Réussir Aviculture 20 décembre 2007 à 11h50 | Par Armelle Puybasset

Bilan de l´enquête avicole 2006-2007 - En volailles de chair, des marges en hausse mais pas assez pour investir

Les marges brutes des élevages de chair ont retrouvé leur niveau d´avant la crise IA mais restent insuffisantes pour renouveler le parc de bâtiments et attirer de jeunes éleveurs.

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Un brin d´optimisme était perceptible lors de la présentation des résultats de l´enquête avicole annuelle réalisée par les chambres d´agriculture du Grand Ouest. Après plusieurs années de baisse « couronnées » l´an dernier par la crise de l´influenza aviaire, les marges brutes des élevages de volailles de chair enquêtés sont en légère hausse sur l´exercice courant de juillet 2006 à juin 2007. Cette enquête, réalisée auprès de 781 aviculteurs de 23 département(1), totalisant une surface de bâtiments de 1,2 million de m2, donne une bonne photographie de la situation financière des élevages de chair.
« Cette amélioration globale des résultats s´explique en partie par un retour à la normale des vides sanitaires en poulet et des durées d´élevages en dinde, suite à la reprise des marchés post influenza aviaire, ainsi que par une maîtrise des charges variables - moindre consommation de gaz grâce à un hiver plus doux », analyse Christian Delabrosse, de la chambre d´agriculture du Morbihan.
En 2007, des travaux de rénovation ont été réalisés par près de 28 % des aviculteurs enquêtés. ©A. Puybasset

+ 13,7 % de marge en poulet
En poulet standard, la marge brute moyenne a atteint 24,80 ?/m2/an contre 21,80 ?/m2/an l´année précédente, soit une hausse de 13,7 %. Elle revient pratiquement au niveau d´il y a 3 à 4 ans. Les performances techniques sont stables. L´amélioration de la marge brute s´explique par une meilleure rotation (6,06 lots/an et une durée de vide sanitaire moyenne de 19,2 jours contre respectivement 5,81 lots/an et 22 j de vide l´année précédente). La densité a également progressé, de 22,1 à 22,5 poulets livrés/m2. Les charges variables ont diminué de 3 % (2,537 ?/m2/lot). Cela s´explique en partie par la baisse des charges de gaz (petite baisse du prix mais surtout moindre consommation grâce à un hiver plus doux). Par contre, le coût des frais vétérinaires a légèrement augmenté.
« En dinde, la variable d´ajustement pendant la crise IA n´a pas été l´augmentation des durées de vide sanitaire mais celle des durées d´élevages (stockage sur pied) », explique Christian Delabrosse. Celles-ci ont retrouvé un niveau normal en fin d´année 2006 et se stabilisent autour de 120 j. La dinde est la seule espèce pour laquelle la marge brute est quasiment stable : de 21,80 ? à 21,54 ?, soit - 1,2 %.

Les performances techniques ont peu évolué et les charges variables restent élevées. Elles n´augmentent que de 1 % en un an mais de 13 % en deux ans. Ce sont surtout les charges de gaz (fragilité digestive de la dinde qui nécessite de chauffer davantage) et les dépenses de litière (rajout de copeau ou de paille pour éviter les litières grasses) qui pèsent lourd.
Le poulet Label est la production qui a connu le plus de vides sanitaires. Ils sont aujourd´hui revenus à un niveau normal d´environ 25 jours. Les critères techniques varient peu à l´exception de l´indice de consommation qui continue à progresser. La marge brute s´est améliorée de 5,8 % (davantage de rotation). Comme pour la plupart des espèces, les écarts de marge brute entre éleveurs sont importants. « Ils varient de 22 à 34 euros/m2/an alors que cette production suit un cahier des charges spécifique, s´étonne Sandrine Cnapelynck, de la chambre d´agriculture du Loir et Cher. Les écarts s´expliquent par d´autres facteurs et notamment l´effet groupement (vitesse de rotation et niveau de rémunération). »

Érosion lente des marges
Bien que l´ensemble des résultats se soient redressés sur l´exercice 2006-2007, ils ne permettent pas d´infléchir de façon significative la tendance baissière des marges. « En l´espace de seize ans, le solde disponible des élevages poulets + dindes s´est dégradé, passant de 14,30 euros par m2 et par an à 7,70 euros en 2007 (- 46 %). » Sur la même période, les charges variables ont augmenté de 60 %. Seul le poste annuité + financement a baissé (de 47 % en seize ans). Cela s´explique par le vieillissement du parc de bâtiment et par le manque de constructions neuves. Le taux de bâtiments de moins de cinq ans est inférieur à 3 %. Celui des poulaillers de plus de vingt ans atteint 34 %. Compte tenu des rémunérations en 2006-2007, il reste difficile d´investir dans un poulailler neuf. « Par contre, le taux d´aviculteurs enquêtés ayant rénové leur bâtiment approche 28 %. Cette tendance à la rénovation des poulaillers prouve que les éleveurs de l´échantillon croient en leur avenir ! »

A savoir
62 % des élevages enquêtés ont reçu des aides liées à la crise de l´influenza aviaire (elles sont comptées à part de l´enquête avicole).
L´aide s´est élevée en moyenne à 1560 euros par exploitation. Ce montant varie en fonction de la production et de la surface de bâtiment.


(1) Régions Bretagne, Pays de la Loire, Poitou-Charentes, Centre, Normandie, Picardie, Nord-Pas-de-Calais et département de la Somme.

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