Réussir Aviculture 28 avril 2016 à 08h00 | Par Pascal Le Douarin

Des parcours de volailles de plein air peu à peu intoxiqués

Les minéraux contenus dans les aliments sont à l'origine "d'éléments traces" dans les effluents. Le processus d’accumulation des oligoéléments se manifeste à long terme sur les parcours de volailles.

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90% des entrées d’oligoéléments proviennent de l’alimentation. Les poulets représentent moins de 10% des sorties, le reste se répartit entre la litière et le parcours.
90% des entrées d’oligoéléments proviennent de l’alimentation. Les poulets représentent moins de 10% des sorties, le reste se répartit entre la litière et le parcours. - © Pascal Le Douarin

Dans le sol, les oligoéléments des nutritionnistes sont appelés « éléments-traces » (1) par les pédologues. Ils s’accumulent dans les sols et peuvent être à l’origine de toxicités pour les plantes et les microorganismes. Ceci est bien connu pour les zones viticoles contaminées par les traitements fongicides à base de cuivre. Les régions d’élevage sont elles aussi concernées. Plus de 50% des apports d’éléments-traces sont dus aux effluents d’élevage (80 % pour le zinc), a précisé Christian Walter, pédologue à AgroCampus Ouest de Rennes lors du forum organisé par l'entreprise Novus, fournisseur d’oligoéléments aux fabricants d’aliments du bétail. Avec des sorties par les cultures inférieures à 1% des entrées par les épandages, l’accumulation progressive des oligoéléments est inévitable dans les sols.

Rejet supérieur avec des parcours arborés

Il en est de même sur les parcours de volailles de plein air. À l’Inra du Magneraud, entre 2009 et 2014 le chercheur a chiffré les flux de cuivre et de zinc de 8 lots de volailles élevées sur parcours arborés ou sur prairies. En faisant le bilan des flux, Christian Walter conclut que 90% des entrées d’oligoéléments proviennent de l’alimentation ; et que les poulets représentent moins de 10% des sorties, le reste se répartissant entre la litière et le parcours. Les quantités rejetées sont plus élevées sous le parcours arboré que sur le parcours prairie, en lien avec le comportement animal. Au cours des années, l'’étude a pu constater la forte baisse des quantités d’oligoéléments incorporés dans l’aliment du commerce (réduction par resque deux). Ce qui a réduit fortement les quantités d’oligoéléments rejetées sur les parcours entre la période 2009-2010 (5 lots) et la période 2011-2014 (3 lots). Le parcours est passé de 25 à 50% des pertes totales à 10% pour le zinc et à 15% pour le cuivre. L’accumulation rapide est donc limitée, mais ce risque serait bien réel après plus de vingt ans d’élevage continu. Pour ralentir ce processus, il faut réduire les apports alimentaires et aménager les parcours afin de ne pas concentrer les déjections sur les abords des bâtiments.

 


- © Infographie Réussir

 

(1) Les éléments traces sont tous ceux retrouvés dans les sols à moins de 100 mg par kg.

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