Réussir Aviculture 03 décembre 2002 à 11h15 | Par Pascal Le Douarin

Coccidioses en aviculture - Les coccidies sont bien adaptées aux élevages modernes

En raison de leurs particularités biologiques et de conditions favorables en élevage, les coccidies « aiment » les volailles élevées en grand nombre.

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Les coccidies sont des organismes composés d´une seule cellule, comme les bactéries, mais de plus grande taille et possédant un noyau différencié. Ce sont des parasites obligatoires, qui ont absolument besoin d´autres animaux pour survivre et se multiplier. Excepté deux cas (rein de l´oie et foie du lapin), la cellule-cible de l´hôte est toujours une cellule de la surface de la paroi intestinale. D´où des lésions digestives avec des conséquences sur les performances en cas de maladie.
Dans le cas des coccidies aviaires, chaque espèce de parasite est spécifique d´une espèce de volaille, sans avoir besoin d´hôte intermédiaire comme cela peut arriver chez d´autres parasites. On en connaît sept chez le poulet, sept chez la dinde, deux chez la pintade (voir encadré).
En dehors de leurs hôtes, elles ne se développent pas mais peuvent survivre plusieurs mois sous la forme d´un organisme de résistance qu´on appelle « l´oocyste ». C´est cette forme qui est excrétée dans les matières fécales des oiseaux infectés.

Les coccidies obéissent à un cycle biologique
Lorsqu´il est excrété dans les fientes, l´oocyste est sous forme dite non sporulée, non infectieuse. Mais il devient infectant quand les conditions extérieures sont favorables, c´est-à-dire avec une température optimale entre 25 et 28 ºC, que l´humidité relative dépasse les 70 % et qu´existe un apport d´oxygène. Ces circonstances peuvent être aisément trouvées en élevage rationalisé. En s´enfouissant dans la litière, du fait de l´activité des oiseaux, l´oocyste trouve de moins en moins d´oxygène. En général, il peut quand même sporuler, mais étant au fond de la litière, il n´est plus directement en contact avec les oiseaux. Attention donc aux brassages de litières qui font remonter les oocystes sporulés infectieux. Néanmoins l´oocyste peut devenir infectant à des températures plus hautes ou plus basses, mais plus lentement. Au-dessus de 40 ºC et autour de zéro, il ne peut plus sporuler.
Quand l´oocyste sporule, c´est qu´il devient infectieux. A l´intérieur de sa paroi épaisse se développent (en 2 à 3 jours) quatre entités appelées « sporocystes », et contenant eux mêmes deux « sporozoïtes ».
J.-M. Répérant/AFSSA Ploufragan

Si l´oocyste est ingéré dans cet état infectant par l´oiseau cible, la coque s´ouvre sous l´action mécanique du gésier et les sporocystes libèrent les sporozoïtes sous l´action chimique des enzymes digestives. Ceux-ci pénétrent dans les cellules de la muqueuse de la paroi digestive.

Multiplication et explosion finale
Commence alors une phase de multiplication intense. Le parasite se transforme en une vaste poche qui s´appelle un schizonte. Celui-ci grossit et finit par éclater tout en tuant la cellule hôte. Il libère dans le tube digestif d´autres parasites (appelés à ce moment du cycle des « mérozoïtes ») qui à leur tour pénètrent dans d´autres cellules de la paroi intestinale. Et ainsi de suite pendant plusieurs cycles appelés schizogonies.
Le nombre de cycles de multiplication dépend de l´espèce de coccidie : deux à quatre pour les coccidies parasites du poulet. A chaque fois la cellule hôte est tuée.
Le dernier cycle s´achève par une phase sexuée. Les mérozoïtes donnent des cellules sexuelles mâles mobiles ou bien femelles et immobiles. Après la fécondation (union du gamète mâle et du gamète femelle) l´ouf (ou zygote) s´entoure d´une coque et se transforme en oocyste qui est rejeté dans les fientes pour relancer un nouveau cycle s´il devient à nouveau infectant. Ainsi, plus les oiseaux sont nombreux et confinés, plus les « chances » qu´ils soient infectés sont importantes. C´est aussi à ce moment que les dégats causés sur les muqueuses intestinales sont les plus visibles.

Légende - La durée du cycle varie selon l´espèce, entre 4 et 7 jours. Certains animaux peuvent être malades, et présenter des symptômes, sans pour autant excréter d´oocystes.

En effet, les lésions du tube digestif n´apparaissent qu´en fin de schizogonie ou en début de phase sexuée. Elles sont caractéristiques du développement parasitaire et n´évoluent pas dans le temps. La gravité de la lésion reste la même pendant les quelques jours où celle-ci est observable. La muqueuse digestive se régénère ensuite et fait disparaître progressivement la lésion, qui reste de même indice mais qui est de plus en plus difficile à noter.
Le niveau de dégradation est fonction du nombre de parasites ingérés, qui donnent un nombre théorique de descendants. Le nombre final peut être réduit, notamment par une immunité protectrice qui va détruire les cellules parasitées avant la libération des mérozoïtes. Des facteurs aggravants comme le stress ou les maladies intercurrentes permettent en fait aux coccidies de se développer sans aucune entrave. Le taux de multiplication des coccidies est très élevé. Un oocyste ingéré peut conduire à l´excrétion de plusieurs milliers d´oocystes lorsque toutes les conditions sont réunies.



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Pour en savoir plus, voir dossier de Réussir Aviculture du mois d´Octobre 2002 (nº80) intitulé : "Symptômes et autopsie : savoir diagnostiquer une coccidiose". Ce dossier, réalisé en collaboration avec Gérard Guyony (LDA 22 laboratoire départemental d´analyses des Côtes d´Armor) et Jean Michel Répérant (Afssa-Ploufragan), explique que la reconnaissance des signes cliniques et l´observation au laboratoire des signes pathologiques sont un préalable indispensable avant toute décision de traitement d´une coccidiose.
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