Réussir Aviculture 05 août 2010 à 09h23 | Par p. Le Douarin

Entre mulard et pékin - Le canard de Barbarie défend ses spécificités

La filière française du canard à rôtir veut agir au niveau européen pour anticiper les pressions sur le bien-être et faire reconnaître ses spécificités.

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Philippe Guillet, président du Cicar
« Après avoir fait valoir notre différence en France par rapport au mulard,
nous devons faire de même au niveau européen par rapport au Pékin. »
Philippe Guillet, président du Cicar « Après avoir fait valoir notre différence en France par rapport au mulard, nous devons faire de même au niveau européen par rapport au Pékin. » - © P. Le Douarin

Depuis cinq ans qu’il existe, le Comité interprofessionnel du canard à rôtir (Cicar) a acquis une légitimité et a engrangé d’intéressants retours sur investissements. Essentiellement destiné à promouvoir la viande du canard de chair et à la différencier de celle de canard gavé, le Cicar a agi auprès des réseaux de distribution (opération « mars, le mois de la volaille » de l’APVF), des médias gastronomiques (opération « canard en chef ») et même des consommateurs (site internet). Les retombées sont jugées payantes,même si les volumes commercialisés n’ont pas remonté. Depuis un an, les achats de filet par les consommateurs suivent une progression jugée « intéressante ». Les grandes tables de la gastronomie française ont redécouvert cette viande rouge. Et surtout, se félicite Philippe Guillet, le président du Cicar, les GMS intègrent désormais le filet dans leurs opérations de promotion, au même titre que le magret.

ACCENTUER LES EFFORTS PROMOTIONNELS

Les volumes exportés en 2009 ont baissé de 5 à 7 %. Le Cicar envisage donc d’étendre ses actions de promotion vers l’Allemagne (puis le Danemark), sachant que ce pays pèse lourdement. Le canard français sera positionné comme un produit festif haut de gamme, et différencié du canard gavé, peu en vogue outre-Rhin. Cette opération demande de nouveaux moyens qui poussent l’interprofession à faire passer sa cotisation de 3 à 4 euros pour mille canetons, à compter du 1er juillet. Deux dossiers restent encore à défendre au niveau européen. Les professionnels n’imaginent pas de produire sans caillebotis, sans dégriffage et sans débecquage. Ils doivent convaincre les décideurs européens que ce mode d’élevage a sa place à côté de l’élevage sur paille des pays du Nord adapté au Pékin. Les argumentaires « durabilité » (empreinte carbone…) et « bien-être animal » vont devoir être affûtés. L’autre danger concerne les importations en Allemagne de produits cuits en provenance d’Asie. Par effet ricochet, les producteurs allemands pourraient chercher d’autres débouchés en Europe. Le risque d’une concurrence de viande de Pékin découpée, aujourd’hui essentiellement vendu entier, n’est pas à exclure, vu son moindre prix. La filière doit donc impérativement rester compétitive et examiner de près la question de l’âge d’abattage fixé à 84 jours.

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