Réussir Aviculture 06 juillet 2018 à 14h00 | Par La rédaction

Les Fermiers de l’Orléanais recrutent à nouveau

Fer de lance des volailles régionales plein air, la Coopérative agricole des fermiers de l’Orléanais (Cafo) relance son développement avec Ronsard qui manque de poulets label rouge.

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Christophe Huchet, président de l’ODG avec Jean-Yves Limier, animateur qualité. « Dans un contexte végétal très morose, la volaille attire et pousse ceux en place à s’agrandir. »
Christophe Huchet, président de l’ODG avec Jean-Yves Limier, animateur qualité. « Dans un contexte végétal très morose, la volaille attire et pousse ceux en place à s’agrandir. » - © P. Le Douarin

La région Centre-Val de Loire compte neuf indications géographiques protégées plus ou moins fortement implantées sur son territoire (1). Des neuf, c’est l’IGP des volailles de l’Orléanais la plus emblématique et la plus importante. Il s’agit essentiellement de poulet label rouge cou nu et blanc de 81 jours. Son produit de prestige est le poulet blanc « Authentique » à pattes bleues de plus de 100 jours (GMQ inférieur à 25 g) produit par la Coopérative agricole des fermiers de l’Orléanais (Cafo), l’opérateur historique. C’est moins de 10 % du planning de Cafo qui est de l’ordre de 60 000 têtes par semaine (environ 3 millions de têtes par an). Ces volailles sont produites essentiellement dans trois départements (Loir-et-Cher, Loiret, Eure-et-Loir) et les cantons extra-régionaux limitrophes. Ses clients abattoirs sont par volume décroissant : Ronsard Île-de-France dans l’Eure-et-Loir, Menard et Sergent dans le Loir-et-Cher, et Laguillaumie dans l’Yonne. Ronsard pèse aujourd’hui 75 % du débouché et commercialise sur la région parisienne. Les autres sociétés ont plutôt une clientèle locale de bouchers charcutiers (petit conditionnement, livraison à la demande), mais dont les volumes augmentent peu ou pas. Ou spécifique comme Laguillaumie orienté sur le halal.

Ronsard porte la croissance

Arrivé à la direction de Ronsard voici trois ans, Jean-Yves Patry annonce une progression des volumes de 5 à 10 % par an. « Avec 7 500 t de vif en 2017, nous sommes un outil de taille intermédiaire et nous commercialisons principalement en région parisienne, ainsi qu’en national. Nous visons une valorisation optimale de toutes nos pièces plutôt que le volume. » Ronsard Île-de-France abat en moyenne 45 000 poulets label rouge du Syndicat de volailles de l’Orléanais et 25 000 poulets de type certifié (de 1,9 à 2,7 kg de poids vif). « C’est majoritairement du poulet blanc de 81 jours, le premium de plus de 100 jours (sous marque l’Authentique) étant plus confidentiel avec cependant un tiers exporté. » Ronsard réalise la découpe sur obus sur environ 10 % des poulets. Par manque de surfaces d’élevage, Ronsard limite ses commandes de volailles festives (chapons et dindes label rouge) à environ 40 000 pièces, d’autant que ce marché est chaque année l’objet d’une guerre des prix. Pour l’instant, l’abattoir ne s’est pas positionné sur le bio, faute de production locale. " Nous y viendrons dès que des producteurs pourront nous fournir, car c’est une demande des clients." Toutefois, la priorité reste le label. « Augmenter nos volumes de 3 à 4 % par an en label rouge est l’un de nos objectifs. »

