Réussir Aviculture 09 mai 2006 à 17h34 | Par Pascal le Douarin

Marché allemand de la volaille - La France perd du terrain

L´Allemagne reste chroniquement importatrice de volaille. Longtemps stables, les origines de ces importations évoluent au profit de pays tiers. et au détriment de la France.

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Tendanciellement, l´Allemagne importe de plus en plus de viande de volaille, même si en 2004 les volumes ont reculé de 12 % par rapport à 2003. Ces 764 000 tonnes d´équivalent carcasse importés, d´après ZMP, font d´elle le premier importateur de l´Union européenne. Ces achats concernent d´une part des viandes et abats frais, réfrigérés ou congelés, et d´autre part des produits à base de volaille. Pour les viandes il s´agit surtout de découpes de poulets congelés (27 % du volume total) et fraîches (24 %), de découpes fraîches de dindes (13 %), de canards entiers congelés (8 %) et de poulets entiers congelés (7 %).
La provenance européenne de cette marchandise recule petit à petit, même si elle reste ultra-majoritaire. En 2004 les pays-tiers n´occupaient que 12,4 % de ces volumes. Les chiffres provisoires 2005 indiquent néanmoins une nouvelle dégradation de l´Union européenne.

Par contre les pays-tiers accaparent le marché des produits élaborés à base de volailles, comme les produits saumurés ou les filets congelés servant à la fabrication de plats cuisinés. Ils pèsent pour 56 % des 140 000 tonnes brutes importées en 2004. Les ventes du Brésil ont « explosé » outre-Rhin depuis 2000. Le « holà » européen mis en place pour contrer la volaille saumurée en 2002 ne semble pas avoir freiné la frénésie d´achat des importateurs allemands. En 2004, le Brésil a exporté un peu plus de 58 000 tonnes vers l´Allemagne, et les chiffes 2005 font état de 86 000 tonnes.
Le recul français confirmé
Et la France dans tout cela ? Sa position s´érode. Selon l´Ofival, sur la période 1998-2004, le volume exporté outre-Rhin passe de 88 000 à un peu plus de 60 000 tonnes d´équivalent carcasse (tec). Elle perd du terrain y compris sur ses points forts que constituent historiquement les poulets entiers et les découpes fraîches de poulet (20 300 tec en 1988 et 4600 en 2004). Elle se défend mieux sur la dinde fraîche entière et découpée (28 000 tec en 2004), alors que la baisse de ses ventes en congelé oriente l´ensemble du bilan dinde à la baisse : 36 000 tec en 2004 contre 50 400 en 1998.
Selon les statistiques allemandes ZMP, en perdant 18 000 tonnes brutes sur les viandes entre 2004 et 2005 la France est passée derrière la Pologne. Pour les produits à base de volailles, ce n´est pas mieux : à peine 8000 tonnes exportées contre 8300 en 2004.

Dans une étude publiée en 2005, l´Ofival estime que la production hexagonale est desservie par un ensemble d´éléments : une image trop haut de gamme, des prix élevés qui lui ferment le circuit du hard discount, un manque d´adaptabilité et de flexibilité, une logistique insuffisamment performante pour répondre à une demande de plus en plus orientée sur le frais, l´absence de campagnes promotionnelles.
Volailles hongroises. Sur le marché d´origine Union européenne, Hongrois et Polonais talonnent la France, loin derrière les Pays-Bas. ©D. R.

Pour en savoir plus
Voir dossier de Réussir Aviculture d´Avril 2006 (R. A. nº 115, 10 pages)

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