Réussir Aviculture 08 septembre 2008 à 16h22 | Par Véronique Bargain

Plan Maroc vert - Le développement avicole, une priorité du Maroc

Le gouvernement marocain et l’interprofession ont signé un contrat-programme pour faire passer en 5 ans la production de volaille à 500 000 tonnes et celle des oeufs à 5 milliards.

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Si 67 % des élevages se sont mis en conformité avec la loi 49/99, des investissements restent encore à faire sur de nombreux élevages, notamment pour la sécurité sanitaire
Si 67 % des élevages se sont mis en conformité avec la loi 49/99, des investissements restent encore à faire sur de nombreux élevages, notamment pour la sécurité sanitaire - © DR

Au Maroc, près de 50 % de la population active travaille dans l'agriculture. Les principales productions sont les céréales, l'élevage, la betterave à sucre, les agrumes, le raisin, les légumes et les olives. Malgré les efforts déployés pour développer l'irrigation, la production reste très dépendante des conditions climatiques. S'y ajoutent des contraintes portant sur le foncier (20 % de terres collectives, SAU inférieure à 2 hectares pour 70 % des exploitations), sur la capacité d'investissement (faible participation des banques), sur la formation, la sécurité sanitaire, la raréfaction de l'eau... Résultat : malgré ses atouts (faible coût de la main-d'oeuvre, proximité du marché européen...), le pays stagne depuis 20 ans et reste déficitaire en céréales, en sucre, en lait, viande de volaille, oeufs... Le risque est d'aggraver la pauvreté en milieu rural. Face à l'ampleur des enjeux, le Maroc vient d'adopter une nouvelle stratégie, baptisée « Plan Maroc vert », présentée lors du 3e Salon international de l'agriculture qui s'est tenu à Meknès à la fin du mois d'avril. Plus que l'autosuffisance, le pays vise désormais à assurer l'approvisionnement alimentaire de sa population. Parmi les orientations choisies, il a prévu d'utiliser l'eau pour produire et d'exporter des produits à forte valeur ajoutée (fruits et légumes, huile d'olive...), d'acheter des céréales et d'autres produits, de développer une agriculture performante grâce à l'investissement privé et à de « nouveaux modèles d'agrégation » (lire page 40), et de lutter contre la pauvreté en soutenant la petite agriculture familiale.

Pour Chaouki Jerrari (à gauche), directeur
de la Fisa, et Ahmed Addioui, président de l’Association
nationale des producteurs des viandes de volailles.
« L’application de la loi 49/99 devrait permettre
de professionnaliser le secteur de l’aviculture. »
Pour Chaouki Jerrari (à gauche), directeur de la Fisa, et Ahmed Addioui, président de l’Association nationale des producteurs des viandes de volailles. « L’application de la loi 49/99 devrait permettre de professionnaliser le secteur de l’aviculture. » - © V. Bargain

PROFESSIONNALISER L'ABATTAGE

C'est dans ce contexte qu'a été établi le contrat-programme pour l'aviculture, signé le 22 avril par Aziz Akhannouch, ministre de l'Agriculture, Salaheddine Mezouar, ministre de l'Économie et des Finances,Tariq Sijilmassi, PDG du Crédit Agricole du Maroc, et Youssef Alaoui, président de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (Fisa). « L'objectif, explique Chaouki Jerrari, directeur de la Fisa, est de mettre à niveau l'ensemble du secteur avicole. » Par ce contrat de cinq ans (2008-2012), la Fisa s'engage à augmenter la production pour satisfaire la demande des consommateurs marocains, avec des prix les plus bas possible et en développant la qualité. Il s'agit de faire passer la production de viande de volaille de 370 000 à 500 000 tonnes et celle des oeufs de 3 à 5 milliards, avec à la clé la création de 100 000 emplois. Ainsi, 4,5 milliards de dirhams (environ 400 millions d'euros)(1) devront être investis dans les élevages et les abattoirs, dont le nombre devrait passer de 23 à 40 en 2012. La part des abattages pratiqués dans un établissement moderne et contrôlé est encore trop faible. Le consommateur marocain a en effet l'habitude de choisir son poulet vivant pour le faire ensuite tuer et préparer sur place, dans des conditions sanitaires pas toujours irréprochables. « Actuellement, seuls 10 % des poulets passent par un abattoir agréé, précise Ahmed Addioui, président de l'Association nationale des producteurs des viandes de volailles (APV). Notre objectif est que cette part atteigne 50 % d'ici 5 ans. » La forte volatilité des prix de vente du poulet est un autre point noir pour la filière marocaine. MISE À NIVEAU SANITAIRE Pour sa part, le gouvernement s'engage à mettre les moyens nécessaires à l'application de la loi dite 49/99, entrée en vigueur en 2007 et relative à la protection sanitaire des élevages, ainsi qu'au contrôle de la production et de la commercialisation. « Depuis, 67 % des élevages se sont mis en conformité avec la loi 49/99, souligne Ahmed Addioui. Et 20 % ont obtenu un délai pour s'y conformer. » Pour y parvenir, une enveloppe de 1 milliard de dirhams (environ 90 millions d'euros) a été dégagée par l'État. Avec un taux bonifié de 3 % au lieu de 6 %, elle facilitera l'accès des éleveurs au crédit bancaire. Le contrat-programme introduit aussi des indemnisations pour les abattages sanitaires. Le gouvernement s'engage aussi à créer un centre technique de formation, géré par la Fisa, et un laboratoire officiel de référence sur les maladies. Enfin, un budget à définir sera alloué à la Fisa pour la communication et la recherche-développement.

(1) 1 euro valait 11,44 dirhams en avril-mai 2008.

 

 

CHIFFRES CLÉS

La production marocaine en 2007


- 8,7 millions d'hectares de SAU
- 330 000 tonnes de poulet, 40 000 t de dinde, 3milliards d'oeufs de consommation
- 5 500 élevages, 2 millions de tonnesd'aliment volaille, 280 millions de poussins de chair, 6,48 millions de dindonneaux (dont 4,38 importés), 14 millions de poussins de ponte
- 11,2 Dhs/kg vif (0,98 €/kg) pour le prix du poulet payé aux éleveurs
- 15,7 Dhs/kg vif (1,37 €/kg) pour le prix de la dinde
Source : Fisa.

 

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