Réussir Aviculture 24 août 2004 à 17h25 | Par Armelle Puybasset

Aviculture - Par l´eau ou dans l´air, les bonnes pratiques de vaccination

Qu´elle ait lieu par l´eau de boisson ou par voie aérienne, la vaccination doit répondre à des règles précises. Voici en sept points les principes généraux.

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La vaccination par l´eau de boisson ou par voie aérienne fait partie des interventions habituelles de tout éleveur de volailles de chair car elle permet une vaccination de masse.
La vaccination est même devenue une opération routinière, au risque d´en être parfois banalisée. La protection contre la maladie ne sera réelle que si chaque oiseau a reçu la bonne dose d´un vaccin efficace. La qualité de la vaccination dépend de nombreux paramètres et implique que son mode opératoire soit rigoureusement respecté. Qu´elle se fasse par voie aérienne ou bien par l´eau de boisson, la vaccination doit répondre à quelques principes généraux qu´il est utile de rappeler.

Vacciner des animaux en bonne santé
La vaccination est une intervention préventive. Elle consiste à stimuler l´immunité naturelle de manière ciblée pour que l´organisme puisse réagir rapidement et efficacement lors de l´attaque d´une bactérie ou d´un virus. Il convient de ne vacciner que des animaux en bonne santé. Il faut éviter tout type de stress, facteur d´immunodépression. Pour préparer les oiseaux, il est possible d´utiliser des renforceurs d´immunité tels que le sélénium ou certaines vitamines.
©Cap 50

Choix de l´âge de la vaccination
Les dates de vaccination dépendent de l´espèce, du troupeau, du type de vaccin utilisé et du statut sanitaire de l´élevage. Dans tous les cas, il faut respecter les préconisations du vétérinaire. En poulet standard, les interventions ont généralement lieu entre 15 et 20 jours d´âge. Pour certaines maladies, telles que Gumboro, par exemple, le jour de la vaccination est déterminé en fonction du profil immunitaire du troupeau. On mesure par sérologie le taux d´anticorps maternels présents sur une vingtaine de poussins d´un jour. La vaccination a lieu lorsque l´activité des anticorps maternels diminue et avant que le virus sauvage ne s´installe. Certains vaccins sont réalisés le même jour (par exemple Gumboro le matin et Bronchite infectieuse l´après-midi). « Si la vaccination Gumboro doit être effectuée à 21 jours, la vaccination bronchite infectieuse pourra être avancée à 15 jours, explique Christophe De Langhe d´Intervet. On ne fera pas l´inverse (cas de la vaccination Gumboro à 10 jours). La prise vaccinale du vaccin Bronchite infectieuse à 15 jours risque d´être perturbée par une immunodépression due au virus Gumboro ».
©M.P.

Utiliser du matériel spécifique à la vaccination
Quel que soit le mode d´administration - par eau de boisson ou par nébulisation - il est important que le matériel utilisé soit propre et spécifique. Le petit matériel (seaux, arrosoirs, agitateurs), le nébulisateur sont nettoyés à l´eau chaude. Les virus vivants sont fragiles et peuvent facilement être détruits, notamment par les produits désinfectants. Il est important d´éliminer toute trace de désinfectant et déconseillé de procéder à un traitement ou à un nettoyage du circuit de distribution dans les 72 heures précédentes. Pour préparer la solution vaccinale, les mains doivent être propres mais également exemptes de toute trace de désinfectant (pas de savon).

Conservation et durée de vie des vaccins
Lors du transport et du stockage, les vaccins doivent être conservés à une température comprise entre 2 ºC à 6 ºC et à l´abri de la lumière. Une fois la solution vaccinale préparée, le délai maximal d´utilisation garantissant le titre de la solution vaccinale est de trois heures pour Gumboro et deux heures pour la bronchite infectieuse. L´intervention doit être rapide, efficace et, de préférence, pratiquée à plusieurs personnes (pour rassembler les animaux plus facilement et permettre une meilleure surveillance).

Respecter les doses
La vaccination n´est efficace que si chaque oiseau reçoit la bonne dose de vaccin. Toute dilution du vaccin se traduit par une augmentation du nombre d´oiseaux non immunisés (dose insuffisante pour permettre une prise vaccinale), et non par une diminution de la dose reçue par chaque oiseau. Dans le cas de la nébulisation, il faut s´assurer, avant de vacciner, de ne pas perdre d´eau par évaporation ou par sédimentation : vérifier que la buse utilisée est la bonne, faire un essai préliminaire (nébuliser sur un sol bétonné, lisse et propre et vérifier que les gouttelettes d´eau touchent bien le sol et qu´elles ne sont pas trop grosses).

Contrôler la vaccination
Pour vérifier que les oiseaux ont bien reçu le vaccin, les laboratoires proposent des moyens de contrôle qu´il est conseillé d´appliquer régulièrement. L´incorporation dans la solution vaccinale d´un colorant bleu (aquatraceur du laboratoire Fort Dodge ou pastille Hi-Light de chez Intervet) permet de visualiser directement sur les oiseaux que le vaccin a bien été bu (coloration bleue de la langue ou du jabot si la concentration du colorant est suffisante). L´aquatraceur peut également être mélangé dans le nébulisateur afin de visualiser l´atteinte des oiseaux par le spray vaccinal.

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Cet article est extrait du dossier de Réussir Aviculture de Juillet-Août 2004 intitulé : « Bien vacciner pour bien protéger », réalisé avec la collaboration des laboratoires Intervet et Fort Dodge. En abordant les différentes techniques possibles, la revue explique que « pour avoir un effet protecteur, l´administration d´un vaccin par l´eau de boisson ou par voie aérienne doit être réalisée avec méthode, sans tomber dans la routine. » (RA nº98, 8 pages.)
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