Réussir Aviculture 10 octobre 2002 à 15h47 | Par Dominique Poilvet

Nuisance dues au lisier de canard - L´élevage sur sciure fait l´unanimité auprès des voisins

Les 1000 habitants du village de Matour, en Saône-et-Loire, supportent très bien le voisinage des 5000 canards de chair du Gaec de la Croix de Trécour.

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Il faut traverser entièrement un lotissement pour accéder à l´exploitation de Daniel Dumontet et Arnaud Contambert, deux jeunes éleveurs installés à Matour en Saône-et-Loire. Ces habitations n´existaient pas quand Daniel a monté son premier bâtiment de 2 500 canards sur sciure en 1987. «Je me suis orienté vers un bâtiment à structure légère et sans caillebotis essentiellement pour des raisons de coût », explique-t-il. Mais l´éleveur se félicite maintenant du mode d´élevage qu´il a choisi. L´utilisation de paille et de sciure pour constituer la litière empêche la formation des mauvaises odeurs présentes dans les élevages classiques sur caillebotis. « Si j´avais choisi ce type de bâtiment, je ne serais probablement plus éleveur de canards de chair aujourd´hui », estime-t-il.


Un compost sans odeur et beaucoup moins agressif pour les plantes
En plus de la proximité du village, la région attire des touristes en quête de nature et de paysages verdoyants. « Il serait impensable d´épandre du lisier de canard sur nos parcelles ». Malgré la faible odeur dégagée par le fumier au moment de son enlèvement des bâtiments, les éleveurs prennent un maximum de précaution. L´épandeur est équipé de portes hermétiques empêchant d´en perdre sur la route. Le tas est réalisé dans une parcelle éloignée du hameau, puis composté. « Après 6 mois, le compost n´a plus aucune odeur et est beaucoup moins agressif pour les plantes », observe Daniel Dumontet. Les canards sur sciure nécessitent cependant une bonne maîtrise des conditions d´élevage. Les deux bâtiments de 264 m2 chacun permettent de produire 5 000 canards en tout, ce qui fait un chargement de 9,5 canards par m2. « Nous pourrions peut être passer à 11 canards, mais si il y a des retards à l´enlèvement, l´opération n´est plus rentable car les mâles sont trop tassés en fin de lot », calcule l´éleveur.
©D. Poilvet

Légende - L´élevage de canard sur sciure est situé dans un lotissement, au cour d´une région touristique.

Lit de paille et copeaux pendant 10 jours pour les canetons
Les canetons sont regroupés le premier jour dans un seul bâtiment, sur un lit de paille. Pendant 10 jours, les éleveurs ajoutent uniquement des copeaux, récupérés chez un menuisier voisin. « C´est la solution idéale pour empêcher l´apparition d´aspergillose. Les canetons sont dans de meilleures conditions de confort. » Après le débecquage, autour de 4 semaines, les femelles sont transférés dans le second bâtiment. Des caillebotis en bois sont ajoutés sous les abreuvoirs peu de temps après. L´eau en excédent est rapidement absorbée en cours de lot par la paille et la sciure situées sous les caillebotis. La sciure est apportée manuellement dès le premier jour, à raison de deux fois par jour. « Il faut 7 à 8 m3 de sciure par semaine en moyenne sur un lot », précise Arnaud Contambert. A 2,3 euro le m3, le coût de la litière se monte environ à 4 centimes d´euro par canard.
©D. Poilvet

« Il n´y a quasiment pas de saisies à l´abattoir »
Les résultats techniques n´ont rien à envier à ceux réalisés sur caillebotis. Sur le dernier lot, les femelles sont sorties à un poids de 2,7 kg à 10 semaines, et les mâles à 5,31 kg pour un âge de 13 semaines. « L´indice de consommation se situe régulièrement entre 2,7 et 2,8. Mais le plus appréciable est le faible taux de pertes, toujours compris entre 1 et 1,5 %. Les saisies à l´abattoir sont inexistantes ! » Daniel Dumontet attribue ces bonnes performances essentiellement à la rigueur du vide sanitaire. « Dès que le bâtiment est vide, je fais un pré-trempage avec la pompe haute pression avant l´enlèvement du matériel ». Le bâtiment est ensuite vidé du fumier, puis raclé, balayé minutieusement et désinfecté. Les éleveurs ne comptent pas le temps passé. Le nettoyage de chaque bâtiment nécessite deux jours de travail à deux personnes, sans compter le lavage des caillebotis. Le temps de travail pour l´apport de la sciure et l´alimentation manuelle est également important, en regard du nombre d´animaux (2 heures par jour en moyenne).

C´est le choix de ces éleveurs, pour qui la production de canard représente plus qu´un revenu d´appoint, maintenant que les bâtiments sont amortis. « Actuellement, la marge PA se situe à 1 euro par canard », indique Daniel Dumontet, soit 9,5 euros par m2 et par lot.




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Cet article est extrait du Dossier Réussir Aviculture du mois de septembre (nº79) : "Lisier de canard: comment réduire les nuisances." Les solutions pour se débarasser des odeurs du lisier de canard existent : aération, litière, station biologique, produits de traitement... Au fil des 10 pages consacrées à ce sujet, plusieurs producteurs témoignent de leur expérience et la revue livre également quelques résultats d´expérimentations récentes.
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