Réussir Aviculture 18 juin 2007 à 15h29 | Par Armelle Puybasset

Lutte contre les poux - ByeMite, premier produit chimique autorisé en présence des poules

Bayer vient de lancer un nouveau produit pour lutter contre les poux rouges. La réussite du traitement ByeMite est liée à la méthode d´application et au matériel utilisé. Démonstration chez Marc Le Denmat, éleveur de poules pondeuses.

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Le pou rouge . Ce petit acarien presque invisible fait pourtant beaucoup parler de lui. Les dégâts qu´il peut causer - stress des animaux, chute de ponte, baisse de l´indice alimentaire, voire oeufs déclassés dans les cas d´infestation - font de lui l´une des problématiques majeures des élevages de poules pondeuses.
« Près de 80 % d´entre eux seraient concernés », estime Joël Bertin, vétérinaire à la coopérative Le Gouessant. « Des molécules biocides existent déjà, mais elles ne peuvent être utilisées qu´au moment du vide sanitaire. »
L´arrivée sur le terrain, dès ce mois de mai, du produit ByeMite, premier acaricide au monde autorisé en présence des poules, était donc attendue depuis longtemps. Commercialisé par le laboratoire Bayer, il se présente sous forme d´une émulsion concentrée contenant du phoxim, un composé organophosphoré, et fait l´objet d´une Autorisation de mise sur le marché (AMM).

Le traitement, réalisé dès l´apparition des premiers poux, consiste en deux applications à sept jours d´intervalle, réalisées par pulvérisation avec un appareil adapté. « Le phoxym est un insecticide de contact : les poux sont tués pendant l´application ou après avoir rampé sur les surfaces traitées, explique Jean Delaporte, de Bayer. Il tue les larves mais pas les oeufs, ce qui justifie la deuxième application. L´efficacité du produit est immédiate. Selon nos essais, plus de 98 % des poux sont éliminés après la deuxième application et l´efficacité du traitement persiste pendant près de six mois. »
L´application du produit ByeMite est réalisée en présence des animaux à l´aide d´un pulvérisateur adapté tel que l´appareil de la société Vich, équipé de rampes de buses verticales. ©A. Puybasset

Aller là où le pou se cache
L´efficacité ne tient pas uniquement à la molécule mais également au protocole d´application et au matériel utilisé. Toutes les parties fréquentées par les poux doivent être traitées : les bandes à oeufs, les agrafes et les supports correspondants, le dessous et l´arrière des mangeoires, le tapis convoyeur de fientes, la partie inférieure de la garde à oeuf, les montants des cages... « Le pou se nourrit du sang des poules durant la nuit. Pendant la journée, il se cache près de la poule sans toutefois trop s´en approcher car il en a peur. Tous les recoins doivent donc être ciblés. »
Par ailleurs, la pulvérisation d´un important volume d´eau conditionne l´efficacité du traitement. Les grappes de poux et les amas de poussière, d´aliment, doivent être suffisamment imbibées. L´application du produit doit se faire par une pulvérisation grossière pour bien mouiller la partie traitée en évitant la formation d´un brouillard. Pour faciliter l´application du produit, la pulvérisation peut être automatisée.
Chez Marc Le Denmat, éleveur à Pluméliau dans le Morbihan, le traitement est réalisé à l´aide d´un pulvérisateur équipé d´une pompe à pression (1).
Toutes les parties fréquentées par le pou rouge doivent être traitées : les bandes à oeufs, les agrafes et supports, l´arrière des mangeoires. ©A. Puybasset

Le mélange eau et produit est versé dans une citerne de 330 litres (1 litre de ByeMite dilué dans 250 litres d´eau permet de traiter 10 000 places de poules pondeuses). L´éleveur positionne la machine au début d´une rangée et la tire « d´un pas lent » jusqu´à l´autre extrémité de l´allée. Le volume de mélange pulvérisé doit être de 25 ml par place de poule.
« A chaque niveau de cages, correspondent deux buses : l´une orientée vers la mangeoire et le tapis d´oeufs, l´autre vers la cage », détaille Manuel Goncalves, de la société Vich. La machine s´adapte à tout type de cages : l´écartement des deux rampes et des buses est réglable. Les rampes se déplient en trois parties avec une hauteur maximale de 3,8 mètres (pour les batteries de 3 à 7 étages). La vitesse de déplacement doit être bien maîtrisée : environ 10 mètres par minute. « Au lieu de passer une demi-journée pour traiter mon bâtiment de 32 000 places avec une lance classique, une heure suffit désormais, se réjouit l´éleveur. Grâce à ses grandes roues, le pulvérisateur est également très maniable. »
Le délai de retrait pour les oeufs est de 0 jour. Par contre, les oeufs pondus au cours du traitement doivent être éliminés. ©A. Puybasset

Pas de délai de retrait
Les mesures de protection prises par l´éleveur sont les mêmes que pour n´importe quel traitement chimique par pulvérisation, c´est-à-dire le port d´un masque respiratoire complet protégeant les yeux, le port d´une combinaison étanche aux aérosols et de gants en nitrile. « Lors du traitement, l´éleveur tire la machine, ce qui limite les contacts avec le produit », précise Manuel Goncalves.
Il n´y a pas de délai de retrait pour les oeufs (délai pour la viande de 25 jours). Avant le traitement, les oeufs sur les bandes doivent être retirés et les mangeoires vidées. Par ailleurs, les oeufs pondus pendant le traitement doivent être éliminés.
Lors de l´application du produit, l´éleveur doit se protéger avec un masque respiratoire, une combinaison étanche et des gants en nitrile. ©A. Puybasset

(1) ) Ce pulvérisateur équipé de deux rampes de buses verticales est commercialisé par la société Vich au prix de 3800 à 3900 euros.

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