Réussir Aviculture 10 juin 2010 à 16h23 | Par A. Puybasset

Course à la voile - Roby de la Motte veut faire le Vendée Globe

Producteur de volailles fermières, Roby de La Motte s’est lancé le défi de participer à la course en solitaire du Vendée Globe. Un projet un peu fou dans lequel il souhaite entraîner le monde agricole.

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Roby de La Motte. « À travers cette course, je veux montrer que nous aussi, paysans, sommes capables de réaliser nos rêves les plus fous. C’est pourquoi je souhaite entraîner le monde agricole dans mon sillage. »
Roby de La Motte. « À travers cette course, je veux montrer que nous aussi, paysans, sommes capables de réaliser nos rêves les plus fous. C’est pourquoi je souhaite entraîner le monde agricole dans mon sillage. » - © A. Puybasset

Il porte aussi bien la cotte que la vareuse. Éleveur de volailles fermières en vente directe à Nostang, dans le Morbihan, Robert de La Motte, surnommé Roby, est sur le point de réaliser son rêve : participer au prochain Vendée Globe. Il sera le premier agriculteur au départ de cette course mythique qui parcourt le tour du monde à la voile et en solitaire. Il y pense sérieusement depuis quinze ans. Mais Roby s’est décidé voilà un an à se lancer dans l’aventure. « J’ai 54 ans. J’en aurai trois de plus en 2012. C’est le moment où jamais ! », explique-t-il. Lorsqu’il s’engage dans un projet, Roby met toute son énergie à le mener jusqu’au bout. « Cette course me fascine.C’est ‘l’Everest’ des mers ! C’est une rencontre de plus de 100 jours en face à face avec la nature. On est confronté avec les mers les plus fortes et les plus terrifiantes. Il ne faut surtout pas la défier mais la respecter. J’ai envie de tester ma capacité d’adaptation. »

PROCHE DE LA NATURE

Roby de La Motte a toujours eu un pied entre terre et mer. Ne serait-ce que par la localisation de sa ferme d’où l’on aperçoit l’embouchure de la rivière d’Etel et où il vient parfois amarrer son trimaran. Roby est né et a vécu jusqu’à 10 ans au Maroc, où son père a travaillé dans la culture d’oranges. À chaque période de grandes vacances en Bretagne, ce dernier lui apprend les rudiments de la voile, lui qui a également le pied marin. « Dès 4-5 ans, je naviguais sur un Sprat, l’ancêtre de l’Optimiste. » Depuis, sa passion pour la voile ne l’a jamais quitté. Dès qu’il en a eu les moyens financiers, vers 30 ans, il s’est acheté son premier voilier.Avec son bateau actuel, un trimaran, il a parcouru en tout près de 20000 miles, soit l’équivalent d’un tour du monde. Son métier, il l’a choisi proche de la nature. Après un BTS agricole, il a été bûcheron-élagueur pendant huit ans. Puis en 1987, il a eu l’opportunité de reprendre une exploitation de vaches allaitantes et de cultures céréalières à Nostang, près de Lorient. « La ferme se situait dans un marché captif, proche du bord de mer. Je souhaitais devenir agriculteur tout en gardant mon indépendance et en ayant la satisfaction de vendre mes produits directement au consommateur. J’ai donc arrêté l’atelier bovin et je me suis lancé dans la production et la vente directe de volailles fermières. » Et tout cela en partant de zéro, tel un nouveau défi. Il a investi dans des petits bâtiments déplaçables. De 2 000 volailles la première année, sa production annuelle atteint aujourd’hui 15 000 à 20 000 têtes, uniquement vendues sur les marchés locaux.

Les volailles sont abattues sur place à partir de 13 semaines et vendues sur quatre marchés de la zone touristique de Lorient.
Les volailles sont abattues sur place à partir de 13 semaines et vendues sur quatre marchés de la zone touristique de Lorient. - © A. Puybasset

PORTER LES VALEURS DU MONDE AGRICOLE

Pour Roby, le projet du Vendée Globe est étroitement mêlé à son métier d’agriculteur. « Tout comme le marin, le paysan doit rester humble face à la nature. Il doit s’adapter aux conditions météorologiques, faire preuve de courage et de persévérance. À travers cette course, je souhaite montrer que le monde agricole est capable de faire autre chose et de se lancer des défis. » Séduites par le « bonhomme » et ses ambitions, les chambres d’agriculture de Bretagne ont décidé de le soutenir dans cette aventure. Son projet a été présenté lors du dernier salon de l’Agriculture de Paris, début mars, et a été largement médiatisé.Avec son équipe composée de cinq personnes,Roby est en train de chercher les sponsors pour financer le budget de 2 millions d’euros, « le plus petit des participants au Vendée Globe, précise-t-il en souriant. Même si rien n’est encore fixé, les pistes de financement sont très sérieuses. Ce projet plaît car il est très communicatif et intéresse beaucoup de monde, les institutions agricoles en première ligne. »

RETOUR À LA TERRE

Dès que le budget sera bouclé, Roby pourra acheter et préparer le voilier avec lequel il naviguera, un monocoque de 60 pieds, soit plus de 18 mètres. Puis en novembre 2010, il participera à la course de la Route du Rhum, qui est une épreuve qualificative pour le Vendée Globe. Il lui restera alors deux années pour être fin prêt au départ en novembre 2012. « J’ai rendez-vous avec cette course, dit-il, déterminé. Mon objectif n’est pas de la gagner mais d’atteindre la ligne d’arrivée, sans casse. » Passionné et volontaire, Roby de La Motte parvient facilement à communiquer son enthousiasme. Et après la course ? Roby a prévu un retour à la terre et à ses volailles. Pas question pour lui d’abandonner son métier.

Un travail préparatoire en équipe

Tour du monde en solitaire en novembre 2012

Le Vendée Globe est une course autour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance, sur plus de 24000 milles. Le départ aura lieu aux Sables d’Olonne en novembre 2012. Pour mener à bien son projet, Roby de La Motte est entouré d’une équipe de cinq professionnels : coordinateur, coach sportif et responsables technique, financier et communication audiovisuelle. Il est parrainé par le navigateur Alain Gautier. Dès que le budget de 2 millions d’euros sera financé, Roby de La Motte achetera et mettra son bateau en chantier, un monocoque de 60 pieds. Il s’agira d’un bateau qui a déjà navigué en course. « Je n’ai pas besoin d’un voilier ultraperformant mais solide et qui me mènera jusqu’au bout de la course », explique Roby de La Motte. En savoir plus : www.sportcomsea.com et www.robydelamotte.com.

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