Réussir Aviculture 11 août 2006 à 16h02 | Par Pascal Le Douarin

Pondeuses/Campagne 2004-2005 - Un troupeau européen sur trois touché par les salmonelles révèle une enquête européenne

Selon le rapport de l´Agence européenne de sécurité sanitaire (Efsa), le taux moyen de portage en salmonelles des troupeaux de pondeuses d´oeufs de consommation atteint 30,7 %, avec des situations très contrastées selon les pays. La France s´en tire bien.

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Depuis des mois, des chiffres non officiels de portage de salmonelles des troupeaux de poules pondeuses commerciales circulaient « sous le manteau ». L´Efsa a mis un terme à cette situation le 14 juin, avec un rapport intermédiaire très attendu par les services européens chargés de fixer les objectifs de réduction des salmonelles dans la filière ponte. Elle a publié les résultats de l´enquête de prévalence menée du 1er octobre 2004 au 30 septembre 2005 dans les vingt-cinq États membres, ainsi qu´en Norvège.
Des écarts considérables entre pays
Dans chaque lot de plus de 1000 poules pondeuses commerciales retenu (un seul par élevage), il s´agissait de relever cinq échantillons de fientes et deux de poussières dans des troupeaux commerciaux en fin de production (neuf dernières semaines). Les échantillons prélevés par des agents assermentés ont été analysés par les laboratoires de référence de chaque État membre. L´analyse de toutes les informations a été faite par l´Efsa. Au final, ce sont 4797 troupeaux sur les 5317 enquêtés qui ont été conservés pour l´analyse statistique. Deux pays n´ont pas été intégrés au tableau final (Malte et Slovaquie). L´Efsa souligne que les chiffres de portage annoncés sont des valeurs minimales puisqu´il s´agit de données de troupeaux et non d´élevages. En effet, dans un élevage en bandes multiples, un troupeau peut être négatif alors que d´autres non testés peuvent être positifs. D´autre part, un lot déclaré positif ne signifie pas que les oiseaux sont infectés (prélèvements de poussières).
En moyenne, 30,7 % des lots sont bactériologiquement positifs en salmonelles (tous sérovars compris), avec un minimum à 0 % (Suède, Luxembourg) et un maximum à 79,5 % (Portugal). La situation épidémiologique est donc très variable. Cinq pays sont à un niveau bas (0-5 %), six pays à un niveau modéré (10-20 %), quatre à un niveau élevé (28-40 %) et sept pays à un niveau très élevé (supérieur à 40 %). Avec 17,2 % de lots positifs, la France se situe dans le deuxième groupe et en dixième position.
S. Enteritidis largement en tête
Les cinq sérovars les plus fréquents sont : S. Enteritidis (S. E. 51,3 % des échantillons positifs), S. Infantis (8,3 %), S.Typhimurium (S. T. 5,2 %), S. Mbandaka (4,4 %) et S. Livingstone (2,7 %). Le profil des sérovars varie aussi selon le pays enquêté. En France, on a surtout retrouvé S. E. (23,7 % des positifs), S. T. (20,3 %), S. Infantis (8,7 %), S. Tennessee (5,7 %), S. Montevideo (5,3 %), S. Braenderup (5,3 %), S. Mbandaka (5,1 %), S. Virchow (4,9 %), S. Livingstone (4,7 %). Pour les deux sérovars jugés potentiellement les plus dangereux pour l´Homme (S. E. et S. T.), la moyenne européenne de portage se situe à 20,3 %, avec, là encore, de forts écarts. Cinq pays en sont exempts, deux sont à un bas niveau (moins de 2 %), six à un niveau modéré (7,9-10,8 %), quatre à un niveau élevé (22-34 %) et cinq à un très haut niveau (plus de 47 %). La France se place encore dixième avec 8 % de lots positifs.
Au regard du pourcentage de S. E. positif (18,2 % de moyenne), hormis six pays à zéro, les Français font le troisième meilleur score avec 3,9 %, juste derrière l´Italie. En termes de S.Typhimurium (2,6 % en moyenne), la France se classe dix-huitième à 4,3 %. Il faut noter que les écarts sont beaucoup plus resserrés avec ce sérovar (0 à 6,5 %). Comparativement aux principaux pays producteurs, la France est moins bien placée en salmonelles totales et au même niveau en S. E. + S. T. que le Royaume-Uni et les Pays-Bas. Elle est la mieux placée (à égalité avec l´Italie) sur S. E. seule, mais en retrait sur S. T. L´Espagne est parmi les pays les moins bien classés sur l´ensemble des critères.
L´état des lieux salmonelles de 2004-2005 reflète les efforts conjugués des professionnels et des pouvoirs publics, variables selon les pays. ©D. R.

Peu d´effet du vaccin et des antibiotiques
Le nombre de prélèvements positifs par troupeau peut varier de un à sept. Une proportion importante des troupeaux en comportait seulement un ou deux positifs. Toutes salmonelles confondues, la moyenne est à 57 % des prélèvements par troupeau positif, et à 43 % pour S. E. + S. T. Avec 29 % en moyenne, la France se situe dans les sept premiers et est la mieux classée des principales nations productrices (36 % aux Pays-Bas, 43 % au Royaume-Uni, Italie et Allemagne, 71 % en Espagne). Le taux maximum de 71 % est atteint en Pologne et en Espagne. L´influence de certains facteurs a pu être analysée. La vaccination contre S. Enteritidis est possible dans huit pays (Autriche, Belgique, France, Italie, Grèce, Espagne, Pologne, République tchèque). Entre 10 % et 90 % des troupeaux enquêtés ont déclaré utiliser cette vaccination. La proportion d´échantillons positifs en S. E. est supérieure pour l´ensemble des lots non vaccinés comparés aux vaccinés, mais dans les lots positifs en S. E. la proportion d´échantillons positif est la même, que les lots soient vaccinés ou pas.
En clair, il y aurait moins de portage de S. E. dans les cheptels vaccinés, mais quand elle survient la « charge » serait identique. Les échantillons de poussières se sont révélés plus souvent positifs pour S. E. /S. T. que ceux de fientes. Enfin un traitement antibiotique réalisé dans les deux semaines précédant le prélèvement n´a pas eu d´impact sur le taux de portage en S. E. /S. T.
Cet ensemble d´informations, premières du genre à cette échelle, va permettre aux instances européennes de définir des objectifs de réduction. Pour l´Efsa, la fixation d´une réduction dans l´absolu (du type « 5 % de portage de salmonelles dans tous les pays ») semble difficile à définir, compte tenu des écarts existants entre pays. L´agence semble préférer la réduction relative, telle qu´une baisse en pourcentage, sachant qu´un minimum de portage serait accepté pour les pays ayant déjà un taux de portage bas. C´est ce que l´Efsa appelle « une cible relative » dans une durée de temps définie et « une limite maximale tolérée ».

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