 % en cages conventionnelles. Le centre de conditionnement, où sont envoyés les oeufs, identifiés par lot, n´a pas non plus remarqué de différence. » Pour l´éleveur, la bonne qualité de coquille des oeufs issus des cages aménagées est fortement liée aux caractéristiques propres à la cage Meller.

Les cages sont réparties sur cinq rangées de cinq étages avec un chariot roulant par couloir pour la surveillance quotidienne des poules des étages supérieurs. D´une largeur de 2,4 mètres et d´une profondeur de 1,5 mètre, chaque cage compte 48 poules. Il n´y a pas de cloison centrale, les poules peuvent donc circuler sur toute la largeur de la batterie. La cage en double pente est équipée de deux dispositifs de raccourcissement des griffes (zone perforée de la paroi), de deux nids avec tapis en Astroturf et de deux bains de poussière (tapis d´Astroturf sur lequel est distribué régulièrement de l´aliment à partir d´un tube situé dans le fond de la cage au-dessus de la gaine de pré-séchage). « Les poules peuvent ainsi véritablement exprimer leur comportement de bains de poussières », remarquent Joseph et Yohan Le Lannic, de la société Meller. « Après sept mois d´utilisation, les tapis sont toujours aussi propres et ne salissent pas l´oeuf, » font-ils observer. « Le fond de la cage est en légère pente, les oeufs sont freinés par un fil souple pour éviter les microfêlures. »
La vitesse d´avancement du tapis à oeufs et le réglage de l´« egg saver » doivent être optimales. « Lors des premiers jours de ponte, se souvient l´éleveur. l´« egg saver » ne se relevait pas assez souvent, les oeufs s´accumulaient et le nombre de cassés ou de fêlés était anormalement élevé, mais ce problème a été vite réglé. Par ailleurs, les perchoirs sont suffisamment hauts pour empêcher que la poule n´y ponde. Le taux de ponte au nid atteint 98 %. »
La qualité des oeufs pondus en cages aménagées est similaire à celle des oeufs issus des cages conventionnelles. ©A. Puybasset

Assurer l´avenir et la valeur de l´exploitation
Après de 55 ans, rien n´obligeait cet éleveur à investir dans du nouveau matériel, sachant que la directive bien-être est applicable à partir du 01/01/2012 pour les bâtiments existants(1). Mais ce sont à la fois une opportunité et une volonté d´assurer l´avenir et la valeur de son exploitation qui l´ont décidé.
En 2003, il a pu récupérer des droits à produire par l´intermédiaire de sa coopérative Le Gouessant (Côtes-d´Armor), ce qui lui permettait d´augmenter le nombre de places disponibles dans son bâtiment, alors que celui-ci n´était pas totalement rempli. Plutôt que d´investir dans un étage supplémentaire de cages aménageables, il a choisi de tout remplacer par des cages aménagées.
Après sept mois d´utilisation, les tapis d´Astroturf, situés dans le nid et près des perchoirs, restent propres et ne souillent pas l´oeuf. ©A. Puybasset

« C´est un investissement sur du long terme, pour au moins vingt ans, espère-t-il. J´ai souhaité aller de l´avant. C´est une façon de pérenniser mon outil de production. Quelle serait sa valeur, en 2012, si je n´avais pas investi et si je voulais le vendre ? » Même s´il a un coût, l´éleveur ne regrette pas son choix et n´écarte pas l´idée de remplacer un jour les cages de son autre bâtiment.
Au-delà des résultats chiffrés cités précédemment, la cage aménagée a une incidence sur le confort des poules mais également sur celui de l´éleveur. « J´entre avec plaisir dans le bâtiment. Les poules ont un meilleur état d´emplumement et sont plus calmes que leurs congénères. » La preuve en est : le bruit de notre arrivée dans le bâtiment et les flashes de l´appareil photo ne les font pas tant réagir.
Les perchoirs sont suffisamment hauts pour éviter que la poule n´y ponde. Le taux de ponte au nid atteint 98 %. ©A. Puybasset

(1) Depuis 2003, les nouveaux bâtiments doivent être équipés de cages aménagées.

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