Plan ambitieux de relance des investissements

Pour répondre aux abatteurs, la coop a réduit les vides sanitaires et certains plannings, mais c’est encore insuffisant. Elle fournit de l’ordre de 6 000 tonnes de vif avec 264 bâtiments et 105 éleveurs, quand ils étaient plus de 150 dans les années 2000. « Nous avons eu le tort de ne pas inciter à construire en permanence une quinzaine de bâtiments par an », analyse Christophe Huchet, éleveur et président du Syndicat des volailles de l’Orléanais, l’organisme de gestion. Les éleveurs vieillissent, avec une moyenne d’âge de 51 ans, mais de 65 ans dans un département. Pour ralentir la chute des surfaces, et même inverser la tendance, la filière de l’Orléanais délivre des aides très incitatives. Depuis 2014, chaque poulailler neuf bénéficie d’une aide de 13 000 euros (32,50 €/m2) et de 5 500 euros pour une rénovation. « On a presque quatre bâtiments pour le prix de trois », souligne Jean-Yves Limier, l’animateur qualité. À cela s’ajoutent les aides des collectivités (Capex et PCAE). Avec 41 bâtiments construits à fin 2018, l’objectif des 40 en quatre ans (2014-2017) sera presque atteint, mais 26 ont été arrêtés. Pour Christophe Huchet le moment est propice. « Chez moi qui ai 120 ha de SAU, les trois bâtiments des années 70-80 font 50 % du revenu. Dans un contexte végétal très morose, la volaille attire et pousse ceux en place à s’agrandir. Un céréalier motivé peut devenir un bon éleveur, car on ne naît pas éleveur, on le devient. Et en général, les nouveaux bâtissent deux bâtiments. » Avec cette nouvelle dynamique, Blandine Terrier, la présidente de la Cafo, espère voir émerger la jeune génération et songe à son remplacement. « Nous avons aussi lancé le recrutement d’un directeur ou directrice. Avec l’objectif des 150 éleveurs, nous cherchons celle ou celui qui nous aidera à construire la coopérative des années 2030-2035. »

- © DR

Carte d'identité

La filière de l’Orléanais est pilotée par l’organisme de gestion Syndicat des volailles de l’Orléanais, qui réunit cinq accouveurs extra-régionaux (sauf Galor en pintade), cinq fournisseurs d’aliment (les régionaux Axéréal et Sanders Clémont, puis Richard et Agrial en Sarthe, Soréal dans l’Yonne), trois organisations de production (Cafo, Richard aliments, Axéréal) et quatre abattoirs. Elle détient onze cahiers des charges label rouge fermiers : poulet blanc, blanc à pattes bleues, jaune, noir (arrêté), pintade, dinde de Noël, chapon, chapon à pattes bleues de l’Orléanais, poularde et poularde à pattes bleues de l’Orléanais.

Blandine Terrier : « La sortie de nos difficultés par le haut nous a montré qu’ensemble les éleveurs ont une force capable de déplacer des montagnes. »
Blandine Terrier : « La sortie de nos difficultés par le haut nous a montré qu’ensemble les éleveurs ont une force capable de déplacer des montagnes. » - © P. Le Douarin

La Cafo a passé la crise

Dans les années 2000, les volumes de volailles fermières atteignaient ou dépassaient légèrement la barre des quatre millions de têtes mises en place. La Cafo disposait d’une assise financière et était gérée de manière prudente. Puis la stratégie a évolué après un changement de gouvernance. En 2008, le groupe Doux ferme son abattoir poulet du Châtelet dans le Cher. La Cafo s’intéresse au dossier, mais n’y va pas. En 2010, l’abattoir Gauthier du Loir-et-Cher, client de Cafo, est en grande difficulté après avoir fermé un site en 2009 (Volabel dans l’Indre-et-Loire). La coop le reprend seule, mais l’outil continue à perdre beaucoup d’argent. Gauthier est à nouveau mis en dépôt de bilan en 2011 et les éleveurs mettent la main au portefeuille pour éviter la faillite de la Cafo ou sa dilution dans une coop régionale. « Cet épisode très douloureux a permis de ressouder les liens entre nous et avec nos abatteurs, ainsi que de redonner un sens au mot coopérative », souligne Blandine Terrier, présidente depuis le départ de l’ancienne équipe. Celle-ci a été entièrement remplacée par des adhérents, enfants des fondateurs de la coop en 1967. Après la mise en place d’un plan de restructuration (réduction du personnel, externalisation de l’équipe technique…) les comptes se sont améliorés et les éleveurs touchent à nouveau des dividendes depuis 2015. Cet épisode s’est aussi soldé par le départ d’adhérents qui continuent à produire environ 15 % des volumes avec deux OP créées par Axéréal et par Richard Aliments.

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