Réussir Aviculture 01 mars 2007 à 14h51 | Par P. Le Douarin et A. Puybasset

Pintade - Une production qui reste complémentaire

N´étant pas toujours suffisamment rémunératrice, la production de pintade a tendance à rester complémentaire, d´autant qu´elle joue aussi le rôle d´assainissement sanitaire.

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Selon l´interprofession qui ne dispose pas de chiffres précis, le nombre d´éleveurs de pintades avoisinerait le millier, sachant qu´il se met en place environ 800 000 têtes chaque semaine. Sur ce millier, moins de 20 % seraient spécialisés en pintade. Deux principales raisons expliquent cette non-spécialisation.
D´une part, un lot pintade est considéré comme un élément de rupture du microbisme des productions de poulet et de dinde de chair, surtout en cas de problème sanitaire persistant. On fait de la pintade pour « nettoyer » le bâtiment. « Notre vrai concurrent dans le linéaire reste le poulet label, rappelle Guy Bergès le président du CIP, mais le poulet est aussi l´avenir de la pintade et vice-versa. L´alternance systématique pintade-poulet donne de très bons résultats techniques pour chacun des lots. » L´alternance dinde-pintade est également pratiquée, mais une communauté pathologique de maladies, comme l´histomonose et un syndrome d´entérite frilosité est de plus en plus probable.
La pintade fermière sur parcours rémunère mieux que du poulet, d´où la spécialisation dans certaines régions. ©P. Le Dourin

Des marges pintadeau-aliment peu motivantes
C´est l´aspect économique qui explique le mieux le relatif désintérêt pour l´élevage de pintade. Les marges pintadeau-aliment (MPA) dégagées en standard sont les plus basses des productions de volailles chair, tandis qu´en production label un lot de pintade dégage une meilleure MPA que du poulet. Le tableau comparatif page 17 le démontre bien. Pour atteindre une MPA équivalente à celle du poulet standard, il faudrait réévaluer la MPA de 3,3 ? par m2 en pintade standard, ce qui correspond à une hausse de 35 % de la MPA (ou encore à une augmentation du prix de reprise de 130 ? la tonne). Or le prix du vif payé aux éleveurs (environ 1700 ? la tonne) n´a pratiquement pas évolué depuis six ans (+ 1,2 %). Dans l´intervalle, les charges ont augmenté, ne serait-ce que l´énergie. Sur ce point, les pintades sont particulièrement exigeantes et sensibles aux fluctuations de température.
Les éleveurs démarrant en hiver le savent bien. Cette moindre rémunération explique aussi pourquoi les bâtiments d´élevage sont plutôt des locaux amortis, donc anciens. D´autant que le matériel ancien semble mieux convenir aux pintades (absence de pipettes par exemple). En contrepartie, les résultats techniques peuvent être pénalisés, d´où des résultats économiques moindres. En label qui représente presque 30 % des mises en place, les éleveurs sont mieux lotis. Certains se sont même spécialisés. Depuis déjà longtemps, des éleveurs du Sud-Ouest (Gers, Landes) et du Sud-Est (pintadeau de la Drome) ont investi dans des volières d´une surface double de celle du bâtiment. Ceci ne leur permet pas d´élever du poulet label, à moins d´avoir un parcours mixte. Les autres alternent avec d´autres volailles pour ne pas trop dégrader le parcours. Comme Attila, là où la pintade passe, l´herbe ne repousse pas !

Une réserve de productivité inexploitée
La non-spécialisation explique-t-elle la « réserve de productivité » que certains constatent, notamment la firme services Techna ? Selon cette dernière, le poids moyen vif à 77 jours des pintades standard augmente de 10 grammes chaque année pour un indice de consommation relativement stable (autour de 2,85). « Même si l´on est loin des performances du poulet (2,5 % de gain génétique par an sur le critère poids), note Antoine Rousseau de Techna, cette tendance est très nette. »
Des essais réalisés en station expérimentale ont permis d´obtenir des poids de 1,95 kg avec un GMQ proche de 25 grammes. C´est 300 grammes de plus que les résultats terrain avec un GMQ de 21,5 grammes.

Ce sont des perspectives de gain de productivité intéressantes pour améliorer le coût du vif. Deux pistes d´amélioration de l´indice de consommation peuvent être explorées : réduire la durée d´élevage ou maîtriser la courbe de croissance en cas d´abattage tardif. Il est techniquement possible d´obtenir une pintade de 1,6 kg en 60 jours, mais l´impact de ce rajeunissement sur les qualités gustatives et sur l´image de la pintade devrait être évalué. Dans le cas d´un abattage tardif, les besoins d´entretien de fin d´élevage pèsent fortement sur l´indice de consommation global. Pour maîtriser la consommation et la prise de poids, deux variables aliment sont modifiables : la présentation et la densité nutritionnelle.
En définitive, le choix de la stratégie nutritionnelle devrait se faire en fonction du poids d´abattage souhaité. Il reste aussi à déterminer l´impact d´un nouveau profil de croissance sur le rendement, un sujet encore mal connu en pintade.

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