Réussir Aviculture 16 août 2007 à 15h30 | Par Propos recueillis par Armelle Puybasset

Loïc Thomas - « La revalorisation du marché est indispensable au maintien de la filière oeuf »

Troisième fournisseur d´oeufs coquille en GMS, le groupe Aviculteurs Associés déplore la baisse des tarifs du début d´année 2007 négociés auprès de la grande distribution.

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Quel regard portez-vous sur la politique de prix réalisée auprès de la grande distribution ?
Loïc Thomas - L´arrivée d´un nouvel opérateur en 2006 a généré une baisse catastrophique des prix de vente négociés auprès de la grande distribution. Du fait d´une forte pression commerciale, ils ont chuté de 15 % au 1er janvier 2007. De plus, la flambée du prix des céréales a augmenté les coûts de revient sur notre produit. La majeure partie de la filière est aujourd´hui dans le rouge. Les centres de conditionnement subissent de plein fouet cette pression sur les prix - certains ont déjà cessé leur activité - mais elle aura indéniablement des répercussions sur les producteurs. D´autre part, la hausse du prix des matières premières subie depuis plusieurs mois devra être inévitablement répercutée sur la production.
Peut-on espérer une remontée des prix négociés dans les mois qui viennent ?
L. T. - Tous les groupes commerciaux sont dans la même situation et subissent l´effet ciseau entre le coût de production et le prix de vente. Deux alternatives se dessinent : soit nous parvenons à revaloriser le marché et nous passons un cap, soit nous pouvons redouter la disparition d´une partie de la filière. En l´espace de vingt ans, nous sommes passés de deux opérateurs majeurs à cinq aujourd´hui. Des opérations de rachat et de fusion devront être réalisées dans un futur proche. Elles se feront de manière raisonnable ou dans la douleur si la profession ne parvenait pas à se concerter.
Quel impact va avoir l´évolution de la directive bien-être sur la production ?
L. T. - Le consommateur, relayé par le législateur, souhaite que nos poules pondeuses soient élevées dans de meilleures conditions de bien-être. Nous ne pouvons qu´aller dans ce sens et adapter nos élevages en conséquence. La mise aux normes va néanmoins générer des investissements colossaux : près de 600 millions d´euros pour l´ensemble de la filière. Tous les producteurs n´auront pas la capacité d´investir d´ici 2012, notamment les plus petits d´entre eux. Nous allons donc vers une érosion de la production, qui a déjà reculée de 2,9 %. A notre connaissance, 15 % des producteurs d´oeufs standard comptent arrêter leur production en 2012 et une proportion équivalente ne sait pas si elle investira dans de nouvelles cages. On peut donc s´attendre à une baisse de 30 % de la production si rien n´est fait. L´oeuf risque de devenir un « produit rare » et la filière pourrait connaître la même situation que celle rencontrée par la filière lait.
Vous venez de fêter les 20 ans de votre structure. Etes-vous optimiste pour les vingt prochaines ?
L. T. - Nous sommes heureux et satisfaits d´être sur un marché qui se développe à la fois en volume et en valeur et pour lequel l´offre est désormais en adéquation avec la demande. Nos producteurs et conditionneurs devront faire face à des investissements extrêmement lourds et à une augmentation de leurs charges (mises aux normes bien-être, prix des matières premières.). Beaucoup d´obstacles ont été franchis lors des vingt dernières années et les prochaines seront probablement très mouvementées. Nous restons néanmoins confiants dans les capacités du groupe à affronter ces nouvelles évolutions. Les ventes à notre marque progressent, grâce notamment à nos innovations produits et à notre communication. Notre volonté a toujours été de proposer des produits totalement innovants. « L´oeuf de nos villages » est aujourd´hui la seule marque généraliste qui couvre tous les segments du rayon oeufs (standard, label rouge, sol, plein-air, bio) et les oeufs alternatifs représentent 30 % de notre production. Nous sommes avant tout des éleveurs indépendants qui avons développé des centres de conditionnement pour commercialiser nos oeufs sous une marque commune. Nous ferons tout pour maintenir la filière et soutenir le maillon « producteurs ».

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