Réussir Aviculture 05 janvier 2007 à 18h04 | Par Armelle Puybasset

Filière gras - Vers un modèle d´élevage de type « label » à la coopérative Val de Sèvre, en Vendée

L´épisode d´IA a provoqué une remise en cause du système de production du canard PAG. Pour s´adapter aux nouvelles contraintes sanitaires, Val de Sèvre a développé un nouveau type d´élevage inspiré du modèle de production des poulets label.

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Pour faire face au risque d´Influenza aviaire, la coopérative Val de Sèvre, basée à la Pommeraie-sur-Sèvre, a engagé depuis plusieurs mois une réflexion sur un nouveau modèle de production de canard prêt à gaver. En plus de mesures sanitaires renforcées, l´élevage « de demain » doit tenir compte des facteurs aggravants qui ont été soulignés par l´Afssa : l´implantation en zone humide, le rythme de rotation de l´élevage (plusieurs âges sur un même site) et les exploitations multi-espèces (risque de transmission à des espèces plus sensibles telles que le poulet ou la dinde). En ce qui concerne les zones humides, la position de Val de Sèvre est très claire. « Nous n´avons aujourd´hui plus un seul élevage en zone humide, » indique Philippe Gardin, responsable technique de la coopérative vendéenne. « Les rares élevages qui l´étaient lors de l´épisode d´influenza aviaire au printemps dernier ont pu être délocalisés (ou stoppés). Nous ne faisons plus de développement dans les zones humides que ce soit pour une création ou une reprise d´élevage. » Une décision qui peut s´avérer contraignante dans un contexte conjoncturel très favorable à la filière foie gras.
La coopérative recherche de nouveaux éleveurs pour augmenter sa production. La priorité sera donc donnée au développement dans des départements où la concentration d´élevages de canards est peu importante. C´est le cas de l´Indre ou de la Vienne. La zone de production va donc être étendue, au détriment, peut-être, des coûts de logistiques et de transport. « Mais l´aspect sanitaire passe avant. »
Sans remettre en cause l´accès au parcours, la coopérative Val de Sèvre compte améliorer la maîtrise sanitaire de ses élevages. ©P. Le Douarin

Bande unique en bâtiment « label »
Les nouveaux bâtiments seront conduits en bande unique selon un système proche des élevages de poulets label : les canards sont élevés dans un bâtiment fermé et ont accès à un parcours pendant la journée puis rentrent la nuit. « Nous ne voulons surtout pas remettre en cause l´accès au parcours, prévient Philippe Gardin. Ne serait-ce que pour des raisons techniques. L´élevage en claustration totale ne fonctionne pas ! Les mesures de confinement prises lors du printemps dernier l´ont encore démontré. Mais surtout, l´accès au parcours contribue fortement à l´image positive de l´élevage de canard gras et nous le défendrons `becs et ongles´. Pour le préserver encore longtemps, il faut dès à présent améliorer la maîtrise sanitaire de nos élevages. » Dans ce nouveau concept d´élevage, chaque lot est conduit en bande unique pendant douze semaines, ce qui correspond environ à quatre bandes par an soit 30 000 PAG produits chaque année.
« L´élevage de PAG est donc considéré comme une activité complémentaire pour un jeune agriculteur déjà installé, explique Philippe Gardin. Cela correspond à deux à trois heures de travail par jour avec un investissement de 120 000 ? pour une marge PA unitaire prévisionnelle de 1,60 ?. » Les premiers bâtiments de ce type verront le jour au cours du premier semestre 2007. En ce qui concerne les élevages déjà en place, les mêmes réflexions sont menées. Il faudra évoluer à terme vers des schémas de production semblables à ceux des nouveaux élevages, mais cela se fera progressivement.

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