Réussir Aviculture 18 novembre 2004 à 17h18 | Par Pascal Le Douarin

Filières dinde et canard - LDC rachète les outils aval de la Cam

Avec le rachat intégral des outils industriels aval de la Coopérative des agriculteurs du Morbihan (Cam), effectif au 1er janvier 2005, le groupe LDC devient leader européen du canard et de la dinde.

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Le secret des négociations entamées depuis 9 mois entre la Cam et LDC avait été bien gardé. C´est par un communiqué LDC du 15 octobre tombé après la fermeture de la Bourse que la nouvelle a été rendue officielle. Dans l´après midi le conseil d´administration de la coop avait approuvé cette cession à l´unanimité. A la veille du Sial, cette nouvelle ne pouvait pas mieux tomber pour les deux entités présentes au salon, et qui y affichaient toute leur satisfaction.
Depuis des mois le groupe LDC ne faisait pas mystère de sa volonté de rachat d´entreprises ou de sites, à condition qu´ils lui apportent un avantage en terme de marques, de débouchés ou d´outils. De son côté la Cam cherchait un partenaire lui offrant une porte de sortie convenable. Malgré, ou bien à cause de sa spécialisation sur le marché du canard et de la dinde, elle perdait de la profitabilité. Les comptes étaient dans le rouge depuis 2001 avec une accentuation croissante. Pour 2004 le résultat d´exploitation devrait être négatif de 1,4 million d´euros.

Renforcement des pôles canard et dinde
C´est avant d´être en position plus difficile qu´Yves le Bolloc´h, directeur de Cam-Britex (Britex étant la société holding de la Cam), a contacté LDC, sans élaborer dit-il de plan B de substitution en cas d´échec des négociations. C´est dire s´il tenait à cet accord. « Les filières qui marchent sont celles qui comprennent peu d´intervenants. Dans la volaille nous sommes trop atomisés, d´où notre volonté de nous rapprocher de LDC qui par ailleurs est atypique et attractif. Nous voulions comprendre le système LDC et fonctionner avec eux, d´autant que nous avons la même culture d´entreprise », a expliqué le directeur de la Cam au Sial. Au quotidien, la Cam devrait conserver une autonomie commerciale. « Nous serons autonomes mais pas indépendants », précise Yvon Le Bolloc´h qui compte bien faire jouer les synergies industrielles.
Dans la corbeille, la Cam-Britex apporte six outils employant 1200 personnes, générant 170 millions d´euros de chiffre d´affaires (+13 % pour LDC) et utilisant près de 60 000 tonnes de production de vif (+25 % pour LDC).

La partie dinde, en quatrième ou cinquième position nationale, traite 85 000 dindes par semaine avec Celvia/Ceprovia (abattage et transformation à Saint-Jean Brevelay-56), BNI (Bretagne négoce international) et Bresdi (plate-forme de distribution et élaborés à Romenay-01).
La partie canard, nº 2 derrière LDC, abat, découpe et transforme 200 000 têtes par semaine chez Procanar (abattage de canard de Barbarie à Lauzach-56) et chez Celtys (abattage de 60 000 canards Pékin et produits élaborés à Plouay-56). Enfin le Chapon Bressan est spécialisé en volailles haut de gamme de Bresse (à Montrevel-01). Fin 2004, l´activité Britex devrait présenter 12 millions d´euros d´endettement pour 14,3 millions de fonds propres et 4,8 millions d´autofinancement. La reprise devrait être effective au 1er janvier 2005. LDC prévoit de redresser les comptes en 2 ou 3 années.

Pour LDC, ces outils et les marchés associés complètent la gamme existante et la renforce. Hormis le fait qu´en volume LDC devient nº 1 du canard et de la dinde avec 40 % et 25 % de parts de marché, le groupe renforce sa position dans la restauration hors foyer et l´industrie où la Cam réalisait 47 % de son CA, et à l´international (35 % du CA Cam-Britex). De plus LDC prend aussi position sur les produits surgelés aussi bien en GMS que dans les circuits spécialisés.
LDC ne compte pas s´arrêter en chemin, Denis Lambert arguant que son groupe ne détient que 25 % du marché domestique, bien loin des 40 % détenus en Allemagne et Italie par ses homologues.

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