Réussir Aviculture 18 mai 2018 à 08h00 | Par La rédaction

Création de l’interprofession unique de la volaille

Réunis à Angers le 18 avril, les protagonistes des quatre filières volailles de chair ont finalisé les derniers éléments conduisant à la naissance d’une interprofession unique.

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Jean-Michel Schaeffer (éleveur et président de la CFA et de l’Itavi) sera le premier président de l’interprofession. Il est entouré des trois membres du comité de préfiguration de l’interprofession : à sa droite Gilles Huttepain (abatteur et vice-président de la Fia), Jean-Yves Ménard (éleveur et président du CIPC) et à sa gauche Eric Cachan (éleveur et président du Synalaf).
Jean-Michel Schaeffer (éleveur et président de la CFA et de l’Itavi) sera le premier président de l’interprofession. Il est entouré des trois membres du comité de préfiguration de l’interprofession : à sa droite Gilles Huttepain (abatteur et vice-président de la Fia), Jean-Yves Ménard (éleveur et président du CIPC) et à sa gauche Eric Cachan (éleveur et président du Synalaf). - © P. Le Douarin

Le délai des trois ans fixés par l’Autorité de la concurrence aura finalement été respecté, en avance de quelques semaines. « On en parlait déjà dans les années 1970 », a rappelé Jean-Yves Ménard, le président du CIPC, pour l’annonce de la finalisation en clôture de la journée annuelle des ex-interprofessions. Faute de pouvoir s’accorder pendant des décennies, Il avait fallu passer par la création des interprofessions par espèce, successivement de la dinde (années 70), de la pintade et du canard (années 90), puis du poulet (années 2000). Mais c’est la condamnation du 6 mai 2015 par l’Autorité de la concurrence pour entente illicite entre 2000 et 2007 qui aura été le catalyseur.

Une agrégation des structures existantes

La reconnaissance officielle devrait être effective au mois de septembre. Cette interprofession sera composée de 15 membres répartis en six collèges : accouveurs (Sna), fabricants d’aliments privé (Snia) et coopératif (Coop de France nutrition animale), producteurs de volailles (FNSEA/CFA/JA, Coordination rurale/Cnada, Confédération paysanne), organisations de production privées (AOPV) et coopératives (Coop de France aviculture), abatteurs (Fia, Cnadev, Fenscopa) et c’est à souligner les distributeurs (FCD, Restau’co, SNRC, Confédération des bouchers). À ces quinze s’ajoutent les quatre comités par espèce (ex-interprofessions) du Cidef, Cicar, CIP, CIPC et le Syndicat des labels avicoles (Synalaf) considéré comme un « membre spécial ». Cet ensemble forme la conférence des présidents qui délibéreront lors des conseils d’administration et de l’assemblée générale. Par ailleurs, siégeront des « membres associés » : l’Itavi, l’ATM (équarrissage), l’APVF (promotion) et l’interprofession du lapin (Clipp). Les décisions se prendront à l’unanimité des onze votants (un par collège et un par comité espèce), c’est-à-dire qu’un seul collège ou comité aura un droit de véto. Et en son sein, chaque collège aura son propre mode décisionnel (unanimité, majorité, majorité des deux tiers). L’ensemble du budget agrégeant celui des comités par espèce et du synalaf atteindra 2.7 millions d’euros environ. L’interprofession disposera d’un peu plus de moyens, grâce à l’apport d’une « cotisation aval » qui devrait rapporter 360 000 euros en année pleine. « Il faudra sans doute un an pour récupérer tous les fonds, notamment sur les produits importés " souligne Jean-Yves Ménard. Les cotisations amont versées aux comités par espèce restent inchangées.

Conduire le plan de filière à cinq ans

« L’interprofession, il faut la voir comme un outil et pas comme un objectif en soi », souligne Jean-Michel Schaeffer qui devrait devenir le premier président. En réalité, « peu de choses vont changer, complète Éric Cachan, président du Synalaf. Nous n’occulterons pas tout le travail des comités qui doit se poursuivre. Nous n’avons pas attendu l’interprofession pour travailler de manière interprofessionnelle, par exemple sur la promotion ou sur l’équarrissage. » Ce sera le cas des huit commissions plus ou moins existantes : communication, gestion de crise, économie, technique et recherche, international, signes de qualité, restauration collective, comité de liaison ONG-consommateurs. N’ayant pas vocation à doubler les actions en cours, elles s’appuieront sur l’expertise acquise. Concrètement, c’est la directrice de l’Itavi Anne Richard qui en prend la direction générale, assistée de Yann Brice (ex-cidef) à la direction des comités d’espèces et de l’ATM. Sa mission est claire : concrétiser le plan de filière de cinq ans, avec comme objectifs la reconquête du marché intérieur et le développement des démarches de qualité. Elle aura sans doute plus de marge de manœuvre pour travailler sur la gestion des marchés avec la directive Omnibus et « l’arrêt endives » qui apportent une souplesse dont n’avaient pas bénéficié les entreprises condamnées en 2015. L’implication de la distribution devrait l’y aider. Quant à Gilles Huttepain, du collège abatteurs, il a conclu en périphrasant le slogan électoral de Donald Trump (1) : « Make french poultry business great again. »

(1) Rendre sa grandeur à l’industrie avicole française

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