Réussir Aviculture 10 novembre 2009 à 15h14 | Par P. Le Douarin

Dans les Côtes d'Armor - Xavier Le Helloco, "coach" de poulettes en volière

Xavier Le Helloco a équipé un bâtiment de 1 300 m2 d'un portique Jump Start pour préparer 32 000 poulettes à la ponte en volière.

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Xavier Le Helloco. "Pour dégager de la rentabilité, un élevage de poulettes en volière ne peut se faire que dans un bâtiment déjà amorti."
Xavier Le Helloco. "Pour dégager de la rentabilité, un élevage de poulettes en volière ne peut se faire que dans un bâtiment déjà amorti." - © P. Le Douarin

Depuis trois ans, Xavier Le Helloco, éleveur à Allineuc, dans les Côtes-d’Armor, mûrissait le projet d’élever des poulettes a u t r e m e n t qu’au sol ou en cages. La rencontre de producteurs, e u x -même s investisseurs en pondeuses volière et à la recherche de fournisseurs de poulettes adaptées, ajoutée à l’intérêt de la coopérative Le Gouessant de Lamballe (22), ont fait le reste. Xavier travaille avec la coopérative qui s’occupe du débouché. « Nous sommes un important fournisseur de poulettes, élevées dans toutes les conditions et pour tous les modes de production, rappelle Thierry Legemble, responsable de cette activité. Nous devions aussi nous positionner sur la poulette élevée en volière. » Voilà qui est fait avec ce premier bâtiment vraiment spécialisé. Au préalable, la coopérative a fait des essais dans des poulaillers équipés de tables relevables « fait maison ». Ce qui s’est avéré possible, mais au prix de beaucoup de main-d’oeuvre.

ENTRAÎNÉES À SAUTER

Pour Xavier, la décision de passer du projet à la réalité s’est faite mi-2008, lors d’une visite des volières Vencomatic aux Pays-Bas. « Ce système est très aéré et c’est celui qui se rapproche le plus de l’élevage au sol. Ce n’est pas une grande cage sans paroi », résume l’éleveur. L’intérêt est aussi de pouvoir préparer un grand nombre de poulettes dans le même bâtiment. Pendant des mois, en attendant l’installation, Xavier et Sylvie, sa compagne, ont visionné et re-visionné la vidéo d’explication sur la conduite des poulettes. Le passage du virtuel au réel a débuté au début de mois de juillet. De l’arrivée des poulettes à leur départ, chaque point de réglage du matériel compte. Une fois adultes, les poules doivent absolument occuper tous les étages de leur nouvel habitat, pondre dans les nids et pas au sol (la hantise !), et dormir dans les étages prévus à cet effet. Les éleveurs ont dix-sept semaines pour conditionner les oiseaux. Xavier se présente comme un incitateur et un entraîneur. « Sans les stresser, je dois les stimuler à sauter de plus en plus haut et de plus en plus loin, à faire l’équilibriste sur les tubes placés audessus des lignes de pipettes et des mangeoires. » Pour y parvenir, l’environnement évolue. Au fur et à mesure que les poulettes grandissent, des plateaux se relèvent de plus en plus haut, jusqu’à deux mètres pour les plus élevés, tout comme les pipettes et les mangeoires. Il se crée peu à peu un univers en trois dimensions au sein duquel les poulettes évoluent librement. Tout le matériel d’élevage est suspendu à un portique, indépendant de la charpente, qui supporte également le poids des 32000 poulettes. Le système a été conçu pour faciliter le travail de l’éleveur. Après le départ, le caillebotis pivote pour permettre le raclage des fientes accumulées. Les trois lignes de plateaux basculants (deux de 1 mètre de large) servent aussi à limiter deux zones pour la période de démarrage, pour les interventions (épointage, vaccination) et pour l’attrapage final. Les interventions (épointage, vaccinations) suivent le planning habituel.

RÉSULTATS TECHNIQUES INCHANGÉS

Au niveau des performances, Thierry Legemble ne prévoyait pas de différence avec l’élevage au sol, ni de poids, ni d’homogénéité, ni d’indice de consommation (6,8 kg d’aliment consommé à 18 semaines). C’est effectivement le cas, confirme Xavier, enchanté des performances atteintes. La mortalité est inférieure à 1,5 %. « Les poulettes sont effectivement moins stressées et moi aussi. Je ne crains pas les tassements et les mouvements de vague qui se produisent en élevage au sol. Finalement, je préfère cela à l’élevage au sol. » À tel point que Xavier n’a pas attendu la fin du premier lot pour « signer » le deuxième portique qui doit démarrer au lot de ce mois de novembre.

Le portique, ici fermé au démarrage, contient tout le matériel délevage (perchoirs, pipettes, chaîne d'aliment).
Le portique, ici fermé au démarrage, contient tout le matériel délevage (perchoirs, pipettes, chaîne d'aliment). - © P. Le Douarin

Un apprentissage en 4 temps

L’occupation complète de l’espace par les poulettes n’est possible que si l’éleveur suit un calendrier précis de réglages des plateaux ascenseurs et des tables pivotantes :

1    Au démarrage, le caillebotis plastique oblige à la pose de papier. L’éleveur a préféré l’enlever vers 10 jours. Il a aussi opté pour un démarrage dans les deux compartiments du portique, plutôt que dans un seul.Trois lignes de pipettes et quatre lignes de chaîne d’aliment sont accessibles par compartiment.

2   Vers 15 jours, la plateforme centrale est décollée d’une hauteur égale à celle des poussins, le panneau bas de la séparation centrale est mis en position horizontale, avec quelques plateaux laissés inclinés servant de rampe d’accès aux poulettes qui sautent à partir de la ligne de pipettes.

3   Vers 5 semaines, les panneaux bas extérieurs sont relevés progressivement pour donner accès à l’espace bétonné. Des rampes d’accès sont disponibles pour franchir les 45 cm entre le caillebotis et le sol.

4   Au fil des semaines, les plateformes centrales continuent à s’élever. Les poulettes accèdent au deuxième niveau des plateaux pivotants vers 6 semaines. À 11 semaines, les oiseaux ont si bien occupé l’espace qu’il a fallu rajouter du fil anti-perchage à certains endroits du sommet du portique.

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