Réussir Aviculture 06 juin 2006 à 17h48 | Par Armelle Puybasset

Chauffage des bâtiments - « Des marges de progrès sont possibles » pour réduire sa facture de gaz

Une enquête sur l´énergie en aviculture, réalisée par les chambres d´agriculture de Bretagne, montre que les charges et les consommations de gaz sont très variables d´un élevage à l´autre, et laisse entrevoir des marges de progrès.

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Plus de 66 % ! C´est l´augmentation du prix du propane en l´espace de dix ans en euros courants. Celle-ci s´est surtout accélérée au cours des derniers mois : + 4 % en juillet, +2,6 % en septembre, +12 % en novembre 2005. Gaz de France vient d´annoncer une hausse supplémentaire (+5,8 % au premier mai). En euro constant, cela correspond sur la même période à une augmentation de 40 %(1). Son impact économique est d´autant plus important en aviculture que le poste chauffage représente environ 30 % des charges variables des éleveurs de poulets standard et en dindes et que, dans le même temps, la marge poussin aliment par mètre carré a plutôt baissé (-10 % en poulet). En volailles, le poste chauffage représente 85 % de la puissance énergétique consommée (15 % pour l´électricité). Cela représente environ 10 000 euros par an pour une exploitation de taille moyenne de 2 500 m2.

Les chambres d´agriculture de Bretagne ont étudié en détail les factures de gaz de 2005 de 133 exploitations, élevant majoritairement des dindes et des poulets (standard, certifié et label). Le propane est pratiquement la seule source d´énergie utilisée. Premier constat fait par Christian Nicolas, de la chambre d´agriculture du Finistère : « Les fournisseurs de gaz sont nombreux (au moins sept dans l´enquête) et n´appliquent pas les mêmes politiques tarifaires, ce qui complique le travail d´analyse : tranches de consommation, mode de facturation, délais de règlement, dates du changement de tarif », explique-t-il.
En 2005, le prix du gaz moyen appliqué dans les 133 élevages s´est élevé à 615 ? par tonne - avec une augmentation importante au quatrième trimestre (640 ?/t).
Ce prix varie en fonction du tonnage annuel consommé et de la tranche tarifaire : de 568 euros à 632 euros par tonne. « Malgré cela, pour un même fournisseur et dans une même tranche de consommation annuelle, de gros écarts de prix existent. »

Zoom sur la facture de gaz
Cela laisse sous-entendre que des négociations sont possibles avec le fournisseur, même si cela n´est pas évident puisque les contrats courent sur plusieurs années. Elle peut se faire à titre individuel ou par l´intermédiaire des structures de production ou de groupements d´achat. Dans 56 % des cas, la facturation est directement transmise à l´exploitant ; sinon elle passe par la structure de production.
Autre constat fait par Christian Nicolas : la forte hétérogénéité des consommations de gaz entre les élevages au sein d´une même production. « On constate des écarts avec un rapport de 1 à 5 pour une même espèce. En poulet standard et certifié, par exemple, la consommation varie entre 2,18 et 10,78 kg de propane par mètre carré et par an. » Ces écarts s´expliquent pour partie par les caractéristiques des bâtiments et du matériel. Pour le matériel de chauffage, l´avantage revient aux aérothermes. De même, les bâtiments à ventilation dynamique sont moins gourmands en gaz que les statiques.
Pour aller plus loin dans l´analyse, les consommations de gaz ont été reliées aux performances des élevages (données issues de l´enquête avicole annuelle du Grand Ouest)(2).

Des écarts de consommation de 1 à 5
« Qu´il s´agisse d´un bâtiment statique ou dynamique, d´un chauffage avec radiants ou aérothermes, de lots de poulets ou de dindes, la conclusion est la même : il ne semble pas y avoir de corrélation entre les dépenses de gaz et les performances du lot (MPA et IP) ». Cela signifie qu´il existe une marge d´économie sans amputer les performances du lot : réglages et consignes du chauffage et de la ventilation, meilleure prise en compte de l´hygrométrie, entretien du bâtiment (étanchéité, isolation), entretien du bâtiment et du matériel de chauffage. A l´avenir, les chambres d´agriculture de Bretagne envisagent de bâtir une méthodologie de diagnostic énergétique qui aidera l´éleveur et son technicien à bien cerner les voies d´amélioration possibles pour optimiser sa consommation d´énergie.
La recherche et le développement de systèmes de chauffage par la biomasse est également une autre piste de recherche. Cette première étude va être complétée et élargie dans le cadre d´un projet initié par l´Ademe (Agence gouvernementale de l´environnement et de la maîtrise de l´énergie) sur l´utilisation rationnelle de l´énergie dans les bâtiments d´élevage. Les chambres d´agriculture de Bretagne et des Pays de la Loire, ainsi que l´Itavi se sont associés pour réaliser ce travail.
L´impact économique de la hausse du prix du gaz est d´autant plus important que le poste chauffage représente 30 % des charges variables en aviculture. ©A. Puybasset

(1) Source : enquête avicole Grand Ouest et relevé de prix en exploitation réalisé par les chambres d´agriculture
de Bretagne.
(2) A partir de l´enquête volailles de chair annuelle 2004-2005 avicole. Seuls les lots de dindes et de poulets standard produits dans les bâtiments de moins de vingt ans et démarrés en période hivernale ont été retenus.

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