Réussir Aviculture 04 juillet 2002 à 16h39 | Par Pascal Le Douarin

Dindes reproductrices - L´automatisation de l´élevage améliore le confort des hommes et des animaux

Métier méconnu, l´élevage de dindes reproductrices subit la mutation de l´automatisation, pour répondre aux attentes des éleveurs et des accouveurs.

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Dans le métier d´éleveur de dindes reproductrices, il faut savoir ne compter ni ses heures ni ses dimanches afin de s´adapter aux animaux. Forte au démarrage de l´activité, la volonté peut à la longue finir par s´émousser. Les contraintes horaires sont importantes et l´impact sur la vie sociale n´est pas négligeable. De plus, la pénibilité est indéniable. Pourtant les solutions existent : réduction de la charge de travail, soit par association d´éleveurs, soit en sous-traitant l´insémination artificielle à des prestataires. Mais aussi acquisition d´équipements d´automatisation du ramassage.
Le Gaec de la Marronnière à Plessala (Côtes d´Armor), où travaillent Chantal et Pascal Fouré avec Christophe Beurel, frère de Chantal, a fait le pas de la modernité(1).
©P. Le Douarin

L´automatisation est quasi incontournable
Jusqu´à récemment, ils exploitaient 5 000 femelles logées dans deux bâtiments, l´un de 1 500 m2 contenant 3 800 femelles (plus les mâles) et l´autre en contenant 1 200. Pascal Fouré, éleveur depuis 22 ans et âgé de 48 ans, avoue une certaine lassitude vis-à-vis du ramassage manuel. « C´était devenu de l´esclavage. Il fallait évoluer. » L´automatisation s´est traduite par la mise en place de pondoirs automatiques néerlandais Vencomatic (distribués par Mafrel). Vraiment au point depuis deux ans, le modèle semble remporter un franc succès dans la profession, en manque de main-d´ouvre qualifiée. « Nous vendons 80 à 90 % de nos systèmes automatiques à des éleveurs déjà installés et qui rénovent leur outil », explique André Chanony de la société Mafrel. Du coté de France Dinde, le couvoir pour le compte duquel travaille le Gaec, le responsable technique Loïc Hervé approuve : « Même si l´investissement est supérieur, tous nos projets comportent systématiquement cette amélioration. L´interdire, c´est comme si on obligeait encore à traire les vaches à la main ! »

Taille économique optimale
Le dispositif automatique réduisant la surface d´élevage (pas de nids superposés), garder la même surface aurait conduit à une réduction du cheptel. Le bâtiment est passé de 1 500 à 1 800 m2 (17 mètres de large par 106 de long) de manière à loger 4 000 femelles. Ce nombre correspond à la taille économique optimale que recherche France Dinde. Car avec l´allongement des durées de ponte, le couple éleveur repro-éleveur ponte va disparaître. A l´avenir, il faudra qu´un cheptel puisse peupler n´importe quel élevage de ponte, d´où la nécessité de standardiser.
Par ailleurs, le site a été agrandi avec un bâtiment conçu pour durer et pour répondre aux nouvelles exigences de confort animal, propices à de meilleures performances. Le Gaec a pris la décision d´investir dans un second bâtiment de 4000 places, lui aussi automatisé. Au lieu de quatre personnes pour 5000 femelles avec insémination artificielle, le Gaec se retrouve à trois associés pour 8000 avec allégement d´une partie de l´insémination.
©P. Le Douarin

Loïc Hervé insiste sur la maîtrise de la ventilation pour le confort des animaux. « Trop d´éleveurs de repros sont focalisés sur le problème de la couvaison des dindes, explique t-il. Ils ont tendance à négliger la maîtrise de l´ambiance. Selon eux, plus les dindes ont froid, plus elles mangent et moins elles couvent. Mais, en fait ils pénalisent le confort des oiseaux et à terme les performances de ponte. »

Un bâtiment de 609 000 euros conçu pour l´avenir
Le nouveau bâtiment fait 22 mètres de large pour 80 de long et contient quatre rangées de pondoirs. La largeur conditionne le nombre de rangées : deux rangées pour 12 mètres, trois pour 17 mètres, quatre pour 22 mètres. A la place des habituels ventilateurs placés en extraction haute, il est ventilé en « flux croisés ». « Ce type de ventilation convient bien aux dindes adultes. En milieu de bâtiment, les vitesses d´air sont toujours suffisantes même l´été. Et elles ne les pénalisent pas », explique Loïc Hervé qui est à l´origine du projet technique. L´ensemble est régulé par un système Athis LB 50 (Tuffigo) sans dépressiomètre automatique, mais doté, entre autres, du doseur cyclique. Le tout, sas sanitaire et magasin central compris, leur a coûté 609 000 euros (4 millions de francs) dont 152 000 euros pour les pondoirs et les convoyeurs. Il faut compter entre 84 et 90 euros (550 à 600 F) d´investissement par place de ponte ou « trou ».

30 à 40 % de gain sur le temps de ramassage
Le pondoir automatique a la réputation de provoquer une baisse des performances techniques. Est-ce exact ? « Pas du tout, assure Pascal Fouré. Sur le bâtiment rénové et passé en automatique au lot précédent, il y a eu moins de dindes couveuses, d´oufs déformés et de casse. » Avec l´application de la loi des 35 heures, il devient difficile de trouver de la main-d´ouvre qualifiée et motivée. Ce qui se traduit par une détérioration des résultats. « Le système manuel fonctionne bien si le personnel suit. La rigueur est terrible », remarque encore Pascal Fouré.
En automatique, le gain de temps de ramassage est de 30 à 40 %. Le salarié qui les secondait avec 5 000 n´a d´ailleurs pas été repris pour cette bande. Au point de vue pénibilité, c´est incomparable. « On peut arriver une heure après l´ouverture automatique des nids. Et pour ramasser, il y a juste à se placer en bout de collecteur » résume Christophe Beurel. Ce qui permet de passer plus de temps à se consacrer à l´amélioration de la conduite d´élevage, donc d´améliorer encore l´efficacité du travail.




(1) Une porte ouverte y a été organisée le 1er février dernier.

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