Réussir Aviculture 24 août 2016 à 08h00 | Par Armelle Puybasset

La tendance est au bâtiment XXL

Les poulaillers de chair de 2 000 m2 et plus deviennent la norme dans certaines zones de production liées à des marchés spécifiques. Inspirés des modèles d'Europe du Nord, ils optimisent les coûts de construction et de fonctionnement.

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De gauche à droite : Dominique Lauwers, vétérinaire dans le Pas-de-Calais; Jean-Michel Régnier, éleveur dans la Somme; Philippe Brecq, technicien Aviplus.
De gauche à droite : Dominique Lauwers, vétérinaire dans le Pas-de-Calais; Jean-Michel Régnier, éleveur dans la Somme; Philippe Brecq, technicien Aviplus. - © A. Puybasset

« Le poulailler de chair de 2000 m2 va devenir la taille de référence, comme l'était le 1500 m2 il y a dix ans », prédit un constructeur. Pendant des décennies, la surface moyenne des constructions en dinde et poulet standard a plafonné entre 1000 et 1180 m2. L'enquête avicole du Grand Ouest montre bien l'envolée récente de la taille des outils. Elle atteint en moyenne 1 400 m2 pour les constructions depuis 2010. Tout laisse croire qu'elle atteindra au moins 1800 m2 dans les cinq prochaines années. « Une majorité des projets portent sur des surfaces de 1700 à 2400 m2 », confirment différents constructeurs et équipementiers. Augmenter la taille des bâtiments et des sites d'élevage compte parmi les solutions mises en avant par la filière standard pour retrouver de la compétitivité. Ces dimensions restent toutefois inférieures à celles de nos compétiteurs européens.

Pour les éleveurs qui ont investi, construire un 2000 m2 plutôt qu'un 1500 m2 permet de compresser les coûts sur certains postes et d'investir plus sur d'autres (sol bétonné, automatismes, lumière naturelle...) afin de gagner en performances à tous niveaux : techniques, thermiques, conditions de travail, maîtrise sanitaire, impact environnemental et bien-être animal.

L'allongement des bâtiments est limité par la longueur des chaînes d'alimentation (120 mètres au maximum). Pour une meilleure intégration paysagère, l'agrandissement se fait surtout par la largeur. Cela a été facilité par le développement de nouvelles techniques de ventilation, alternatives à la ventilation monolatérale qui ne convient plus au-delà de 17 mètres. « Avec une extraction bilatérale progressive complétée par une ventilation longitudinale, on ventile des bâtiments jusqu'à 24-25 mètres de large », explique Yannick Le Corre, de Tuffigo-Rapidex.

Le développement des grands bâtiments s'est d'abord fait en zones frontalières, notamment chez Aviplus ou Sanders Nord-Est, incités par leurs débouchés allemands et belges. Il s'étend désormais dans le Grand Ouest, en particulier chez Doux pour la production de poulets exports ou au sein de Sanders Bretagne, pour fournir les outils spécialisés de LDC (Boscher) orientés sur des marchés intérieurs pris par les importations.

Une taille en cohérence avec celle des abattoirs

Les bâtiments XXL ne font toutefois pas l'unanimité. Il faut que leur taille soit adaptée à celle des abattoirs. Ce n'est pas le cas dans des zones de production avec des outils d'abattage de taille moyenne et multiespèces. Pour les organisations de production qui jouent la carte de la polyvalence, les constructions plafonnent à 1700-1800 m2, ce qui reste grand. Les bâtiments de 2000 m2 permettent de réduire les charges fixes et d'optimiser la main-d'oeuvre mais avec une ventilation plus complexe, ils nécessitent davantage de vigilance. Tout le monde n'a pas non plus la capacité économique de le faire. Avec un coût moyen de 250 euros du m2, la somme à débourser atteint 500 000 à 600 000 euros. Les grands bâtiments sont souvent réservés aux éleveurs expérimentés. La marche à franchir pour un éleveur qui veut s'installer avec du neuf n'en est que plus haute.

L'agrandissement des poulaillers se fera jusqu'à une certaine limite, à définir, et qui devra tenir compte des attentes sociétales.

- © Infographie Réussir

Une économie sur la coque jusqu'à 20 mètres

Elargir le bâtiment permet de réaliser des économies d'échelle sur la coque et les équipements intérieurs, mais jusqu'à une certaine limite. Avec son offre de bâtiments clés en main, le constructeur Sérupa a comparé les coûts au m2 du poulailler Arizona à extraction haute avec pignon (soubassement + coque + équipement) selon sa largeur et pour 100 mètres de long. Le prix au mètre carré diminue entre 1 500 et 2000 m2 (économie sur la coque et les équipements). « Au-delà de 20 m de large, il faut renforcer la charpente. Le coût augmente malgré l'économie sur les parts fixes, précise Loïc Rio, de Sérupa. Le Colorado de 1 500 m2 reste le plus économique. »

- © A. Puybasset

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