Réussir Aviculture 01 juillet 2004 à 16h02 | Par Pascal Le Douarin

Diminuer la pénibilité du travail - Un quad pour repailler les dindes

Physiquement diminué après un grave accident survenu sur son exploitation, Michel Guillaume a adapté son élevage pour continuer à produire des dindes. La solution retenue : le quad.

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La démarche lente, Michel Guillaume fait figure de miraculé dans le milieu médical. Il revient de loin, très loin. Gravement accidenté en juillet 1996, lors du chargement de grosses balles de paille avec un tracteur sans cabine, l´agriculteur est revenu sur l´exploitation du Morbihan en juin 1997.

Mécaniser pour compenser des déficiences
Jusqu´en mai 1998 un salarié va exploiter les 71 ha de SAU et 3 bâtiments de dindes, le temps que la famille retrouve ses marques. Michel Guillaume n´a malgré tout pas entièrement récupéré ses capacités physiques. Il est reconnu handicapé à plus de 80 %. Il se fatigue vite et ne peut porter de lourdes charges. Chaque geste est pensé, calculé quand il ne peut être évité. Pour se déplacer il utilise un quad. « Je fais mes interventions plutôt le matin et je sous-traite les gros travaux. » De fait, il lui a fallu 15 jours pour se remettre physiquement du lavage d´un bâtiment. Une « expérience » comme il dit, jamais renouvelée. Il fait appel à des entreprises pour le travail de la terre (il a seulement conservé la pulvérisation), le nettoyage entre les lots (sortie du fumier, lavage et désinfection). Parfois insatisfait du résultat au vu du temps passé et du coût, il réfléchit à la mise au point d´un système de lavage monté sur un véhicule.
Pour le travail quotidien, les bâtiments statiques ont été réaménagés.

Deux ont été transformés en ventilation dynamique transversale. Pour diminuer les taches de réglage, entretien ou démontage, les abreuvoirs cloche ont été remplacés par des systèmes à godets « Bar´avi », qui donnent satisfaction, « sauf lors de problèmes sanitaires. Les dindes boivent moins facilement. Il faut remettre les flotteurs blancs pour avoir de l´eau. » Les mangeoires ont été remplacées par des « Multibeck », elles-aussi très appréciées. Ces modifications indispensables pour poursuivre son activité ont été aidées financièrement. Cependant le couple regrette qu´elles aient été considérées comme un bénéfice exceptionnel, et qu´à ce titre elles repartent en grande partie à la MSA sous forme de cotisations sociales.
Restait la question de l´entretien de la litière. « Nous avons assez longtemps travaillé avec moins de 1 kg par m2, nos poulaillers étant bétonnés. » Mais sous la pression du service technique ils ont dû revenir à au moins 3 kg/m2. Entre 1998 et 2001, l´entretien était devenu « une galère ». Pour un seul bâtiment, il fallait une demi-journée à deux. Mais l´éleveur ne trouvait pas de matériel pouvant répondre à ses attentes.
©P. Le Douarin

Un épandeur de paille réadapté pour le quad
C´est en surfant sur Internet que Michel est tombé sur un modèle de petit épandeur de paille fabriqué par une société aveyronnaise. La distributrice pour balle cubique, prévue pour être montée en trois points sur un tracteur, a été modifiée pour être tractée par le Quad. Un moteur thermique auxiliaire assure le fonctionnement du tapis, du rouleau et des deux disques d´épandage. Après modification, le tout lui a coûté 9100 euros (60 000 F), le double du prix initial. Michel a dû s´équiper d´un quad plus puissant (660 cm3) à refroidissement mixte air/eau. « Avec l´ambiance des bâtiments, l´engin à refroidissement par air se déréglait sans cesse. »

Pour habituer les dindes au bruit et éviter les étouffements, les éleveurs commencent à repailler dès 4 semaines. Michel a monté des déflecteurs à l´avant du quad, et devant toutes les roues. L´éleveur a aussi fait aménager une porte « western » entre les parties mâle et femelle. Avec son épouse Evelyne, ils mettent environ une demi-heure par bâtiment, en comptant le temps de préparation (relevage des abreuvoirs et mangeoires, ouverture-fermeture des portes). L´appareil contient assez pour épandre sur toute une longueur, aussi bien du copeau que de la sciure ou de la paille broyée. « Depuis un an, nous passons de plus en plus de temps dans nos poulaillers, à surveiller, soigner et recharger. Comment ferions-nous à la main ? Les dindes sont de plus en plus difficiles à conduire. Avec les surcoûts médicamenteux, les performances moindres, nous avons perdu 3 ?/m2 en un an. C´est difficile à vivre et nous savons bien que beaucoup sont dans notre cas. »
©P. Le Douarin

©P. Le Douarin

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