Réussir Aviculture 15 juin 2007 à 14h34 | Par Armelle Puybasset

Itavi - Un lien entre la profession et la recherche fondamentale

L´Institut technique de l´aviculture travaille en collaboration étroite avec les organismes de recherche et de développement. Il s´oriente vers une approche de plus en plus thématique.

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Association loi 1901, l´Itavi a été créé voilà bientôt 40 ans (en 1968) par les responsables de la Confédération française de l´aviculture (CFA), qui regroupait à l´époque les producteurs ainsi que les accouveurs. L´objectif initial de cet institut était de disposer d´un outil indépendant en mesure de fournir des références techniques et économiques, d´améliorer la compétitivité et la qualité des produits. Puis au fil des années se sont ajoutées de nouvelles thématiques : le bien-être animal, l´environnement et la sécurité alimentaire. L´institut avicole s´est étendu à d´autres espèces, au lapin, à la pisciculture puis aux productions de diversification : le gibier, les ratites ou encore l´escargot. Cela dit, les productions avicoles (volailles de chair, oeufs de consommation et palmipèdes à foie gras) restent de loin majoritaires dans l´activité de l´Itavi (80 à 85 %).
« L´Itavi est un organisme national, unique, avec une compétence verticale, de filière, explique Jean Champagne, directeur-adjoint de l´Itavi. Il est chargé de mener des actions de recherche appliquée et de faire le lien entre la profession et la recherche fondamentale. Et ceci dans les deux sens : faire remonter les besoins de l´amont auprès des scientifiques et contribuer à la validation, à la transposition et à la diffusion des travaux de la recherche auprès des professionnels. »
Les moyens humains et matériels de l´Itavi sont limités (38 à 42 salariés, selon les budgets annuels, dont les trois quarts sont des ingénieurs ou des techniciens ; une seule station expérimentale cunicole à Rambouillet), ce qui l´oblige depuis toujours à développer des partenariats avec d´autres organismes de recherche. C´est le cas avec l´Afssa de Ploufragan, depuis 1994 (qui par ailleurs héberge l´Antenne Ouest de l´Itavi), avec le centre régional Inra de Tours-Nouzilly (convention depuis 2001, antenne technique Itavi depuis 2004), avec l´unité expérimentale Inra d´Artiguère depuis 2006, et de façon plus ou moins formelle avec les chambres d´agriculture, les lycées agricoles, les structures d´enseignement supérieur.
A l´avenir, le partenariat avec ces différents organismes va prendre une dimension encore plus importante. En effet, depuis le 15 septembre 2006 un décret(1) définit ce qu´est un institut technique.
Gérard Amand et Dylan Chevalier de l´Itavi, découvrant CalorSTA. Ce logiciel, permettant de calculer les besoins en brumisation, est un exemple de partenariat Inra-Itavi. ©P. Le Douarin

L´Itavi doit être un institut « qualifié »
Désormais pour continuer à percevoir des fonds pour les travaux de recherche, il faut obtenir une qualification en tant qu´institut technique (l´Itavi va la recevoir très prochainement) auprès de la Direction générale de l´enseignement et de la recherche (DGER). Il faut aussi intégrer des réseaux d´organismes de recherche-développement. « L´objectif de ce décret est d´avoir une meilleure cohérence dans le dispositif de recherche-développement, afin que chacun des organismes ait une fonction bien définie, complémentaire de celle des autres (et d´éviter les trous). » Il est aussi nécessaire de développer des synergies, de mettre en commun des moyens humains et matériels et de mieux valoriser les connaissances. Cela se concrétise par la mise en place de deux nouveaux dispositifs : l´Unité mixte technologique (UMT) qui doit regrouper au moins un institut technique et un organisme de recherche publique ou un établissement d´enseignement supérieur. L´Itavi a déjà signé une UMT en 2006 avec l´Inra de Nouzilly, une autre est en projet avec l´Inra d´Artiguère pour les palmipèdes à foie gras.
Vers des approches interespèces
Le second dispositif se nomme Réseau mixte technologique (RMT). Chaque RMT doit être constitué d´au moins trois instituts techniques ou chambres d´agriculture ainsi que d´un établissement d´enseignement ou d´un organisme de recherche. Les projets de RMT devaient être déposés avant le 27 avril. L´Itavi s´est proposé comme animateur d´un RMT ciblé sur le bien-être animal. L´Ifip, l´institut technique du porc, s´est positionné sur l´environnement, et l´Itavi en sera partenaire. « Nous allons de plus en plus évoluer vers une approche thématique et de recherche appliquée et moins vers une approche espèce par espèce », résume Jean Champagne. En plus des grandes thématiques que sont le bien-être, l´environnement, la sécurité alimentaire et sanitaire qui continueront à être traitées, l´Itavi se focalisera encore plus sur la connaissance et l´anticipation des marchés : quelles seront les conséquences de l´évolution des marchés intérieurs ou de l´export sur les productions françaises, sur la compétitivité des éleveurs, sur leurs conditions de travail, leur bien-être, les systèmes d´élevage.
Par ailleurs, l´activité de l´Itavi ne se limite pas à une dimension nationale et dépasse les frontières. L´institut technique participe à des programmes européens. C´est le cas du PoultryFlorGut, qui regroupe 10 pays et qui vise à caractériser la flore digestive du poulet de chair, et pour lequel l´Itavi a réalisé une enquête épidémiologique sur le terrain (la seule du programme). Ou encore du programme Welfare Quality, sur le bien-être animal, pour lequel l´Itavi a mené une enquête auprès d´une soixantaine d´éleveurs sur leur perception du bien-être animal.

(1) : Décret nº 2006-1154 du 15 septembre 2006.

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