Réussir Aviculture 26 novembre 2010 à 11h27 | Par P. Le Douarin

Manutention dans la ferme - Le valet de ferme passe-partout

Utilisateur d’un valet de ferme depuis plus de vingt ans, Daniel Froger pourrait difficilement s’en passer pour intervenir dans ses bâtiments aux dimensions limitées.

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Toujours se déplacer avec une charge le plus bas possible. Du fait de l’articulation centrale, le Pichon 330 se pilote différemment d’un tracteur.
Toujours se déplacer avec une charge le plus bas possible. Du fait de l’articulation centrale, le Pichon 330 se pilote différemment d’un tracteur. - © Pascal Le Douarin

J’en suis à mon troisième valet de ferme », annonce Daniel Froger, installé àSaint-Michel-de-Chavaignes dans la Sarthe. Pour lui, la première qualité du chargeur articulé est d’être un appareil qui se meut dans des endroits exigus. « Je suis passé de 1 mètre à 1,20 de large, pour finalement arriver à 1,50 sur le troisième engin acheté. Ce sera le maximum car je veux garder environ 20 centimètres de distance de sécurité de chaque côté. » S’il est éleveur de poulet standard (avec deux poulaillers de 1 000 m2), Daniel Froger est aussi éleveur de porcs sur litière (200 truies naisseur-engraisseur). Il engraisse ses porcelets dans plusieurs locaux répartis sur la ferme, dont un ancien poulailler avec des poteaux et une étable reconvertie. Les largeurs et hauteurs y sont limitées. Les couloirs d’accès sont à angle droit. Il y a même des marches. « Quand on a des locaux anciens, il faut bien adapter les outils, estime-il. D’où un valet de ferme plutôt que rien du tout. »


CONNAÎTRE LES LIMITES


Son appareil actuel est un Pichon 330, qui a succédé à deux Schäffer depuis 2008. L’engin peut théoriquement tourner à 360 degrés dans un cercle de 4,4 mètres de diamètre. L’éleveur a surtout choisi cette marque pour son arceau repliable jusqu’à 1,77 mètre, (alors que les Schäffer sont vendus avec une cabine à démonter). L’éleveur utilise son appareil environ 600 heures par an pour réaliser la plupart des travaux de manutention : déplacement de charges (aliment, paille…), étalement de litière et repaillage des poulaillers, curage des porcheries et des poulaillers, levage de charges à mi-hauteur. Daniel Froger est bien conscient que sa machine ne peut pas tout faire. « Premièrement, remarque l’éleveur, ce n’est pas un outil spécialisé.Certaines tâches seraient mieux réalisées avec d’autres engins. » Pour curer les poulaillers, un chargeur non articulé ou un télescopique compact, plus stable, conviendraient mieux. « Chez moi, le valet de ferme est un outil complémentaire du tracteur. Il sert à ramener la litière vers le tracteur muni d’un godet qui charge la remorque de fumier. » Car son principal inconvénient est une certaine instabilité conférée par l’articulation centrale.Avec une charge portée en pivotant et en allongeant le bras, le centre de gravité se déplace et peut faire basculer l’ensemble. « Il faut toujours se déplacer avec une charge le plus bas possible. »

Par souci de sécurité, l’éleveur n’attrape pas les bottes de paille au-delà de 4 mètres de haut.
Par souci de sécurité, l’éleveur n’attrape pas les bottes de paille au-delà de 4 mètres de haut. - © p. Le Douarin

JAMAIS AUX CHAMPS


Le déséquilibre peut être accentué par un sol incliné ou irrégulier (trou, surélévation unilatérale…). C’est pourquoi son valet n’intervient pas au champ. Cette règle de base est pour lui essentielle à respecter. Malgré ces précautions, il est arrivé à Daniel de verser deux fois,mais toujours en douceur. Contrairement aux télescopiques ayant une sécurité anticapotage en cas de manoeuvre hors des limites de la machine, les valets de ferme n’ont pas de système antirenversement. Par souci de sécurité, l’éleveur n’attrape pas les bottes de paille au-delà de 4 mètres de haut. « Malheureusement, l’engin de manutention agricole universel n’existe pas, conclut Daniel Froger. Pour choisir votre appareil de manutention, définissez quelle est votre priorité (lever, pousser, tracter, manoeuvrer…) et vos conditions de travail (lieu, exiguïté, nature du sol…). Ensuite, on s’adapte aux autres tâches. »


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