Réussir Aviculture 19 mai 2008 à 11h11 | Par P. Le Douarin

Maintenir les surfaces en volailles de chair - Les entreprises aident les éleveurs à réinvestir

Pour stopper l’hémorragie des éleveurs de volailles de chair et des surfaces, les entreprises et les groupements annoncent tour à tour leurs aides et leurs plans de relance.

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Poulailler hors-service en Centre Bretagne
Si le métier d'aviculteur semble sans avenir pour les jeunes générations les friches avicoles se développeront
Poulailler hors-service en Centre Bretagne Si le métier d'aviculteur semble sans avenir pour les jeunes générations les friches avicoles se développeront - © A. Puybasset

Depuis des mois, tout le monde savait que le maillon élevage se déliterait encore si rien n’était fait pour revaloriser les marges ou pour aider à réinvestir dans les poulaillers.Nous en avions fait le thème du dossier du mois d’avril 2007: « Productions avicoles cherchent éleveurs ». À l’époque, le tour de table des opérateurs nous avait laissé sur notre faim. Rares étaient ceux qui avaient du concret à proposer. Nous sortions à peine de la crise de la grippe aviaire qui avait masqué une situation déjà en déséquilibre en 2005. Aujourd’hui, le contexte a changé et il y a urgence. L’année 2007 a marqué un retour à la normale, avec des difficultés à s’approvisionner, notamment en dinde et en canard. « Grâce » à un été pourri, le poulet n’a pas manqué. Cette année, les outils d’abattage risquent de manquer de vif, sauf si la consommation recule. Déjà plusieurs entreprises, Doux et Glon Sanders notamment, ont annoncé qu’elles donneront des primes pour les poulets sortis en juillet et août.

DEUX URGENCES À TRAITER TOUT DE SUITE

À force de tergiverser, les difficultés s’accumulent et toutes les solutions doivent être apportées en même temps. Deux chantiers n’attendront pas : faire en sorte que les cessations d’activité se ralentissent et que les éleveurs en place reprennent des sites arrêtés ou que de jeunes éleveurs s’y installent. Concrètement, la guerre des surfaces est déjà déclarée.C’est presque à qui brandira la prime la plus alléchante pour débaucher un éleveur. Cette méthode commerciale, que tous n’appliquent pas, est « discutable », dans la mesure où les éleveurs peuvent se demander comment l’intégrateur va récupérer ultérieurement ses « billes ». Ils préfèreraient des contrats plus rémunérateurs. Ayant une vision à plus long terme, des entreprises proposent depuis plus ou moins longtemps des dispositifs financiers, comme l’indique le tableau ci-contre (Arrivé-Ciab, Coopagri Bretagne,Gastronome Val’iance, Glon Sanders Gaévol, Le Gouessant, Unicopa-Univol). En général, ces aides sont prodiguées sous la forme d’une prise en charge du taux d’intérêt, ou d’une avance de trésorerie.

DES AIDES PUBLIQUES COMME CATALYSEUR

Une seconde vague d’entreprises et de groupements, et non des moindres, se manifestent cette année. Les éleveurs n’auraient pas compris qu’elles ne fassent aucun effort, en plus des revalorisations de contrats accordées bien tardivement et au prix d’âpres négociations. Hormis le groupe Doux et la coopérative Agrial qui ont opté pour une prime à la tonne de vif sorti sur cinq ou six ans, les annonces sont assez classiques : avance de trésorerie ou prise en charge d’une partie des travaux (avec plafonnement). À chacun de comparer ces offres. Elles viendront à point nommé pour combler les aides à géométrie variable des collectivités territoriales (départements, régions) et de l’État.Dans le cadre des Contrats de plan 2007-2013, l’enveloppe de l’État est au maximum de 6 000 euros par dossier. Rien qu’en Pays de la Loire, 400 demandes ont été déposées en moins de deux mois,alors que 282 000 euros sont budgétés pour 2007 et moins pour 2008 (suite aux gels de crédits, le montant exact sera en baisse et notifié en mai). Autant dire que la plupart des dossiers n’auront rien. Néanmoins, ces aides symboliques annoncées ont été un catalyseur, à la fois pour les éleveurs et pour les entreprises. Pour être optimiste, disons que si les projets d’amélioration sont pertinents, le retour d’investissement sera rapide. Il est donc intéressant d’investir, même si l’aide est faible.

PRODUIRE AUTREMENT DEMAIN

Pour certains éleveurs, cette effervescence est une opportunité à saisir. Certes, le contenu des contrats (garanties, objectifs de marge…) et les aides pèseront fortement dans la décision, mais plus encore les marges réellement obtenues. Qu’ils n’oublient pas d’autres éléments : la solidité et la pérennité du partenaire, les engagements en matière d’intrants (poussins, aliments) et de respect des plannings, le dynamisme du service technique, la prise en compte des attentes sociétales. En 2010 — c’est demain — il faudra produire en tenant compte du bien-être des oiseaux: quelles solutions techniques sont proposées ? Plus tard, il faudra raisonner économie d’énergie, qualité de l’air, réduction des émissions de CO2, bilan carbone : ce partenaire y a-t-il réfléchi ? Que prévoit-il de faire ? Celui qui s’en sort est celui qui anticipe à temps les changements à venir, tout en conservant la réactivité dans un environnement où la volatilité et l’imprévu sont devenus le quotidien.

La démarche de rénovation de LDC a été largement exposée chez Martine et Jacques Amé (au centre) éleveurs à Neuvy en Dunois (Eure-et-Loir), par Bruno Mousset (à gauche) et Gérard Laurans (à droite)
La démarche de rénovation de LDC a été largement exposée chez Martine et Jacques Amé (au centre) éleveurs à Neuvy en Dunois (Eure-et-Loir), par Bruno Mousset (à gauche) et Gérard Laurans (à droite) - © P. Le Douarin

PLAN DE RELANCE 2008-2012

LDC s’implique fortement

Selon Bruno Mousset, de LDC Amont, le maillon élevage souffre de deux maux : du manque de surfaces disponibles et de sa perte de compétitivité dans un contexte d’intrants haussiers (énergie, aliments). Pour y remédier, le groupe propose un accompagnement financier et un accompagnement technique personnalisé, destinés à se compléter. L’aide de 20 % ou 30 % (avec un plafond variable selon la production) est destinée à redonner une impulsion vers l’amélioration des bâtiments, qui elle-même apportera de la compétitivité. D’ici 2012, LDC aimerait toucher 400000m2 (30% du parc partenaire) et faire construire 150000m2 (15 euros alloués par m2). Le dispositif prévoit un diagnostic préalable avec LDC Amont, et le choix d’un matériel référencé, sachant qu’existent plusieurs fournisseurs par équipement. Pour rester compétitif, le groupe va faire évoluer les techniques d’élevage (souches, gammes alimentaires, essais de poussinières de dinde, poulet lourd…) et améliorer la logistique (mécanisation du ramassage, respect des plannings).

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