Réussir Aviculture 18 mars 2008 à 09h15 | Par P. Le Douarin

Mélange de substrats de litière - Dominique Landrieau plébiscite le mariage paille-copeau

En Vendée, depuis deux ans, la coop Eveil a imposé le mélange paille-copeau pour pérenniser les débouchés de ses composts. Avis de Dominique Landrieau, un utilisateur convaincu.

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Dominique Landrieau constate l’homogénéité de la litière. « Les oiseaux se sentent bien et moi j’y gagne en temps et en quantité de litière. »
Dominique Landrieau constate l’homogénéité de la litière. « Les oiseaux se sentent bien et moi j’y gagne en temps et en quantité de litière. » - © P. Le Douarin

«Au début, j’étais contre l’emploi du mélange paille broyée et copeau à 50/50, mais avec le recul je ne le regrette vraiment pas », résume Dominique Landrieau. Installé aux Essarts en Vendée, avec 2600 m2 (2 x 800 en statique et 1000 en Colorado), il est aviculteur à titre principal (10 ha de SAU), et alterne poulets certifiés et dindes. Administrateur à la coop Eveil, il connaît bien les contraintes de la commercialisation des supports de litières. « Les utilisateurs réclament des produits sans paille longue, homogènes, et faciles à épandre à faible dose. » Guy Raymond, le directeur de Fertil’Eveil, filiale à 50/50 des coopératives Coop Eveil et Cavac, confirme que depuis quelques années les pailles traitées aux raccourcisseurs et antifongiques ont du mal à se dégrader dans les sols. D’où l’obligation pour les éleveurs fournisseurs de supports de litières d’utiliser du copeau ou un mélange copeaupaille broyée finement qui compostent beaucoup plus facilement.

À raison de 6,8 kg de mélange répandu au mètre carré, il en coûte 2 400! HT (voir prix indicatifs) pour les poulets certifiés démarrés sur 2600 m2. Pour la dinde, en cours de lot Dominique Landrieau ajoute 3,5 tonnes de copeaux (en bottes) pour 1000 m2, soit 430! de coût supplémentaire. « d’abord en organisation et en confort de travail. » Oubliés la manipulation des bottes de paille et le broyage grossier à l’intérieur du bâtiment avec la machine fixe, oubliés les poussières et les risques d’incendie, oubliée l’usure du tracteur et du matériel. La mise en place de la litière est rapide.

PRIX INDICATIFS DES LITIÈRES DE LA COOP EVEIL FIN 2007
(EN € HT/TONNE - LIVRAISON COMPRISE EN VENDÉE)
PRIX INDICATIFS DES LITIÈRES DE LA COOP EVEIL FIN 2007 (EN € HT/TONNE - LIVRAISON COMPRISE EN VENDÉE) - © P. Le Douarin

PRIVILÉGIER LE CONFORT DE TRAVAIL

Au niveau du comportement des oiseaux, « le mélange paille fine-copeau est remué plus facilement qu’en paille longue (même broyée) et il ne se tasse pas autant », remarque l’éleveur. « C’est plus stable que du copeau. Trop remué, celui-ci peut laisser des vides sur le sol, ou bien il se retrouve facilement dans les abreuvoirs et nourrisseurs à nettoyer. » Le comportement de grattage ne peut être que bénéfique à la tenue de la litière. Dominique a aussi remarqué que les dindonneaux pédaleurs se redressent mieux qu’avec le copeau jugé trop meuble. Le mariage des deux matériaux ralentit ou évite aussi la formation d’une couche (puis d’une croûte) déjections-litière quasi imperméable à l’air et à l’eau, avec en dessous une sous-litière impeccable mais inutilisée. « Par le passé, j’ai remué quelques fois cette litière croûtée mais, incommodé par les dégagements d’ammoniac (NH3), j’ai vite arrêté », remarque l’éleveur. Plus poreuse à l’eau et à l’air, cette litière fermente moins vite et l’ambiance s’en ressent. « J’estime qu’elle reste plus sèche qu’en paille broyée, qu’elle chauffe moins et qu’elle dégage moins de NH3. Les sols sont plus secs. Si je soulève la litière, je n’observe pas de condensation d’eau sur le sol, comme avec la paille longue, a-t-il constaté. Je ressens donc moins le besoin de ventiler. En dinde, je passe moins de temps à recharger pour refaire des litières dégradées. » En moyenne, il consomme 25 à 30 % de copeaux en moins (cinq palettes au lieu de sept).

Pour obtenir un mariage copeau-paille homogène, la paille est défibrée puis mélangée par la Coop Eveil dans un atelier spécialisé.
Pour obtenir un mariage copeau-paille homogène, la paille est défibrée puis mélangée par la Coop Eveil dans un atelier spécialisé. - © P. Le Douarin

SURCOÛT SANS DOUTE RÉCUPÉRABLE

Dominique Landrieau essaie de calculer l’intérêt économique du mélange. Côté dépenses supplémentaires, « j’ai perdu la valorisation de ma propre paille, suffisante pour trois démarrages par an ». Avant, il consommait à l’année 50 tonnes de paille produite et 20 tonnes de copeaux.Aujourd’hui, il achète 40 tonnes de mélange et 12 tonnes de copeaux. Le surcout matière est d’environ 1 800!. Côté gains, « je perds moins de temps en mise en place; rechargeant moins souvent, je gagne en qualité de travail et en copeau; je ventile moins ; je pense avoir moins de soucis sanitaires et être plus régulier en résultats ». À l’avenir, son souhait serait que le calcul de marge, réalisé par la Ciab, prenne mieux en compte le prix réel du support de litière dans les charges.D’autre part, il voudrait valoriser son fumier « au moins à 2 ou 3! la tonne » et non pas payer pour le faire reprendre.

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