Réussir Aviculture 27 septembre 2007 à 09h57 | Par Armelle Puybasset

Drêches de blé et de maïs - Les co-produits de biocarburants vont modifier les formules

L´arrivée des drêches de céréales devrait se traduire par un recul des utilisations de céréales et de tourteaux de soja. Leur niveau d´incorporation dépendra de leurs qualités, aujourd´hui variables.

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La Commission européenne a fixé des objectifs d´incorporation de biocarburants à 5,75 % en 2010 et 10 % en 2020. Ces chiffres devront d´ailleurs être atteints encore plus rapidement en France(1). Ils vont induire un développement de la filière de production de bioéthanol et de biodiester, et par conséquent une augmentation des co-produits disponibles pour la nutrition animale. La filière biodiester va notamment générer des tourteaux de colza tandis que la filière bioéthanol fournira des drêches de céréales. Leur incorporation dans les formules alimentaires va dépendre de leur disponibilité et du contexte de prix des différentes matières premières. D´ici 2010, la capacité de production des drêches de céréales provenant de la filière bioéthanol devrait atteindre 865 000 tonnes, dont 685 000 de blé et 180 000 de maïs (contre 50 000 tonnes par an actuellement).
Drêches de maïs d´une résine de production de bioéthanol dans l´Illinois aux États-Unis. ©M.-H. Vincent

Selon une étude prospective réalisée par le Céréopa(2), l´ensemble des drêches d´éthanolerie se substituerait en partie aux céréales (500 000 tonnes), au soja (500 000 tonnes) et dans une moindre mesure aux tourteaux de colza (200 000 tonnes). Cette hypothèse tient compte d´un tonnage total d´aliment composé stable et d´une hausse du prix plus importante en matières premières riches en énergie. Si celui des matières protéinées augmente davantage, le recul des incorporations de céréales serait limité avec une moindre utilisation des tourteaux (soja et colza). Dans tous les cas de figure, l´arrivée des drêches de céréales sur le marché des matières premières pour les aliments composés se traduirait par un recul des utilisations de céréales et de tourteaux de soja.

Forte variabilité des drêches
Globalement, les tourteaux de colza seraient plutôt consommés par les ruminants et en moindre mesure par les porcs. En volailles, ce sont plutôt les drêches de blé qui devraient trouver leur place dans les formules, du fait de leur forte valeur en énergie métabolisable (EM volaille de 2400 kcal/kg) et de leur teneur en protéines élevée (autour de 35 %). Cela dit, il existe peu de références sur les caractéristiques nutritionnelles des drêches chez les monogastriques. D´autre part, comme tous les co-produits, les drêches présentent une forte variabilité. Les différences de composition chimique sont en partie liées aux unités de fabrication. Leurs valeurs varient d´autant plus que les drêches sont issues de procédés industriels encore évolutifs. Six origines de drêches de blé ont été comparées par la société Adisséo. La moyenne du taux de protéines était de 38,3 % avec un coefficient de variation de 6,7 %. Celui de la lysine atteignait 1,71 % MAT avec une variation de 18,4 %.

De même, l´institut du végétal Arvalis a récemment évalué deux types de drêches issues de deux unités de fabrication (avec séparation préalable ou non des sons). La composition chimique des deux lots diffère principalement par leur teneur en protéines (32 et 35 % MS) et en amidon (11,7 et 3 % MS). Dans les deux cas, leur handicap majeur est la faible teneur en lysine et en acides aminés soufrés. Le niveau de digestibilité de l´énergie de ces deux drêches mesuré chez le coq, bien que différents entre eux, sont assez proches de celui du tourteau de soja. L´introduction de 10 % de drêches dans une formule d´aliment pour poulets standard a donné des résultats comparables au lot témoin. A 20 %, une légère diminution de la consommation et du gain de poids est observée. Même si les drêches de blé présentent un potentiel nutritionnel intéressant, une caractérisation fine de ces produits sera nécessaire avant de les introduire de façon conséquente et systématique dans la formulation des aliments volailles.

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