Réussir Aviculture 14 mai 2007 à 16h25 | Par Armelle Puybasset

Marché de la dinde - Un bilan 2006 morose

L´épisode d´influenza aviaire a accentué les difficultés de la filière de dindes françaises. Mais les efforts d´adaptation au marché commencent à porter leurs fruits.

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Comme pour beaucoup d´espèces, l´année 2006 aura été une année plutôt sombre pour le marché de la dinde. Les craintes, non fondées, suscitées par l´arrivée du virus d´origine asiatique en Europe - avec les premiers cas détectés dans la faune sauvage fin 2005 puis les déclarations en 2006 de foyers de H5N1 dans cinq pays (France, Allemagne, Danemark, Suède et Hongrie) - ont fortement déstabilisé le marché européen. La crise de l´influenza aviaire a provoqué une baisse de la consommation dans la plupart des pays d´Europe, un ralentissement des échanges commerciaux et de nombreux embargos sanitaires. En conséquence, la production communautaire de dindes a reculé de près de 2 % entre 2005 et 2006 pour atteindre deux millions de tonnes équivalent carcasses (tec). Ce déclin est principalement dû à la baisse de production des deux principaux pays producteurs d´Europe que sont la France, avec une production de 525 000 tec en baisse de 3,8 %, et l´Allemagne (346 000 tec, - 3,6 %).
Si la chute de la production chez nos voisins germaniques est directement imputée à la crise de l´influenza aviaire, les raisons, pour la France, sont plus complexes. De la même manière que pour le poulet, la production française de dinde recule de l´ordre de 4 % en moyenne depuis huit ans. Sur le marché intérieur, les prix à la consommation ont poussé les ménages à davantage orienter leurs achats vers d´autres viandes (baisse de compétitivité en linéaires).
En 2006, la baisse de la production de dindes a été quasi générale en Europe et particulièrement dans les six principaux pays producteurs.

Évolution en % par rapport à 2005. ©Source : Office de l´élevage

L´IA a aggravé certaines tendances
Les mesures prises dans le cadre de l´Organisation mondiale du commerce ont un impact négatif sur les exportations.
Parallèlement, les importations, principalement sous forme de viandes congelées et de préparations notamment en provenance des pays tiers, n´ont cessé de progresser au cours des dernières années. L´épisode d´influenza aviaire survenu en 2006 a accentué ces tendances. Les exportations ont chuté de 18,9 % pour atteindre un volume de 179 000 tonnes. Ce sont les quatre premiers mois de l´année qui ont été les plus en retrait : - 30 % dont - 56 % sur le mois d´avril.
Les exportations ont repris en mai et après le 18 juin, date à laquelle la France a recouvré son statut indemne vis-à-vis d´influenza aviaire. Sur le marché communautaire, la chute des exportations est surtout liée à la baisse de consommation de l´Allemagne et de l´Espagne, deux des principaux importateurs de dinde française, qui ont donné la priorité à leur production nationale. Les exportations vers les pays tiers ont diminué de 20 % avec un repli de 12,8 % sur le marché russe, principal débouché du circuit grand export.

Adaptation de la production
La chute brutale des exportations, début 2006, a provoqué un accroissement important des stocks et a obligé la filière à réduire considérablement les mises en place de dindonneaux dès le mois de mars (sous la barre de 1,3 million de mises en place par semaine en mai et en août). Les effets sur le marché n´ont pu se faire sentir qu´à partir du mois d´août en raison du cycle de production de cinq mois.
Le stockage d´une partie de la production, « sur pied », chez les éleveurs, au détriment des performances technico-économiques, a entraîné un alourdissement des carcasses. Cela a retardé l´effet de la baisse des mises en place et le tonnage abattu a réellement commencé à baisser à partir de juillet.
Selon le Cidef, au plus fort de la crise, le poids moyen à l´abattage s´est élevé à 9,97 kg/tête et les stocks ont atteint l´équivalent de six semaines de production. Dans son bulletin de février, l´interprofession de la dinde fait part d´un renversement des indicateurs du marché depuis la rentrée de septembre 2006.

Retour de la consommation
Les stocks sont progressivement revenus à la normale. L´indicateur de commercialisation indique une amélioration sensible de la mise sur le marché national et à l´export, tendance qui se confirme sur les premiers mois de l´année 2007.
Cette amélioration s´explique en partie par un retour de la consommation française. Selon le panel TNS, la consommation de dinde fraîche par les ménages a été en recul de 11,3 % sur l´année 2006 : baisse drastique au cours des deux premiers trimestres (- 20 % T1, - 14 % T2) puis amélioration en fin d´année (- 9 % T3 et - 2 % T4). Mais si l´on considère la consommation totale de viande de dindes, le bilan annuel est positif de près d´1 % !
Selon l´Office de l´élevage, la baisse des achats par les ménages semble avoir été compensée par une augmentation de la consommation de volailles sous forme de plats cuisinés et en restauration hors foyer. Au moment de la crise, le consommateur a probablement moins fait le lien entre l´espèce volaille et la viande transformée. La réalité des chiffres de 2006, conclut le Cidef, semble plus encourageante que sa perception.

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