Réussir Aviculture 19 janvier 2007 à 15h24 | Par Armelle Puybasset

Euralis Gastronomie, aux Herbiers - Un élevage adapté aux aléas climatiques et sanitaires

Euralis Gastronomie s´oriente vers un nouveau modèle de production de canards PAG : l´élevage en bâtiment avec un accès limité au parcours, notamment l´hiver.

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L´épisode d´influenza aviaire de ce début d´année a incité de nombreuses organisations de production à faire évoluer leur modèle d´élevage de canards prêts à gaver pour répondre aux nouvelles contraintes de biosécurité. C´est le cas de l´entreprise Euralis Gastronomie, aux Herbiers en Vendée. L´idée principale est de privilégier l´élevage des canards PAG en bâtiments, tout en laissant accès à un parcours, limité dans le temps et dans l´espace. « Notre objectif est double, explique Patrick Pageard, responsable production d´Euralis Gastronomie. En plus de la biosécurité, l´élevage en bâtiments permet d´améliorer le confort des animaux. Nous ne revenons pas sur l´accès à l´extérieur. Le plein air est un aspect fondamental de notre production. Nous souhaitons rester sur un système d´élevage extensif tout en s´affranchissant des conditions climatiques extrêmes telles que la neige, la pluie et les coups de chaleur. Leur impact sur le bien-être du canard n´est pas négligeable. » Depuis le printemps dernier, de nombreux élevages ont été réaménagés dans cette optique.
« Les éleveurs ont très vite compris les enjeux en termes de biosécurité et de maintien d´une production de qualité. Ils ont fait preuve d´une très forte réactivité et en particulier en zone humide. En période de risque d´épidémie d´IA, l´installation d´un filet sur toute la surface du parcours n´est vraiment pas envisageable. La solution idéale est de maintenir les canards à l´intérieur du bâtiment dans de bonnes conditions de confort. »
Sur les parcours, les abreuvoirs sont protégés par des filets. ©A. Puybasset

Des densités de parcours réduites
La configuration des élevages travaillant avec Euralis Gastronomie varie quelque peu selon les régions. Dans le Sud-Ouest, il s´agit surtout de bâtiments label du parc d´Euralis volailles qui ont été aménagés et de la création de nouveaux bâtiments. Les canards y sont élevés uniquement en hiver, le bâtiment ne sert qu´au démarrage lors des lots d´été. En Bretagne et en Pays de la Loire, en plus de bâtiments label, on trouve également des bâtiments de volailles standard reconvertis dans le prêt à gaver. La surface du parcours est réduite : environ 2,5 à 3 ha pour un bâtiment de 1000 m2 avec une densité de 7,5 canards/m2 de bâtiment. « Une densité de 3 à 4 m2 de parcours par canard est suffisante, du moment que le confort du bâtiment est optimal », estime P. Pageard. « Si les conditions climatiques sont mauvaises (pluie), on peut sans problème maintenir les animaux à l´intérieur. » Dans les zones de production en développement (Vendée notamment), de nouveaux bâtiments voient le jour. Ce sont des abris en tunnel de 400 à 600 m2, très aérés (ouvertures importantes sur les côtés). Ils donnent accès à un parcours à chaque extrémité, ce qui permet de réaliser une rotation à chaque lot.
Ce type de bâtiment est conduit en bande unique. « Nous nous orientons de plus en plus vers un système de production avec davantage de surface couverte et une conduite en bande unique : un bâtiment/un âge et ceci pour l´ensemble de nos élevages, » souligne Patrick Pageard.
Le réaménagement des bâtiments s´est associé à un renforcement des mesures sanitaires. Euralis Gastronomie a mis en place un guide de bonnes pratiques qui s´inspire de la charte sanitaire du Cifog. Les éleveurs sont encouragés à se mettre en conformité avec cette charte par un système de primes dans le cadre du contrat de progrès ou une aide aux investissements, que ce soit dans des bâtiments ou du matériel (sas, clôture, bac à équarrissage.). « Au début de l´année prochaine, tous les élevages en zone humide devront être conformes au guide de bonnes pratiques. »
Pour Patrick Pageard, l´évolution vers un système d´élevage en bâtiments et le renforcement des mesures sanitaires ne doivent pas être uniquement vues sous l´angle des contraintes réglementaires et de biosécurité. « Les gains qualitatif et technique observés (IC, état sanitaire) permettent un bon retour sur investissement. »

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