Réussir Aviculture 10 mai 2007 à 11h25 | Par Pascal Le Douarin

Installation - Productions avicoles cherchent éleveurs

La production de volailles de chair traverse une crise des vocations, palpable à travers le faible nombre d´installations. Tôt ou tard, un renouvellement des éleveurs sera nécessaire.

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En sept années, le Morbihan a vécu une hémorragie en perdant « peut être » - les statistiques fiables manquent - 800 000 m2 de superficie, c´est-à-dire le tiers de son parc de volailles de chair. En 2000, ce parc était estimé à 2,4 millions de mètres carrés. En 2003-2004, il subit une grande lessive d´environ 500 000 m2 (150 000 m2 d´aides à la cessation et 350 000 m2 arrêtés sans aides). Depuis 2005, ce seraient environ 50 000 m2 qui disparaîtraient chaque année, avec ou sans aide à la cessation.
L´exemple morbihannais n´est, hélas, pas un cas isolé. L´érosion touche tous les bassins de production et tous les types de production. Elle touche plus fortement les bassins les moins compétitifs.

Va t-on manquer d´éleveurs et de superficies d´élevages dans les prochaines années ?
Les « petits bassins » n´acceptent pas tous cet état de fait et réagissent, comme dans le Gers. Mais pour d´autres, il est peut-être déjà trop tard, comme si un point de non-retour avait été dépassé. Par manque d´élevages compétitifs, les opérateurs cessent de faire produire sur place, pour importer d´autres régions plus performantes, ou bien ils se posent la question d´une fermeture pure et simple de leurs outils industriels.
Le cas de la dinde est symptomatique. Elle a cessé dans le Sud-Ouest, recule dans le Sud-Est, et tout récemment le Nord a perdu son dernier grand abattoir spécialisé. De ce fait, les éleveurs performants se trouvent dans des situations périlleuses.
Va t-on manquer d´éleveurs et de superficies d´élevages dans les prochaines années ? Cette question sera au coeur des préoccupations à venir. Sans éleveurs, pas d´élevages et pas de production. Et sans production, pas d´usines d´aliment, ni de couvoirs, ni d´abattoirs à faire tourner.

1 bâtiment = 5 emplois
On estime qu´à un bâtiment standard de 1000 m2 sont attachés cinq emplois en amont ou en aval. Pour l´instant nous n´en sommes pas là, jugent bon nombre d´opérateurs. Ils insistent plus sur la nécessité de maintenir le niveau technique du parc actuel que sur celle de créer de nouvelles structures d´élevages. Une stratégie renforcée par le manque de candidats. Au plan national, les représentants de l´aval semblent plus préoccupés par le manque de main-d´oeuvre dans leurs usines que par l´éventualité d´un manque de surface. Vendant moins, certains abattoirs s´accommodent d´une réduction « volontaire » des surfaces. Comme les cessations touchent en général les bâtiments les moins performants, elles permettent globalement de regagner de la compétitivité, même si les éleveurs restants ne voient pas leur situation financière s´améliorer.
Le secteur avicole vit la même évolution « naturelle » que d´autres secteurs : la « sélection » des plus compétitifs, qui paraît certes un peu dure mais qui est tacitement acceptée. La recherche de compétitivité passe souvent par la spécialisation et les économies d´échelle, donc par l´agrandissement des ateliers.

La transmission parents-enfants n´est pas systématique
Parmi les aviculteurs qui résistent, certains ont fait ce choix. Le modèle de production avicole à titre complémentaire qui fut prôné partout en France et pour presque toutes les productions a du plomb dans l´aile. Néanmoins, le dynamisme des éleveurs restants est l´arbre qui cache la forêt. Eux aussi vieillissent. Force est de constater que la transmission parents-enfants n´est pas systématique. Beaucoup devront passer la main en dehors du cadre familial. A condition de trouver des repreneurs. Plusieurs points de blocage vont devoir être levés pour les attirer et les convaincre. Le secteur avicole a mauvaise presse, même dans le milieu agricole. Si l´exploitation reprise n´est pas spécialisée, le repreneur sera t-il intéressé par l´atelier volaille ? S´il l´est, aura t-il les moyens financiers pour l´acquérir ? Les banques sont de moins en moins enclines à financer l´intégralité et exigent des garanties solides. Enfin, la volaille paie-t-elle son homme ? Il semblerait que non, d´après les représentants des éleveurs. Mais est-ce si sûr ? Cette rentabilité actuellement serrée pose la question du risque financier et du retour sur investissement. Pour lever ces freins, certains imaginent déjà des voies et agissent. Analyses, expériences et témoignages à lire dans Réussir Aviculture d´avril 2007 (nº125).

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