Réussir Aviculture 14 décembre 2016 à 08h00 | Par Armelle Puybasset

La France relève le niveau de risque influenza aviaire

Une vague de foyers H5N8 hautement pathogènes plane sur l'Europe. Pour limiter les contacts avec les oiseaux sauvages et le risque de diffusion du virus IAHP H5N8, plusieurs États membres, dont la France, ont mis en place des mesures de confinement.

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Les oiseaux migrateurs sont particulièrement touchés par les cas de IAHP H5N8 dont les canards fuligules morillons.
Les oiseaux migrateurs sont particulièrement touchés par les cas de IAHP H5N8 dont les canards fuligules morillons. - © Gérard Deloison

Le 17 novembre 2016, la tension au sein de la filière, qui se remet à peine de l’épizootie de l’hiver dernier dans le Sud-Ouest, est montée d’un cran. En se basant sur un avis de l’Anses, le ministère de l’Agriculture a relevé le seuil de risque vis-à-vis de l’influenza aviaire en passant du niveau négligeable à modéré. Dans les zones humides qui concentrent l’avifaune et où les oiseaux migrateurs sont plus susceptibles de s’arrêter, le risque est désormais qualifié d’élevé. L’arrêté fait suite à la flambée de nouveaux cas de virus H5N8 hautement pathogènes (HP) dans plusieurs États membres. Cette épizootie n’a pas de lien avec celle du Sud-Ouest, où d’autres sous-types HP avaient été détectés dans des élevages (H5N1, H5N2, H5N9). Cette fois-ci, les cas de H5N8 touchent plus particulièrement les oiseaux migrateurs (canards fuligules, cygnes tuberculés…). Ils ont fortement augmenté ces dernières semaines, en plein pic migratoire. Entre le 10 et 22 novembre, le nombre de foyers est passé de 5 à 76 dans l’avifaune et de 1 à 18 pour les volailles domestiques. Huit pays (1) étaient concernés au 22 novembre dont la Suisse qui a rapporté des cas sur des oiseaux migrateurs près des lacs Léman et de Constance, aux portes de la France.

Un virus connu d’origine asiatique

Dans les élevages domestiques (notamment en Hongrie et dans des basses-cours allemandes), les espèces touchées sont la poule, la dinde mais aussi les palmipèdes (canard, oie), avec des taux de mortalité importants. Le séquençage du virus a montré que ses huit segments étaient d’origine aviaire, signifiant qu’il n’y avait pas d’affinité accrue du virus pour l’homme. Selon la plateforme de veille sanitaire ESA, ce virus IAHP H5N8 a été isolé pour la première fois en 2010 en Chine et s’est dispersé depuis 2014 en Asie, où il est devenu enzootique, ainsi qu’en Amérique du Nord (épizootie importante notamment en pondeuses) et en Europe (quelques foyers).

Plusieurs pays ont mis en place des mesures de confinement de leurs élevages plein air, à partir du 9 novembre : la Belgique, le Danemark, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Suisse ainsi que l’Allemagne. La Hongrie applique le confinement dans les zones infectées ainsi que des abattages préventifs 1 kilomètre autour des foyers.

Une épée de Damoclès au-dessus de la France

En France, un plan renforcé de surveillance active de la faune sauvage sur l’ensemble du territoire a été déclenché le 10 novembre. L’objectif est de réagir le plus rapidement possible pour éradiquer un éventuel foyer. Les élevages de volailles plein air présents dans les zones à risque modéré doivent renforcer leurs mesures de biosécurité pour éviter toute introduction des virus. Pour les élevages en « zone écologique à risque particulier » (2), le confinement ou la pose de filets empêchant tout contact avec les oiseaux sauvages est désormais obligatoire. Une dérogation vétérinaire est possible, telle que précisée dans l’arrêté du 16 mars 2016. Les élevages non commerciaux (basses-cours) sont également concernés. Le Synalaf a demandé une dérogation à l’Inao pour que les volailles sous label rouge restent labellisables. Les autres élevages (plein air en œufs, fermier élevé en plein air/liberté en volailles de chair, élevages bios) sont soumis à la réglementation européenne qui tolère douze semaines de confinement au maximum.

(1) La Croatie, le Danemark, la Suisse, la Pologne, l’Allemagne, la Hongrie, les Pays-Bas et l’Autriche.

(2) Voir la liste des communes concernées dans l’arrêté n°AGRG1633440A de la DGAL.

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