Réussir Aviculture 23 août 2017 à 08h00 | Par La rédaction

En 2016, des résultats corrects malgré de fortes disparités

L’enquête avicole 2016 des chambres d’agriculture du Grand Ouest montre une amélioration quasi générale des marges. Néanmoins, la filière peine à attirer suffisamment de nouveaux éleveurs.

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Dans l'enquête, la part des bâtiments de moins de 10 ans atteint seulement 14,2 %.
Dans l'enquête, la part des bâtiments de moins de 10 ans atteint seulement 14,2 %. - © A. Puybasset

Les marges brutes annuelles progressent dans la plupart des productions de volailles de chair sous l’effet d’un maintien des performances, d’une bonne rotation et de charges de gaz en baisse. C’est ce qui ressort de l’enquête annuelle des chambres d’agriculture du Grand Ouest, qui porte sur 412 éleveurs, 898 bâtiments et 814 000 m2. Mais derrière les moyennes se cachent toujours des écarts. Et l’année 2016 n’y échappe pas, « marquée par de fortes disparités entre territoires, avec des vides sanitaires allongés dans certaines zones, voire certains élevages vides toute l’année (notamment d’anciens bâtiments de poulet export NDLR). Ils ne sont de fait pas inclus dans les moyennes », souligne l’enquête. C’est aussi le cas des lots de dindes ayant subi un retard d’enlèvement important (jusqu’à 22 voire 30 semaines) et dont les marges ont été fortement pénalisées.

Principales tendances par type de production

En poulet export, la marge poussin aliment annuelle (MPA) progresse grâce à une augmentation continue de la productivité au mètre carré (rotation en hausse avec 12 jours de vide en moyenne) tandis que les performances techniques stagnent. « Le poids produit au mètre carré atteint un niveau record (342 kg/m2/an), lié à une hausse de la densité », précise Élodie Dezat, coordinatrice de l’enquête. À noter, le taux de saisies qui dépasse 2 % depuis deux ans. Le recours à la main-d’œuvre temporaire (externalisation du lavage avec des vides raccourcis) pèse sur les charges variables.

En poulet standard, tous les indicateurs techniques sont dans le vert tandis que la rotation se maintient. La MPA progresse, ainsi que la marge brute grâce à une légère baisse des charges variables (gaz et frais de santé). L’écart de marge brute annuelle entre le premier et le dernier quart des bâtiments spécialisés dépasse de nouveau 30 euros/m2. « Comme pour le poulet export, il s’explique surtout par les niveaux de marge poussin aliment et la rotation. »

En poulet lourd, la marge brute progresse en non sexé et diminue en sexé, réduisant l’écart entre les deux productions. Restant à un niveau supérieur, le poulet sexé a été pénalisé par une dégradation des performances sur certains lots (GMQ et taux de perte) et par une moindre rotation. L’écart de marge brute entre éleveurs approche 25 ­€/m2, avec un fort effet contrat.

En dinde médium, les marges progressent tandis que les performances techniques sont stables (baisse du taux de perte mais dégradation de l’IC). Les écarts entre bâtiments spécialisés s’expliquent par la MPA et la productivité.

Au final, si l’on s’arrête sur l’évolution de la marge poussin aliment dégagée pour chaque kilo de vif produit (base 100 en 2009), on constate que celle du poulet reste supérieure à la dinde mais que l’écart se resserre cette année grâce à une revalorisation des contrats en dinde. En poulet, la MPA/kg en standard rattrape celle du lourd sexé tandis que celle de l’export baisse continuellement.

Le canard de Barbarie est la production dont la marge brute a le plus progressé, l’année 2015 ayant été pénalisée par des problèmes sanitaires et une augmentation des vides liée à la perte de marchés. « Quelques éleveurs ont connu de très bons lots en 2016. La productivité moyenne a grimpé de 7 % (206 kg/m2/an). Les charges variables augmentent, notamment les postes main-d’œuvre et frais de santé (vaccins)." Les écarts entre éleveurs s’expliquent surtout par l’effet contrat. L’effet « performances techniques » (taux de saisies, IC, taux de pertes) ne vient que dans un second temps.

En poulet label, la marge brute connaît une légère érosion, malgré une amélioration de la rotation et des performances techniques et une baisse des charges variables. Les lots de décembre concernés par les mesures de confinement montrent une dégradation du taux de saisies et de déclassés. Ces impacts sont à confirmer sur les lots du premier semestre 2017.

De manière générale, les charges fixes des élevages spécialisés augmentent cette année (20 €/m2), du fait d’une progression des postes autofinancement et annuités (10,6 €/m2), signe d’une reprise des constructions et des rénovations. Le solde disponible pour les espèces poulet et dinde calculé en tenant compte de l’inflation progresse d’un euro, soit 12,02 €/m2/an. Il était au plus bas à 7 € lors de la crise influenza aviaire de 2006.

- © Infographie Réussir
Les responsables professionnels ont souligner le trop faible nombre d'installations en volailles de chair.
Les responsables professionnels ont souligner le trop faible nombre d'installations en volailles de chair. - © A. Puybasset

« Il faut installer davantage de jeunes »

Malgré l’augmentation du taux de construction de poulaillers, le vieillissement du parc de volailles de chair se poursuit. La part des bâtiments de plus de vingt ans de l’échantillon de l’enquête atteint 64 %. De même pour « l’âge du capitaine ». Plus de la moitié des éleveurs ont plus de 50 ans, ce qui devrait nécessiter un renouvellement important les dix prochaines années. « Il y a encore trop peu d’installations, surtout en standard et en certifié, ont déploré les responsables professionnels lors de la restitution de l’enquête. La part des bâtiments de moins de cinq ans reste faible. Les délais administratifs rebutent les candidats. » Pour Nathalie Langereau, « la filière souffre aussi d’une image négative auprès de la société qui n’encourage par les jeunes à investir. Pourtant, produire de la volaille est intéressant sur le point technique comme économique. Il faut vendre positivement l’histoire de notre poulet et davantage montrer les progrès réalisés pour répondre aux attentes sociétales, notamment de bien-être. »

Pour Christophe Labour, attirer les jeunes passe aussi par une revalorisation des contrats. « Le dispositif d’aides PCAEA apporte un plus, mais il n’est pas suffisant pour décider un jeune à investir. »

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