Réussir Aviculture 16 janvier 2009 à 09h35 | Par A. Puybasset

Equarrissage - Sécuriser les lieux de collecte

L’équarrisseur Sifdda a démarré en Bretagne une campagne de sensibilisation sur la sécurisation des points de collecte des cadavres sur l’exploitation.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Certes le conteneur repose sur une aire bétonnée, mais c’est celle du silo  d’aliment. Il y a risque de choc entre le grappin et le silo, et risque sanitaire avec un camion stationné au pied du poulailler.
Certes le conteneur repose sur une aire bétonnée, mais c’est celle du silo d’aliment. Il y a risque de choc entre le grappin et le silo, et risque sanitaire avec un camion stationné au pied du poulailler. - © Pascal Le Douarin

L’entreprise Sifdda, filiale de Saria Industries, est le leader national de l’équarrissage en France. Elle assure la collecte des cadavres d’animaux sur la moitié du territoire. Elle les traite dans quatre usines pour coproduits C1-C2, situées à Plouvara (Côtes-d’Armor), à Guer (Morbihan), à Benet (Vendée) et à Bayet (Allier). Avec l’évolution de la réglementation, elle a massivement investi dans la spécialisation de ses usines, ainsi que dans leur amélioration environnementale, notamment les différents traitements des odeurs et des liquides. Elle s’est aussi engagée dans une démarche d’amélioration de la sécurisation pour son parc de camions de ramassage. Néanmoins, « en 2007, 111 accidents ont été enregistrés sur les points de collecte », souligne Romain Guyon, le directeur du site de Plouvara. Son usine traite en moyenne 178 000 tonnes chaque année, dont environ 85 000 tonnes d’animaux morts en élevage et collectés dans une partie de la Bretagne. « Nous avons engagé nos chauffeurs dans une formation à la conduite et à la sécurité des manoeuvres sur site, mais il nous a semblé important de sensibiliser aussi les éleveurs sur ce que nous attendons en termes de sécurité sur le lieu de ramassage. »

DES RÈGLES DE BON SENS

D’où la réalisation d’une plaquette en partenariat avec l’Union des groupements de producteurs, mais aussi avec des intervenants intéressés par la prévention des risques, c’est-à-dire la MSA et les assurances Groupama. « Nous souhaiterions que le lieu d’évacuation des cadavres soit raisonné, tout comme la livraison des aliments et des autres intrants, pour assurer le bon fonctionnement de cette tache et en tenant compte des risques sanitaires. » Sur son exploitation, l’agriculteur est coresponsable de la sécurité. Il lui incombe de mettre en service un dispositif de sécurité pour l’ensemble des activités qui s’y déroulent. Et Romain Guyon de résumer sa pensée : « il s’agit en quelque sorte d’arriver à ‘normaliser’ les lieux de collecte. » Voici quelles sont les attentes de Sifdda. Afin d’éviter tout risque sanitaire, le lieu d’implantation spécifiquement dédié aux conteneurs devrait se trouver à une distance de sécurité par rapport à l’élevage, aux zones d’habitation et aux personnes extérieures à l’exploitation. Disposer son bac en bord de route fréquentée n’est pas recommandé puisque le risque d’accident est réel avec un camion garé sur le bas côté et avec un chauffeur manipulant un grappin de six mètres de portée. Sur un site idéalement dédié, le camion respecte le principe de la marche en avant, avec une entrée (visible de nuit) et une sortie différentes. Pour ne pas rendre la manoeuvre risquée, l’aire est stabilisée, dégagée d’obstacles tels qu’arbres, silos ou lignes électriques. Selon la Sifdda, il faut compter un rayon de 11 mètres de dégagement : 5 mètres plus les 6 mètres du bras articulé. Le lieu où repose le conteneur devrait être bétonné sur une surface suffisamment large pour faciliter le roulage et le nettoyage du conteneur. Un point d’eau est d’ailleurs conseillé pour assurer au moins un rinçage nettoyage après le départ du véhicule. « Pour ne pas perdre inutilement de temps, il est aussi important que nos chauffeurs manipulent des bacs entretenus et en bon état de marche », souligne le directeur de Plouvara.

BACS EN BON ÉTAT DE MARCHE

Tous ses camions sont munis de grappins, donc un palonnier, si possible plat, est indispensable. Le mécanisme qui déclenche le basculement du bac doit aussi fonctionner correctement. Sinon le chauffeur est obligé de prendre un appui sur la caisse du camion, avec le risque de déverser une partie des matières au sol. La corde doit aussi être assez longue et en bon état. Cette somme de détails facilite le travail du chauffeur. Pour les cadavres laissés à terre, la cloche de protection est grandement souhaitée plutôt qu’une bâche. Enfin, rappelle Romain Guyon, mettre une boîte aux lettres permet au chauffeur d’y déposer le bon d’enlèvement à conserver dans le registre d’élevage et d’y récupérer le passeport dans le cas des bovins. C’est indispensable, car le chauffeur ne rencontre l’éleveur qu’une fois sur vingt environ. Sur une tournée de 30 à 35 élevages par jour, les opportunités de rencontre et de discussions constructives sont rares. Ces relations évolueront sans doute car dans un avenir proche, les éleveurs seront les clients des équarrisseurs, et non plus l’État.

BACS À EQUARRISSAGE

Coordonnées de fabricants (liste non exhaustive)

 

- 3 P industrie à Saint Amand sur Sèvre (79). Tél. 05 49 81 65 81. Produits : 3 bacs de 250, 570 et 750 litres et une chambre froide de 2m2 www.3p-industrie.com

- Cobioco SARL à Parthenay (79). Tél. 05 49 70 63 90. Produits : bac de 550 litres, conteneur simple ou double (possibilité isolation et groupe froid). www.cobioco.fr

- Cosnet La Gée à Coulans sur Gée (72). Tél. 02 43 88 85 90. Produits: bacs de 250, 600 et 800 litres. www.cosnet.fr

- Cousin SARL à Hermies (62). Tél. 03 21 07 45 43. Produits: bacs de 340, 580 et 750 litres (2 types de palonniers). www.bac-cousin.com

- Huyghe Philippe à Caestre (59). Tél. 03 28 40 18 08. Produits : bacs de 300 à 1 000 litres (5 capacités). www.bacs-huyghe.fr

- Mantault Frigorifiques/Friovrac à St Hilaire de Clisson (44). Tél. 02 40 54 00 33. Produits : bac réfrigéré de 750 litres. www.friovrac.com

- Poly-Plast à Nueil les Aubiers (79). Tél. 05 49 65 41 22. Produits: bacs de 450, 540, 640 et 960 litres et bac réfrigéré de 640 litres. www.polyplast-79.com

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir Aviculture se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Question du mois

Pourrait-on ouvrir le capital des élevages pour permettre d’investir ?

Répondez à la question

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 22 unes régionales aujourd'hui