Réussir Aviculture 25 mars 2008 à 17h01 | Par A. Puybasset

ENERGIE RENOUVELABLE - DES POULAILLERS ET UNE MAISON CHAUFFÉS AVEC DU BOIS

En décembre 2006, Dominique Laizé a investi dans une chaudière à biomasse. Le coût du chauffage des bâtiments est réduit de près de 30 %. Avec, en plus, un confort optimal pour les volailles.

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Dominique Laizé a investi dans une chaudière Énergie Système, distribuée par Systel de 200 kW, équipée d’une vis de décendrage.
Dominique Laizé a investi dans une chaudière Énergie Système, distribuée par Systel de 200 kW, équipée d’une vis de décendrage. - © A.PUYBASSET

Installé à Parigné, en Illeet- Vilaine, Dominique Laizé s’est un peu décidé sur un coup de tête à investir dans une chaudière à biomasse. « C’était au début de 2006, durant l’hiver, à l’époque où le prix du gaz ne cessait d’augmenter, se souvient l’éleveur.Un délai de livraison trop long lors d’une commande de gaz m’a convaincu de trouver une solution alternative : en décembre de la même année, la chaudière était installée et opérationnelle. » De marque Énergie Système et distribuée par Systel, elle a une puissance maximale de 200 kW. Alimentée par des plaquettes de bois provenant d’une scierie, elle chauffe de l’eau à 75 °C.Cette eau circule dans les radiateurs de la maison d’habitation et parvient également jusqu’aux aérothermes intérieurs des deux poulaillers. En ventilation statique avec lanterneau, ils ont une surface de 1200 m2 (datant de 1992) et 600 m2 (2002). La chaudière fonctionne avec tout type de biomasse : du bois, des céréales, des plantes énergétiques comme le miscanthus ou même avec des noyaux d’abricots. « Cela évite de dépendre d’une seule matière première », argumente Dominique Laizé. Pour l’instant, il profite d’un bon filon et se fait livrer par une scierie des déchets de menuiserie en paquets de 2 m3. Le bois est ensuite broyé sur place par un entrepreneur, en plaquettes de cinq centimètres de long sur un de large. Les plaquettes sont stockées dans un local de 150 m2 attenant à la chaufferie de 17 m2 (avec un mur coupe-feu). À l’aide d’un godet, l’éleveur remplit régulièrement la cellule de 34 m3 qui alimente la chaudière (autonomie de 15 jours sur un lot démarré en hiver). Les plaquettes sont acheminées dans le foyer par deux vis sans fin successives.

Plan de l'installation
Plan de l'installation - © A.PUYBASSET

Le fonctionnement de la chaudière est entièrement automatisé (régulation automatique pour obtenir une température de consigne de l’eau de 75 °C). L’eau circule sous terre à travers des tuyaux doubles isolés (un pour l’eau chaude de départ, l’autre pour le retour d’eau « froide »). « Avec un coût de 85 euros du mètre linéaire de canalisations, l’implantation de la chaudière doit être bien réfléchie », souligne Jean- Marc Gaudin, gérant de la société Systel. « Ici, les poulaillers et la maison sont situés à une distance de 60 à 100 mètres du local chaufferie soit au total, 280 mètres linéaires de tuyaux ! », précise Patrick Boursier, de la société d’installation et d’équipement Adaf Somatherm. Chaque bâtiment est équipé de deux aérothermes de 35 kW pour celui de 600 m2 et de 50 kW pour le plus grand. Ils sont fixés au milieu du bâtiment (sur les deux cloisons opposées) et diffusent en sens inverse afin d’avoir une répartition homogène de la chaleur. Le transfert calorifique entre l’eau chaude et l’air se fait au niveau des ailettes de l’échangeur (6,7 mm d’écartement). L’air chaud est diffusé dans le bâtiment grâce à un aérateur (ventilateur qui aspire l’air pour créer une dépression constante). L’aérotherme est régulé par une vanne progressive de 0 à 10 volts. Elle fait varier le débit d’eau chaude, tandis que le ventilateur fonctionne à vitesse constante de façon à ce que l’aération soit régulière et homogène. Les aérothermes sont montés sur un arbre pivotant à 90 °C ce qui permet de les plaquer le long du pan pour faciliter la circulation de machines lors du nettoyage ou des repaillages.

 

La chaudière est approvisionnée en plaquettes de bois, stockées dans une cellule de 17 m3.
La chaudière est approvisionnée en plaquettes de bois, stockées dans une cellule de 17 m3. - © A.PUYBASSET

 

AIR MOINS CHARGÉ EN HUMIDITÉ

Après huit mois d’utilisation, Dominique Laizé a constaté que le chauffage par aérotherme permettait d’avoir une litière plus sèche et surtout une ambiance plus saine (air moins chargé en humidité), bénéfique aux animaux comme à l’éleveur. « Le démarrage des lots en chauffage d’ambiance ne pose aucun problème aussi bien pour les poulets (démarrés à 32 °C) que pour les dindes (34 °C). » L’éleveur a conservé les lignes de radiants par sécurité (en cas de panne), mais elles n’ont pas encore servi. Selon ses estimations, la consommation annuelle de copeaux de bois devrait se situer entre 80 à 100 tonnes. « C’est légèrement plus que prévu car du fait du faible coût du combustible (64 !/t), nous avons tendance à chauffer davantage que lorsque nous utilisions du gaz (26 tonnes par an à environ 650 !/t). » L’investissement total s’est élevé à 80000 euros. Il intègre la chaudière, les canalisations, les aérothermes, le local de stockage et la chaufferie. L’éleveur a bénéficié d’une subvention de l’Ademe, du conseil général et du conseil régional de 35 600 euros (soit 45 % des investissements éligibles (1)). Avec un amortissement sur dix ans, l’économie sur le poste chauffage est estimée à 5 000 euros par an. Sans compter le gain technique lié à l’amélioration du confort des animaux. !

(1) Le taux de subventions et la liste des investissements éligibles varient selon les départements. Se renseigner auprès de l’Ademe (www.ademe.fr).

 

 

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