Réussir Aviculture 31 mai 2017 à 15h00 | Par P. Le Douarin

La filière foie gras fait ses comptes

Lundi 29 mai, l’interprofession du foie gras a profité du redémarrage de l’élevage des canards dans le sud-ouest pour faire le point sur les dossiers en cours.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Les mises en place de canetons ont repris depuis le 29 mai dans les quatre départements du sud-ouest fortement touchés par des foyers de H5N8 : Gers, Landes, Pyrénées-Atlantiques et Hautes-Pyrénées.
Les mises en place de canetons ont repris depuis le 29 mai dans les quatre départements du sud-ouest fortement touchés par des foyers de H5N8 : Gers, Landes, Pyrénées-Atlantiques et Hautes-Pyrénées. - © P. Le Douarin

Les élevages de plus de mille communes du sud-ouest mises réglementairement sous vide d’animaux pendant au moins un mois et demi peuvent repartir depuis le lundi 29 mai, sous certaines conditions. Pour les exploitations ayant été touchées par les virus influenza, la reprise nécessite la levée de l’arrêté préfectoral (APDI) après la procédure de décontamination et les contrôles. Quant à ceux n’ayant pas été touchés, ils devront : informer la DDCSPP 8 jours avant la réception des oiseaux, s’engager sur l’honneur à respecter la biosécurité, déclarer le lot à la base de données avicoles (bdavicole.org). De plus, les animaux seront soumis à des analyses avant leur mouvement.

Les abattages et fabrications pourront reprendre seulement à partir de fin août.

A partir du mois de juin, les DDCSPP vont commencer à réaliser des contrôles de biosécurité dans un maximum d’élevages afin de minimiser les risques de survenue d’une troisième épizootie.

Selon le Cifog, l’influenza n’a pas eu d’impact sur la consommation française de foie gras. Dans une enquête CSA réalisée début mai, 92% des français se disent prêts à en consommer et 76 % d’entre eux ont même augmenté leur consommation en 2016.

La filière foie gras est soulagée que la seconde épizootie que la production puisse redémarrer, mais tout n’est pas réglé.

L’offre de foie gras aux consommateurs va mécaniquement baisser pour la saison 2017-2018, d’autant que les autres pays fournisseurs (Hongrie et surtout Bulgarie) ont eux aussi été durement touchés (contrairement à 2016).

Selon le Cifog, la production de canards gras devrait atteindre 22 à 23 millions de têtes cette année, contre 29 millions en 2016 et 37 millions en 2015. Cette baisse supérieure s’explique par un plus grand nombre de canards euthanasiés durant l’épizootie ou abattus préventivement (respectivement 1,9 et 2,6 millions), auxquels s’ajoutent 7,5 millions de canetons non mis en place durant l’épizootie et le vide sanitaire.

Les quatre départements concernés par le vide sanitaire représentent 52 % du potentiel de production. Deux incertitudes demeurent encore : la disponibilité réelle en canetons (avec 30 % de reproducteurs en moins) et la baisse des volumes due aux arrêts de producteurs ou aux réductions volontaires pour ceux poursuivant leur activité.

Les pertes financières de l’épizzotie H5N8 dépasseront les 350 millions pour la filière, contre 270 millions pour la précédente épizootie H5N1.

Les indemnisations tardent à arriver chez les éleveurs, que ce soit pour solder l’épizootie H5N1 ou pour les avances de l’épizootie H5N8 :

-Pour l’épizootie 2015/2016, l’enveloppe globale est de 80 millions d’euros (dont 50% par l’Union européenne). Un peu moins de 800 dossiers ont été déposés et moins de 200 restaient en attente d’arbitrage en mai. Les paiements devraient intervenir en juin.

Le Cifog déplore que l’aide à la production des entreprises de transformation ne soit toujours pas en place.

-Pour l’épizootie 2016/2017, la grande majorité des foyers de la seconde épizootie a déjà reçu une avance de 70 ou 75% de la valeur marchande, alors que les dossiers concernant l’indemnisation de l’abattage préventif sont instruits mais pas tous réglés financièrement.

Concernant les pertes économiques des éleveurs de volailles (Gallus et palmipèdes) non touchés mais empêchés de produire, le dépôt des demandes d’indemnisation a été repoussé au 9 juin. Ils toucheront une avance égale à 50 % du forfait établi par catégorie. Le Cifog demande de verser ces premières avances sans attendre la date butoir du 9 juin.

De plus, aucun dispositif spécifique n’est prévu pour compenser les pertes des entreprises de transformation impactée par la seconde vague.

Les nouvelles règles de production et d’organisation du fonctionnement de la filière gras restent à mettre en place.

Pour l’instant, la seule décision supplémentaire concrètement prise par rapport à l’arrêté biosécurité du 8 février 2016, concerne le confinement des palmipèdes gras en période de risque élevé. Et cela pour les exploitations de plus de 3200 oiseaux.

Il reste à trancher d’autres points :

- la conduite en bande unique pour les élevages non autarciques : le Cifog souhaite que cette disposition soit obligatoire à partir de septembre 2018 moyennant des adaptations (circuits courts, label rouge…). Tout nouvel élevage appliquerait immédiatement la bande unique ;

- l’application de durées de vides sanitaires obligatoires (absence totale d’animaux) : 14 jours en bâtiment élevage et 42 jours sur le parcours, 48 heures en salle de gavage et 14 jours consécutifs dans l’année ;

- la mise en place d’un système d’alerte sanitaire géré par les vétérinaires sous l’autorité de l’Etat : son préalable est la déclaration de toutes les mises en place d’oiseaux à une seule base de données avicole ;

- la sécurisation des étapes de transport ;

- la professionnalisation des intervenants extérieurs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir Aviculture se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Question du mois

Pourrait-on ouvrir le capital des élevages pour permettre d’investir ?

Répondez à la question